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Dosette de lecture n°198 : Dostoïevski : L’Idiot, le double-fond de la simplicité

Publié le par Eric Bertrand

Comment vivre parmi les hommes quand on est considéré comme un enfant, un être inexpérimenté et aimable, un naïf, voire un idiot ? Et pourtant, l’humanité et la lucidité du héros – le prince Mychkine - s’imposent aux yeux du lecteur qui découvre au fil des pages un être sensible et capable d’aimer à la façon d’un Christ ; elles s’imposent aussi à son entourage qui ont meilleur compte à le laisser pour fou.

Cet aventurier, inconscient des risques qu’il court, voudrait sauver tous ces misérables qui l’entourent et qui cherchent à faire prospérer la mesquinerie et le calcul ; lui, il pose les questions qui dérangent ; s’interroge sur la guillotine et sur le sentiment que peut ressentir un condamné au moment fatal ; protège une jeune phtisique montrée du doigt parce qu’elle a été violée dans sa jeunesse ; voudrait sauver de la débauche l’incandescente Nastassia Philipovna…

Tout au long de nombreux épisodes de confrontation, cet homme étrange, ce « candide » à sa façon, ce « fou doué de raison » ne cesse de révéler la différence qui le sépare des autres personnages ; et l’auteur, qui cherche de roman en roman à cerner le sens profond de la vie, à saisir le fil de la morale, de la justice social ou du lien à Dieu en profite pour analyser tout ce qui se passe dans la conscience de son « idiot » lors de ses crises d’épilepsie et de « cette minute sublime » où il ressent « un sentiment de vie et de conscience décuplée, une fulguration, une exaltation qui réalisent une haute synthèse de la vie. » Au milieu du vertige de la vie que le comte Mychkine traverse comme un météore, l’essentiel n’est-il pas là ?

Dosette de lecture n°198 : Dostoïevski : L’Idiot, le double-fond de la simplicité
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