Tour de France : au flanc du Ventoux, une peinture rupestre signée Paret-Peintre !
Le ciel clair, intact et frais de juillet, les tournesols épanouis, le sable à fleur d’eau, de pépites et de crissements et les petites routes enlacées, amoureuses dont le goudron n'a pas encore fondu sous le charme de leurs lacets. Et tout en haut des cols, décolletée parmi les gorges et les vallons, plongeant sous le soleil exactement, l’immémoriale foule des touristes en liesse qui trépide chaque été…
Juillet continue son cycle dionysiaque. Il y a déjà des bouchons, des tentes, des camping-cars et des estivants en tenues excentriques qui détalent sur les bas-côtés. Le verbe haut, la gorge chaude, ils crachent contre l’hiver du confinement, contre la horde de ceux qui ont conquis les premiers lauriers comme après une mauvaise caravane sans produits publicitaires et attendent la victoire d’un Français dans une étape du Tour.
Un soleil en maillot jaune lisse le haut des montagnes, dentelle d’eau verte l'écume des plages, sème des pois rouges jusque dans le blanc des yeux, dessine des stratégies de course et des combines d’équipiers, dope les ambitions et l'herbe des prairies. Le plein été a branché l’ampli, relié les micros suspendus au-dessus des guidons et dans les oreillettes comme autant de sirènes, ouvert les multiples fenêtres dans le téléviseur : travelling sur château et campagne alentour, ville médiévale en plongée, message écrit avec des fleurs : « Le tour est dans le pré », druidesses psychédéliques aux cheveux tressées, dressées sur un cercle de pierres, hystérie autour d’un héros au dossard magnétique, zoom sur l’œil encore vif, effort cuisant en contre-plongée, mollet taillé au couteau, défaillances, crampes, fringale, chutes, amiante, voiture balai, poussières des jours qui passent, larmes et grimaces, homme qui rit, homme qui pleure.
Au stade de la seizième étape, le Tour est un dieu impitoyable qui cogne et qui n’épargne aucun de ses héros. Chœur antique des commentateurs. Jean-René Godard, Jean-Paul Olivier, Laurent Jalabert, Marion Rousse, Alexandre Pasteur, Thomas Voekcler, Franck Ferrand. Le ciel se creuse, la réalité vacille dans l’écho de l’hélico ou le spectacle de la Beauté. Ombres prestigieuses à chacun des virages des grands cols : Hinault, Coppi, Poulidor, Thévenet, Pantani, Indurain et tant d'autres encore. « Le Cannibale », « le Pirate », « l’Aigle de Tolède », « le Blaireau », « l’Espada », « l’Extraterrestre » … Tous à l’assaut des sommets mythiques : Galibier. Tourmalet. Superbagnères. Izoard. Madeleine. Alpe d’Huez. Ventoux. … Et face à eux, des géants au coup de pédale d’argile. Mains sur le guidon, danseuse à peine étoile, dégingandée, coups de pioche… Précarité de la gloire et du succès.
Mais aujourd’hui, 22 juillet 2025, sous la lumière vive, le Mont-Chauve baisse un peu le casque : il est déjà trop tard ! La peinture rupestre est inscrite sur sa pierre blanche, et elle est signée Valentin Paret-Peintre.
/image%2F0571675%2F20250723%2Fob_7ba952_tour.jpg)