Dosette de lecture n°199 : Gustave Le Clézio : « Désert », le chant du désert et le champ libre de la « civilisation ».
Avant la pause de l’été et ce cuisant soleil qui de tout éclat tente, affole et menace, je vous propose cette dernière dosette qui plonge dans le cœur du désert…
Quelle voix un écrivain peut-il donner à l’étendue immense et muette de sable et de roc qu’est le désert ? Malgré ses apparences hostiles et désolées, cet espace est vivant d’une infinité de silences et de formes évanescentes ; à bien y regarder, des vigueurs invisibles et des esprits cavaleurs l’inséminent en secret.
Pour pénétrer le mystère et l’opacité qui recouvrent le désert du Sud marocain où il a fixé son intrigue, le romancier choisit le regard d’une petite fille nommée Lalla, descendante des Hommes Bleus que, dans un autre ouvrage, il appelle : « les Gens des nuages ».
Et ces gens des nuages ont, au fil des siècles, dessiné dans les dunes et dans le récit des silhouettes fugitives et tendues dont la trace finit par s’estomper avec l’avancée de l’Histoire. On est en 1911 et les automitrailleuses de l’armée française déciment les rangs de ces « va-nu-pieds » qui appartiennent à un monde décidément menacé par l’avancée de « la civilisation ».
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