Revenons, dans cette période consacrée à « Pour y voir Clerc », à l’une des autres créations qui ont motivé avant ce blog. Nouvel épisode dans
l’évolution du « Ceilidh » aux States,je présente un mail reçu récemment et
qui témoigne des efforts que dispense Marina autour de la mise en scène « à l’américaine » de cette pièce…
Did I tell you? I am uniting efforts with this young man to create a literary magazine for students in Stamford. We don't have an organized magazine
yet, that would encourage young people to share their literary creations. Of course, it's not going to be "everyone is a genius" type thing. There are going to be standards. But
I really want to make it happen, because this way I can meet more young people who are of Irish and Scottish descent, and who'd want to be part of "Le Ceilidh".
Dans la série des textes qui prolongent celui que j'ai écrit, extrait du même album de 73 : la chanson
« Poissons morts »… Julien évoque la pollution. J’étais déjà sensible à ce problème en 73 et les paroles de Roda-Gil m’intriguaient, je l’indique souvent dans le
livre.
« Poissons morts. Allez donc dire à mon amour que la graisse de mitrailleuse n’est pas la brillantine des dieux… »
Dans mon esprit d’alors (le livre est en grande partie écrit du point de vue de l’enfant ou de
l’ado) le mot « brillantine » évoquait surtout la bouteille bleue pâle dont s’arrosait copieusement mon grand-père tous les matins pour faire briller ses
cheveux.
Un samedi matin, il avait amené le petit frisé chez le coiffeur et ce dernier, un vieux pro
armé de coupe-choux et de houpettes à la ceinture m’avait proposé de la brillantine !
Quel ado aujourd’hui connaît encore la brillantine ? Et la métaphore de Roda-Gil devient
encore plus complexe !
Au retour du salon, sous une pluie battante et des bourrasques de vent, je réécoutais l’album sorti en 73, celui qui
porte le titre « ça fait pleurer le bon dieu ». J’avais volontairement évacué à l’époque où j’écrivais le livre, les disques sortis après 73, mais deux chansons de cet
album m’ont paru à ce point apporter « une suite » à deux thématiques majeures que je ne résiste pas à les évoquer aujourd’hui et demain.
On se souvient peut-être que, pour anticiper et « expliquer » l’effet « Ivanovitch »
dans mon enfance, je remonte à mes lectures et notamment à celle de « L’Homme qui rit » que j’avais lu très tôt dans une version illustrée. « L’Homme qui rit », à dix
ans, c’est surtout la neige et la figure du monstre. On trouve la figure du monstre de foire dans cette chanson étrange qu’est « Bec de lièvre ».
Je signalais dans un récent article la part que tiennent les femmes dans l’ouvrage et
la permanence du thème dans les chansons de Julien Clerc. Cette évidence m’a saisi à la relecture de « Pour y voir Clerc ». Dès le début, à travers l’évocation des
belles Italiennes par le fameux grand-père, figure phare des « Nouvelles pour l’été », les jolies stagiaires dans le magazin de disques qui renvoient
au narrateur son image d’adolescent boutonneux, la belle repasseuse qui réveille à treize ans le trouble du désir, la ravissante Odile, jeune femme libérée,
la petite Eurasienne, première figure ineffable du collège retrouvée deux ans plus tard sur une plage de l’Ile de Ré, premier amour platonique, la mère et la
grand-mère, figures idéalisées, la princesse de la légende bretonne de la ville d’Ys, avec sa beauté de statue et le parfum de scandale…
On se souvient peut-être de ce titre un peu kitch de la chanson de Julien (dans
les années 80) et je suis surpris, à la relecture, de la place que tient l’éveil à l’amour dans « Pour y voir Clerc ». Julien Clerc passe en effet souvent pour un
chanteur de charme qui met en mélodie des hommages aux femmes.
Ma découverte de Julien se produit pendant l’adolescence
et il est intéressant de prendre le récit à partir du fil amoureux. Il y a cela dans le livre… comment, par le biais des chansons de Julien Clerc, j’en suis venu à aimer les femmes moi qui les
rejetais « en bloc » à treize ans. Le texte dit le complexe, le rejet, le désir, la fascination-répulsion, l’idéalisation enfin…
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
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