Les propos de Sheumas donc... J'ai hésité. J'ai eu une petite formation en gaélique lorsque j'étais en Ecosse, à la fac d'Aberdeen où je suivais des cours. Dernièrement, j'ai acheté à
Inverness un cours sur cassettes.
Cependant, cela ne me permet pas d'écrire en gaélique, loin de là ! Voilà ce que j'aimerais faire dire à Sheumas : "I like to be walking in a landscape of ruins and moors and ocean. That is the
place where history and legends meet with present times".
Tel est en anglais le message que j'ai envoyé à deux amies écossaise, l'une à Bettyhill, Sutherland, l'autre à Dunnoon, pour demander la bonne traduction.
J'en suis donc aux derniers fignolages de ce point de vue. Cependant, le livre n'est pas fini. Avant de le soumettre à l'éditeur, j'ai un autre projet que j'évoquerai demain...
C'est enfin le dénouement ! La scène finale de la pièce opère le rapprochement préparé depuis le début entre la fiction et la réalité. Evidemment, les sorcières président à cette scène finale où
l'horreur, le burlesque et le frisson se déploient d'autant qu'une surprise de taille guette le spectateur. Cette surprise ne tarde pas dans l'épilogue...
Sur ce point, je ne dis plus rien afin de ménager le suspense mais l'objet de ma dernière relecture et mise au point a notamment touché l'arrangement et la progression secrête de la surprise
finale.
La scène se passe sur un bateau et me semble être en mesure de donner la secousse un peu comme dans les Hitchkock dont j'ai beaucoup observé l'art ces dernières semaines (d'où l'hommage
discret rendu au maître du suspense dans le choix du nom de Rebecca)
Autre effet de bouclage : un coup de fil du Palais des Congrès hier annonce la date retenue pour la représentation finale, j'y reviens demain.
Scène 7... On y arrive ! A vrai dire, j'ai passé le cap de la relecture et de la réfection hier, à l'issue d'une matinée de travail et certaines évidences me sont apparues. J'en suis donc dés
aujourd'hui dans la phase de deuxième relecture qui va fignoler mais aussi approfondir les mobiles et les tempéraments de chacun des personnages.
Les sorcières sont convoquées autour de William pour lui suggérer le meilleur des supplices à infliger à son frère. La scène est une scène de séduction et d'excitation, une sorte de pacte
diabolique. Assez plaisante à jouer me semble-t-il pour les futures sorcières...
A propos de la future pièce, contact a été pris avec un réalisateur de cinéma pour l'éventualité d'une coopération. L'idée est séduisante, mais elle coûte cher et le problème est de trouver le
financement et les justifications pédagogiques. Le résultat proposé serait un court métrage (douze minutes...D'où nécessité d'adapter...) A voir, à étudier cependant. Ne jamais rejeter à priori
ce qui pourrait donner l'occasion d'une réécriture !
La scène 5...A l'origine, elle constituait une seule scène avec la suivante : c'est la relation de John Sinclair avec son père et son frère. C'est un moment de grande cruauté au cours
duquel le spectateur va comprendre pourquoi Le Master of Caithness a fait enfermer son fils au cachot de Girnigoe et sa compagne Fiona dans le donjon d'Ackergill.
Silhouette inquiétante que j'ai davantage remodelée à l'occasion de la réécriture de la scène, celle du frère cadet, William. C'est un lecteur de Machiavel dont l'ambition est masquée. Beaucoup
plus brutale et directe est l'ambition de Sinclair, le Master.
Face à ces deux monstres, John et Fiona paraissent bien innocents et purs dans leurs emportements qui les a conduits à la situation dans laquelle ils se trouvent. Frustration,
souffrance... D'autant qu'à la scène suivante, William décide de durcir encore le châtiment...
Avant la scène 5 qui m'a donné beaucoup de fil à retordre (j'y ai travaillé trois heures hier), un mot de la petite scène 4. Elle offre un monologue, celui de john Sinclair dans son cachot. Le
spectateur découvre ainsi le château de l'intérieur et son malheureux héros, supplicié, celui qui a écrit la légende de Girnigoe. C'est aussi le thème de la pièce écrite par Ronald (il s'agit
bien d'une réécriture de la légende et non d'une transcription!). Le personnage de John est joué par Max, il offre un miroir troublant à ce personnage marqué par la fatalité.
On verra dans quel sens cette pièce offre une double jeu de miroirs, de mise en abyme pour employer une expression du domaine pictural (phénomène facile à comprendre si on regarde une boite de
vache qui rit...) : celle de "Macbeth" mais aussi celle de la situation réelle à laquelle sont confrontés les différents personnages impliqués. (Max, Heather, Ronald, Sheumas, Lou)...
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/