Toute cette scène du prologue requiert une grande concentration de la part des comédiennes et une capacité à tenir la scène : elles ont
en effet de longues tirades à dire, par conséquent, elles doivent occuper l’espace. Intonations, jeux avec le public, déplacements… Il faut donner une idée vaste de la
Sicile : Carolina arpente la scène, s’enfonce vers le fond, s’arrête :
« (…) Carolina : elle plongea dans le Détroit de Messine, entre Charybde et Scylla, longea longtemps la côte, s’écarta un
peu sur les collines, cueillit les fleurs et les oranges, marcha dans les temples et les théâtres antiques, s’enfonça dans la montagne, but du bout des lèvres le vin de l’Etna, grignota quelques
amandes (…)
La marionnette les aide à raconter… Quand l’évocation de la vie et de l’échec des sensations s’achève, Angelika est allongée par
terre. Francesca est à genoux à côté d’elle. Carolina la rejoint. Toutes les deux s’inclinent sur le corps étendu :
« (…) Francesca : et puis une nuit, elle s’est enfin assoupie… Pas très loin d’ici… sur la plage de Capo d’Orlando. Et
alors, et alors, pour la première fois, quelque chose a bougé dans son corps, sous l’armure… Elle a commencé à rêver… »
Puppo sognante !