Juke-box n°29 : Michel Berger : Le paradis blanc, la vigueur des poissons d’argent...
Qui n’a jamais eu l’envie de crier au ras le bol, de tout laisser tomber et de s’échapper loin du monde afin de rejoindre l’espace dont on rêve dans « nos rêves d’enfant » ? On a déjà évoqué ici « la nouvelle adresse » de Pierre Perret ou « le rafiot craquant » de Charles Aznavour. Avec Michel Berger, c’est encore plus loin, c’est « le paradis blanc » ; pas le Groënland façon Trump, mais l’espace libre où on peut « courir » et même « dormir, tout seul avec le vent ». Se dérouter, oublier le temps qui passe et la folie de tous les jours : « Tant de vagues et de fumée », « de regards de haine et de combats de sang », de « téléphones qui sonnent » qui ne portent que du vent, et puis surtout, tout « ce faux, ce vrai » qu’on « n’arrive plus à distinguer ».
Au bout du compte, on en est là ; on se sent « blanchi comme un cheval fourbu, glacé dans un lit de hasard », on a l’impression amère d’avoir « tout donné » et d’avoir « usé les claviers ». Alors l’issue est ailleurs, du côté des « baleines et des poissons d’argent » ; il faut en effet recommencer autre chose et se laisser gagner par cette « future vigueur » chère à Rimbaud, vigueur imitée des « manchots qui s’amusent dans le soleil levant » parce que « l’air est si pur qu’on se baigne dedans » et parce qu’on peut parler de tout « aux poissons d’argent », sauf d’argent.
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Michel Berger - Le Paradis Blanc (Clip officiel)
Clip officiel du titre "Le paradis blanc" de Michel Berger