Il manquait dans la présentation du travail autour de la pièce l’image de la
couverture et de son quatrième. C’est réparé ! C’est encore l’exemplaire unique, l’éditeur n’ayant pas eu le temps de commencer
l’étape de la distribution.
De mon côté, j’attends un carton pour livrer un certain nombre de lecteurs. En priorité les
comédiens qui doivent découvrir le volet narratif du Ponton de façon à mieux saisir leur rôle, leur personnage et l’ambiance sicilienne …
Ecco "il Pontile" colla ceramica...
Rubrique Goncourt :
Interview d’Amélie Nothomb. Rencontre du 11 octobre. (2)
Vous en avez écrit un livre d’ailleurs...
J’en ai écrit un livre que je ne pensais pas écrire à ce moment là.
Livre qui est superbe pourtant !
Merci. Et cet à ce moment là donc que... mais ça c’est bien plus tard puisque j’avais 23 ans que je me suis dit bon maintenant tu as
fait le tour de la question tu es rentrée au Japon tu as vu ça marche pas non plus. D’autre part tu écris tu le sais, depuis longtemps. Qu’est ce que tu risques à envoyer un manuscrit à un
éditeur ? Tout ce que tu risques c’est être ridicule ; mais regarde tu es déjà ridicule. Mais regarde tu es Dame pipi dans une compagnie japonaise franchement... Est-ce que tu as déjà
perdu la face il ne peut rien t’arriver de pire. Donc finalement j’avais raison, c’est bel et bien grâce au Japon mais d’une façon bien sûr, totalement paradoxale.
Mathilde : Donc le premier manuscrit que vous avez envoyé aux éditeurs c’était le récit
de... ?
Pas du tout ! « Stupeur et tremblements » est venu bien plus tard ! Le premier roman que j’ai écrit juste après et
que envoyé aux éditeurs c’est le premier publié à savoir « Hygiène de l’assassin ». Vous savez à l’époque j’avais pas trop envie de me vanter de ce qui m’était arrivé au Japon. Je
n’aurais jamais imaginé que j’en tirerais un roman, plus tard. Si j’ai pu, huit ans plus tard écrire sur ce sujet c’est parce que sans doute j’étais un écrivain avec son petit succès et que je me
suis dit bon finalement la honte est passée maintenant je peux me risquer à parler de tout ça.
Et justement pour « Hygiène de l’assassin » on a beaucoup beaucoup aimé vraiment ce livre et on voulait savoir pour le
personnage de Prétexta si vous vous étiez inspiré d’idées... de vos idées ou alors d’idées que vous trouviez autour de vous, de gens arrogants ?
C’est très gênant. Vous allez peut-être, être très choquée par ma réponse mais la vérité c’est que, vraiment je me suis inspirée de
moi ! Bon comprenons nous bien quand j’ai écrit ce livre j’avais 23 ans je me suis dit « t’es comme tout les écrivains, t’a envie de parler de ton nombril, or ton nombril n’a
vraiment aucun intérêt. Comment me rendre intéressante, eh bien je vais me déguiser en mon contraire ! Je suis une femme, prenons un homme. Je suis jeune, prenons un vieillard. Je suis
relativement aimable, prenons un être parfaitement odieux. Je ne suis absolument pas célèbre, prenons un prix Nobel de littérature. Moyennant ce déguisement, derrière lequel personne ne pourra me
reconnaître je pourrai faire passer toutes mes idées parfois de façon un peu monstrueuse. Mais je peux dire que globalement j’endosse tout ce qu’il dit, sauf que je ne suis pas misogyne mais sans
être misogyne le moins du monde il m’arrive d’être très irritée par certaines attitudes féminines ! Et je dirais que ma seule vraie différence avec Prétexta, c’est que je n’enlèverai aucune
page à la Princesse de Clèves ! Je trouve que ce livre est parfait !
Avez-vous des livres préférés ?
Ma liste de mes livres préférés est infinie bien sur, il y a la princesse de Clèves, les Liaisons Dangereuses, le bal
du comte d’Orgel, le Coup de grâce, le Pavillon d’or… la liste est très longue.
Quel est votre livre de chevet ?
Il y a un livre que je lis chaque année, et pourtant ce n’est pas celui que j’ai le plus relu de ma vie, mais chaque année je me lis
le portrait de Dorian Grey. Il y a mille raisons aussi bien littéraires que psychologiques de relire ce livre.
Vous inspirez-vous de ces livres ?
Ce n’est pas si simple, je trouve que ce serait une très vilaine façon de rendre hommage à ces livres que de m’inspirer d’eux. D’autre
part, il est certain que le fait de les avoir tellement lus, m’a influencée mais dans mon inconscient, ce n’est pas un acte volontaire. Je ne me dis pas « bon, faisons comme Oscar
Wilde », (ce serait d’ailleurs du dernier ridicule de se prendre pour Oscar Wilde !). Je suis moi, mais avec toutes mes composantes c’est comme Prétexta dit : « on écrit aussi
avec ce que l’on a mangé, mais dans ce que l’on a mangé il y a aussi bien la littérature que la nourriture », donc ça fait partie de moi.
A notre âge, aimiez-vous les cours de français ?
Je n’étais pas très bonne. Je n’avais pas de très bons points ni de très bons résultats ni en dissertation, ni en composition française.
Mais bon, j’ai toujours aimé lire à côté de ça, donc je n’étais pas rétive au moment où il y avait les listes de lecture.
Réaction de collègue :
Avant de partir me mettre au vert j'apporte ma contribution à toutes les info. ou interrogations qui ont circulé sur
le réseau ces jours derniers. En ce qui concerne le rôle de la Fnac: à Perpignan, très positif. Toujours prêt, toujours partant, toujours accompagnant.Une aide précieuse et
efficace donc.
Le choix de mes élèves ( de seconde): difficile encore à déterminer; les vacances devraient être décisives. Début
octobre les noms de Nothomb et de Poivre d'Arvor revenaient sans cesse, tandis que Boulin était violemment rejeté de même que Bataille, mais pas pour les mêmes raisons (toutefois quelques
lecteurs avaient été sensibles à l'écriture de Bataille). Fleischer n'a pas été apprécié par ceux qui ont eu le courage de le lire. Litell, lu par a une poignée de courageux dès
les premiers jours de septembre , a beaucoup plu, de même qu'Audeguy. Depuis le 16 octobre, date de la rencontre avec trois des auteurs, tous se sont précipités sur
Ouest, Contours du jour qui vient, Le bois des amoureux, qui à mon avis avaient été
délaissés. Il n'y a plus qu'à attendre la rentrée!
En ce qui me concerne j'ai mon tiercé provisoire: Fils unique, Ouest et LesBienveillantes. Je n'ai lu ni Schneider, ni Lapouge encore...
A tous les Grands et nobles profs du secondaire qui participent au Goncourt des lycéens, je souhaite des vacances
méritées et bienfaisantes. Merci pour vos messages toujours lus avec plaisir et intérêt et à bientôt pour la dernière ligne droite !