Juke-box n°31 : Jean-Michel Caradec, Nolwenn Leroy : « Qu’elle est belle ma Bretagne », il pleure sur la Bretagne comme il pleure sur mon cœur…
Sans être, comme le déplore Brassens, l’un de « ces imbéciles heureux qui sont né quelque part », on a tous en nous une fibre qui nous attache à un pays, et plus particulièrement à une région. Avec le regretté Jean-Michel Caradec, puis Nolwenn Leroy qui a repris cette chanson, c’est la Bretagne qui est à l’honneur ici, une Bretagne de jadis, celle du Cheval d’orgueil, avec « grand-mère qui lavait nos chemises » et ses « légendes de trésor enfouis sous la lande » ; la Bretagne de Pêcheurs d’Islande aussi, avec ses « barques qui jamais ne reviennent » et ses « marins qui ont une envie de mer même au fond des yeux » ; celle, hélas, de l’Amoco Cadiz ou de l’Erika, parce que, comme l’écrit Caradec dans Portsall, quand « le goudron a peint de noir les sirènes » chères aux cœurs des matelots, « la mer c’était leur idéal » …
Chaque région est dotée, aux yeux de celle ou de celui qui la célèbre, d’une sorte de poudre magique qui la rend unique. Ça peut être la pluie de « sa Bretagne quand elle pleut », ça peut être les cigales pour la Provence de Trenet, la tomme de chèvre pour la montagne de Ferrat. Mais quand elle pleut, Caradec y rajoute un soupçon d’humanité ; il nous montre sa beauté et nous rappelle aussi à quel point la Bretagne a souffert : c’est comme si elle était gagnée, elle aussi, de l’irrésistible sentiment de mélancolie liée à l’évocation du passé.
Souvent nous quittons nos terres natales et les souvenirs qui remontent font prendre conscience du temps qui passe et de « tous ces visages » qui font que « je ne sais plus très bien mon âge ».
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