Les jeunes collègues qui arrivent sur « la place du marché de l’enseignement » trouvent
en effet dans les étalages de connaissances des batteries de notions, d’outils, à ramasser comme des tomates ou des bottes de poireaux pour tâcher d’en faire une soupe déhydratée à servir pour
l’examen devant formateur… Cette soupe-là a le mérite de la transparence et présente, comme sur les emballages des produits commerciaux, la liste des décolorants et additifs divers : on a
l’impression de voir clair quand on fait passer le gravierdu texte dans le tamis du chercheur d’or… On peut ouvrir le casse-croute et laisser couler les
eaux troubles du Pactole.
Mais que reste-t-il de la viande rabelaisienne, du jardin voltairien et de la poissonnerie
hugolienne, des fruits baudelairiens et des légumes herborisés chez Rousseau. Arcimboldo a mauvaise mine et les passants risquent d’en souper définitivement !
Voilà ce que répondait donc Danièle Sallenave à la question « pourquoi la littérature ne
passe-t-elle plus à l’école ? »
« Parce qu’on fait tout ce qu’il faut pour ça ! On met des textes littériares au programme mais on les soumet à toute une batterie de méthodes qui en dégoûtent à jamais les
élèves : formalistes, rhétoriques, abstraites. Jamais il n’est question du sens (…) »
Cette analyse rejoint en effet, et je n’ai cessé de le constater au fil des années d’enseignement (et dans diverses
situations), l’une des tendances de l’enseignement impulsées par les incontournables IUFM… Combien de malheureux camelots de l’enseignement n’ai-je pas vus débarquer sur nos
estrades pour vanter les mérites d’un champ lexical, d’un terrain énonciatif ou d’Un degré de focalisation à l’intérieur d’un texte dont les élèves ne comprenaient pas un
traitre mot ?... Je donne mon point de vue à partir de demain.
Après cette série Goncourt dont je dois me détourner périodiquement puisque mes classes n’ont depuis ma mutation
plus la maturité nécessaire à l’approche de telles œuvres, je reviens cependant sur le problème auquel je suis confronté comme de nombreux collègues, tout comme moi amoureux des
lettres, celui de la lecture (le sens même de l’opération Goncourt).
Je pose donc simplement dans les quelques articles à venir la question de la place de la littérature à
l’école. Elle a été posée récemment à l’écrivain Danièle Sallenave dans un numéro de Sud Ouest. Je propose d’en reproduire un extrait dans ce blog demain et de fournir ensuite plusieurs
commentaires.
Merci Eric de raviver ainsi les souvenirs d'une expérience tout à fait intéressante que nous avons menée de front l'an passé, et ceci grâce à ta coordination (sans oublier l'indéfectible Agnès
qui avait été si active....). Cette année encore, avec les Term L , nous participons au Prix de la Critique du PGL, histoire de ramasser quelque 250 euros de livres (puisqu'on nous les
donne...), de tenter d'intéresser cette fois encore les jeunes au plaisir de lire, de fustiger une fois encore Amélie Notomb et les frères Poivre, et de se régaler de l'intelligence et
de l'humour de la La chaussure sur le toit (bravo aux élèves qui savent l'apprécier, je l'ai lu dans un de vos mails); alors, si par chance, parmi les élèves du grand Ouest,
il y avait quelques sélectionnés pour leur texte, leurs profs auraient le plaisir de se retrouver à Rennes ...
A Marseille, au lycée de l’Olivier, on a eu ces deux dernières semaines nos « madeleines »…
Nous avons reçu Edmonde Chrarles-Roux, une très belle rencontre autour de l’écriture, de son parcours et de ce que c’est qu’être littéraire aujourd’hui. Les élèves ont été sous le charme de
son énergie et de sa parole.
Et cette après-midi nous recevons Xavier de Lauzanne qui tournait l’année dernière un documentaire sur le PLG. Il était venu dans notre lycée, on l’avait retrouvé à Rennes. Le film sera diffusé
sur France 3 en janvier et il vient nous le présenter en avant-première.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/