Simenon et moi sommes voisins diraient les
snobs !
Disons que j’ai profité de l’occasion donnée ce dimanche de me rendre à pied
jusqu’au domicile de la Richardière qu’a occupé Simenon à proximité et de pénétrer à l’intérieur de la propriété car les propriétaires actuels avaient
organisé pour les gens de Marsilly et de sa région une sorte de « portes ouvertes », type « garden party »...
Excellente occasion de sentir l’atmosphère de ce lieu dans lequel l’écrivain
a vécu quelques années à partir de 1932 et a composé un certain nombre d’ouvrages qui ont pour cadre la Rochelle ou le village de Marsilly. Pour les amateurs de cet auteur qui est bien plus qu’un
« auteur de polars », et pour ceux qui aiment bien retrouver dans les fictions les lieux qu’ils connaissent, je citerai parmi d’autres :
« le Voyageur de la Toussaint » (bien sur !), « l’Evadé », « l’Affaire Donadieu », « le Coup de vague » (1938), « le Petit docteur » (1938),
« les Demoiselles Queue de vache » (1939), Maigret à l’école (1953), le Veuf (1959), Maigret à Vichy (1967), « le Riche homme » (1970)...
Un petit article en passant pour saluer simplement le travail réalisé par Jenny autour de l’amélioration de son site. Il est maintenant non seulement aisé de « circuler » entre
les différentes créations de l’artiste mais aussi, pour ceux qui le souhaitent, de passer commande.
Carolina se chargera alors de vous préparer votre petit paquet et de vous l’envoyer sans tarder !
« La chair est triste ! » scandait Mallarmé. Armé de pinceaux et de couleurs, je trouve que nul n'excelle
davantage que les peintres pour dire la splendeur plastique de la chair. Mettez le nez sur l'odalisque d'Ingres ou sur les rougeurs de Boucher.
Rendre la palpitation de la peau à partir d'un applat de couleurs, quel pari ! A moins que le pinceau et la couleur ne soient,
comme le stylo et l'encre, que les organes de perception des artistes. « Ce qu'il y a de plus profond chez l'homme, c'est la peau » affirmait Valéry. C'est en regardant les peintures
d'Ingres que ce paradoxe me paraît directement compréhensible.
Tout n'est pas parfait cependant du point de vue de la représentation ! Est-ce une marque de débordement érotique chez le
peintre ? On constate en effet que le volume de chair déborde le modèle, et c'est une constante chez Ingres ! Longueur de dos démesuré, sein enkisté pour faire valoir la rondeur, cou
musclé de camionneuse, trapèze de nageuse... « Oreiller de chair fraiche » écrivait Baudelaire dans « les Phares ». Il y a sans doute dans le trait des Rubens, Fragonard et des autres un
retentissement accoustique du désir mais elles s'écrivent autrement.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/