Depuis « Le Ceilidh », nous travaillons ainsi. Mon éditeur m’envoie une version PDF mise en page à partir de laquelle je peux relire l’ensemble du
travail.
Comme cela arrive après un certain délai, cela permet de relire l’ouvrage avec ladistance
nécessaire et l’œil critique. Cela donne aussi une vision assez nette de ce à quoi le livre va ressembler.
99 pages et les photos proposées mises en page : il y en a cinq gracieusement
envoyées via le net. Peut-être en ajouterons nous d’autres. Il me faut penser à un quatrième de couverture. C’est pour demain.
La lecture de ces Nouvelles a représenté pour moi une suite de moments très agréables et parfois intenses. Je voudrais t'exprimer pour commencer mes félicitations - et mon admiration - car, vraiment, tu as une plume, et je te trouve sincèrement beaucoup de talent. Tu as l'art de plonger le lecteur dans des "atmosphères". C'est ce qui pour moi ressort le plus de ces nouvelles : passer d'une couleur d'ambiance à une autre, d'un univers à un autre, avec chaque fois des émotions différentes. Tu as un style vraiment intéressant, l'art du mot juste et de l'association de termes qui fait mouche et fait naître l'image. Chacune de ces nouvelles a eu pour moi une résonance particulière. Quatre d'entre elles m'ont particulièrement touchée. La quatrième, pour commencer (Faire une randonnée "Comment je suis devenu marcheur"). J'y ai retrouvé l'ambiance du Ceilidh qui m'avait beaucoup plu. Décidément, découvrir l'Ecosse est pour moi un vieux rêve qu'il faudra que je réalise un jour. Je rêve de cet univers brumeux et humide parsemé de cairns, où les légendes prennent corps et où le coeur frissonne, balancé entre ses peurs enfantines et des élans d'admiration romantique pour ces atmosphères qui remontent à la nuit des temps. J'ai adoré accompagner le marcheur dans sa promenade écossaise, tour à tour caressée par le soleil et plongée dans l'ambiance cotonneuse de la fin de journée sur les Highlands. Deux autres nouvelles ont eu pour moi une résonance particulière car elles renvoient à des éléments de mon histoire et de mes goûts personnels. La cinquième du recueil (Rouler vitres ouvertes en écoutant Gainsbourg "Mélody") fait référence à l'album de Gainsbourg que je préfère. La nouvelle "Angelica" par ailleurs, outre son côté inquiétant et tragique, outre le fait qu'elle m'a replongée dans l'ambiance du Ponton ce qui a été très agréable (décidément, il faut aussi que je découvre la Sicile !), se rapporte en permanence à Baudelaire, le poète par moi le plus lu, le plus appris par coeur pour le plaisir de pouvoir me le dire intérieurement à toute heure, à une époque où la poésie faisait beaucoup partie de ma vie. Et il se trouve que Spleen IV, très cité par Angelica, a été longtemps mon poème préféré... Pour finir, j'ai été très émue par la nouvelle finale où tu évoques ton grand-père. En brossant le portrait de ce magnifique personnage, un monde à lui tout seul exilé loin de sa Sicile natale dans ce petit appartement du nord-est de la France, personnage qu'il faut mériter à la force des mollets par l'ascension des quatre étages (hauteur à l'image des sommets intérieurs du bonhomme), ce sont les portes d'un univers d'une incroyable richesse que tu nous ouvres. Ce Pépère m'a fait penser à certains portraits très forts de Giono, descriptions de personnages simples en apparence mais riches de désirs fiers, de paysages intérieurs d'une infinie beauté, de rêves ensoleillés et de voyages intimes au bout du monde (on trouve une galerie de personnages de ce type dans Noé). Simplement en touchant avec nostalgie le pédalier de son vélo, ce Pépère nous emmène au bout de la Terre. Bravo pour la phrase de conclusion qui, en deux lignes bien choisies, génère l'émotion... Petite remarque au passage : j'ai hâte de découvrir, dans ton prochain livre, l'alter ego de ce personnage, la grand-mère... Bref, comme tu le vois, ton recueil ne m'a pas laissée indifférente. Encore bravo pour tout ce que tu fais. Tu as vraiment une démarche artistique intéressante.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/