Autre jeu de confrontation entre deux conceptions du monde à partir d’un
personnage assez pittoresque du « Petit Prince » : le monsieur cramoisi...
Après réflexion, j’ai choisi de lancer Mr Cramoisi et Mr Business man dans un
numéro grotesque de démarche commerciale. Le Petit Prince assiste médusé à leur hymne à la société de consommation et aux mirages des objets...
Au passage, l’occasion d’une scène aux limites de la satire qui s’en prend notamment
aux pubs et aux jeux télévisés...
La première partie des expériences du Petit Prince sera marquée par la rencontre
de gens déplaisants qui lui tiennent un discours sérieux à propos de la vie et des réalités liées notamment à l’argent et à la société de consommation.
Le jeu de l’écriture va consister à confronter les « valeurs » de la
société de consommation aux valeurs du Petit Prince qui voit le monde avec sa naïveté et sa poésie.
Aux élèves de retrouver leur âme d’enfant pour corriger des valeurs qu’ils ont
peut-être déjà tendance à adopter !
A noter :après lecture, cette scène a donné envie au collègue de musique d’intégrer dans le refrain de la chanson qu’on travaille ensemble un couplet sur le développement
durable. C’est chose faite depuis samedi.
Je demande aux élèves de travailler sur le motif de la panne et des moyens
un peu burlesques pour réparer l’avion !
Imaginons un aviateur un peu furieux, qui s’escrime à réparer avec les moyens du
bord et qui se laisse aller à quelques jurons (triés sur le volet !) et envisageons l’approche du petit Prince qui lui demande insatiablement de « dessiner un
mouton » !
A l’aide des groupes nominaux que
j’avais demandé à mes sixièmes d’écrire sur le thème : « un drôle de dessin », j’ai écrit une scène entre l’aviateur et le Petit Prince (ils seront plusieurs à jouer ce
rôle), scène dans laquelle l’aviateur, pour amadouer son compagnon qu’il a au préalable rudoyé, lui raconte comment il a raté sa vocation de dessinateur pour devenir « un mauvais
pilote », seulement capable de tomber en panne dans le désert et de ne pas savoir réparer...
Il a gardé les drôles de dessins qu’il faisait et il charge son nouvel ami de les
identifier. Le Petit Prince déballe tout et se livre de bonne grâce au jeu ! Scène assez jubilatoire et très visuelle qui devrait donner du grain à moudre à la collègue d’arts
plastiques.
L’un de mes collègues constate avec compassion que c’est « moi qui me tape tout le boulot » dans l’atelier...
Dans ce genre
d’aventure qui mêle une équipe et l’ensemble des élèves, si on veut aboutir à quelque chose (et compte tenu du fait que le temps manque à chacun,
qu’il faut « faire le programme », que les élèves ne sont pas disponibles en dehors des heures de cours...) il me paraît difficile de faire
autrement.
Le texte, le décor,
le fond général doivent être fixés pour le second trimestre de façon à ce que l’intervenante théâtre puisse faire travailler les apprentis comédiens.
Par conséquent, oui, « je me tape le boulot » à partir de fragments que me rendent les élèves, fragments bien imparfaits pour faire un texte il faut le reconnaitre... mais fragments qui
ont le mérite d’exister et de servir de fils rouges à l’écriture. Ainsi, ils ont bien le sentiment d’être associés à l’aventure de création !
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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