Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

voyage

La géante et le Mexicain

Publié le par Eric Bertrand

Le géant (41) [1600x1200]

                Ça se passait dans les rues de Nantes ce week-end... La rencontre improbable entre une petite géante à l’œil de biche et un colossal Mexicain à la face burinée, sombrero sur le nez, dos vouté. Ils avaient rendez-vous ensemble...

                Un grand chien mécanique à la queue frétillante, un grand chien bondissant, tout en ressorts, donne la mesure du bonheur. Conduits par la troupe Royal de Luxe qui leur imprime des mouvements gracieux, ils vont se retrouver quai de la Fosse.

               Rien d’apprété dans leur façon d’être, mais une impression de bonheur immense, de bonheur aérien qui passe par-dessus la tête de la foule ébahie. L’impression d’une vie simple, d’une émotion retenue, au détour d’une sieste et d’une bonne douche. La petite géante s’est levée, s’est habillée, a pris sa douche, son chien sur les talons et la voilà qui danse, la voilà qui avance le long de la Loire à la rencontre du grand « Campesino » qui arrive par le fleuve. Et c’est un film de Sergio Leone qui se joue sur l’écran du ciel.             

               Ses yeux sont émerveillés, elle joue des coudes, tourne la tête à droite, à gauche, ses cils battent. Le battement de cils est bouleversant. Ils battront jusqu'au dimanche soir.  

Voir les commentaires

Suspension provisoire de ce blog

Publié le par Eric Bertrand

DSC03468.JPG

 

             Je préviens mes lecteurs : à partir de demain et jusqu’au 24 avril, les articles de ce blog seront suspendus. Je m’en vais en Bretagne, je vais m’y ressourcer, retrouver les reliefs celtiques et humer l’air du grand Océan et de la dernière terre, « Finistère ». L’occasion également d’effectuer le retour désormais rituel à Loudéac et en même temps l’occasion de retrouver amis et lecteurs à l’occasion de la soirée « Paroles de lecteurs » que j’animerai et qui aura lieu à la médiathèque à partir de 18h30 le 22 avril.

              Le 23 avril, je rencontrerai d’autres lecteurs dans le cadre de la journée « bibliothèque de Nieul », écrivains nieulais... A bientôt donc !

 

 

Voir les commentaires

« Balade La Rochelle » favorite : Cimetière Saint-Maurice : Norma Tessum onda

Publié le par Eric Bertrand

Suite rues [1600x1200]

 

               Alcofribas Nasier, (Rabelais), Marguerite de Crayencour, (Marguerite Yourcenar), Bison ravi (Boris Vian), Avida dollars, (Salvatore Dali), Lord R’hoone, (Honoré de Balzac), Pauvre Lélian (Paul Verlaine), plus près de nous Pascal Obispo (Pablo Picasso)... Et à La Rochelle, un autre anagramme, celui de Norma Tessum onda...

                Dans l’une de ces grandes avenues qui mènent à la mer, les pancartes indiquent « ile de Ré ». Sur la droite, un tout petit cimetière, celui de Saint-Maurice, et, à l’entrée, une stèle imposante qui ressemble étonnamment à celle de Musset au Père-Lachaise. Joséphine-Marie Ménard. Penchons-nous un instant sur l’énigmatique créature, orpheline de naissance. Réputation d’une éblouissante beauté, enlevée à la vie dans la fleur des ses vingt ans par la phtisie. C’était en 1875 à Port Neuf, dans la rue du Bois l’Epine. La légende court au sujet de cette ombre qui passe : était-elle la fille de George Sand et d’Alfred de Musset ?

              Peut être avez-vous un soir aperçu cette « ombre noire qui (lui) ressemblait comme un frère »... Lisez bien : Norma Tessum onda... les lettres entremêlées de Musset et de Sand voltigent parmi les feuilles et ressuscitent les deux amants terribles du romantisme. Norma  ou simplement Joséphine inspire l’amour à un peintre, Charles Louis Muller, qui en fait une figure de l’Annonciation. La voilà madone. Cœur tendre, elle s’amourache du marquis Henri de Rochefort-Luçay, journaliste qui prend la plume contre le régime de « Napoléon le petit » et est emprisonné à la forteresse de Saint-Martin de Ré puis déporté en Nouvelle Calédonie.

               La santé de Joséphine décline et Françoise Coras, la vieille tutrice excentrique qui l’accompagne depuis l’âge de huit ans, n’est sans doute pas étrangère à la légende qui entoure sa protégée. Sous la lame, dans le cimetière de Saint-Maurice, repose désormais une fille de haute naissance, comme semble l’attester la stèle commandée par les soins de Françoise et sur laquelle elle a fait inscrire le fameux nom. Comme l’attestent aussi les livres de Musset trouvés dans la chambre de Joséphine, ouverts sur les dédicaces du poète : « A ma fille bien aimée », « A ma petite Norma »...

               De la main de qui sont ces faux ? De la délicate Joséphine qui avait rencontré Paul, le frère de Musset, et qui rêvait d’obtenir une reconnaissance de la part du prestigieux Alfred ? « Poète prends ton luth et me donne un baiser ! »... Ou bien de la diligente Françoise qui, avec ses petits moyens, écrivait dans la douleur et dans la pierre le petit roman de sa Joséphine ?

 

L'homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert.
C'est une dure loi, mais une loi suprême,
Vieille comme le monde et la fatalité,
Qu'il nous faut du malheur recevoir le baptême,
Et qu'à ce triste prix tout doit être acheté.
Les moissons pour mûrir ont besoin de rosée ;
Pour vivre et pour sentir l'homme a besoin des pleurs ;
La joie a pour symbole une plante brisée,
Humide encor de pluie et couverte de fleurs. (Nuit d’octobre)

 

 

Voir les commentaires

Les deux versions de « Nantes-La Rochelle sur un nuage »

Publié le par Eric Bertrand

Maison Simenon (2) [1600x1200]

 

            Sur le beau mot de Simenon dans l’article précédent, j’achève cette série consacrée à La Rochelle qui sert de cadre majeur à mon prochain roman. De l’article à la fiction, il y a une distance, mais j’ai trouvé intéressant pour le lecteur de les découvrir afin de voir la ville autrement.

            Intégrés à la fiction, ces articles obéiront à une logique interne et ne pourront pas être lus de la même façon. Peut-être vais-je être amené à les dissocier du point de vue de l’édition. C’est une affaire à suivre. En tout cas, je n’ai pas encore fini de parcourir les rues de La Rochelle et il n’est pas exclu que d’autres articles viennent enrichir la base...

             Et pour terminer, en ce début de mois, retour demain sur l’un des articles de balades qui a le plus suscité de visites...

 

 

Voir les commentaires

Simenon au café de la Paix : Balades à La Rochelle (33)

Publié le par Eric Bertrand

 

Rues le 21 (2) [1600x1200]

             Il est possible de rejoindre le centre ville de La Rochelle en longeant la mer depuis le nord par exemple, comme le faisait volontiers l’écrivain Simenon qui a habité la commune de Nieul sur Mer puis, tout près de Marsilly, le manoir de la Richardière... Il venait à la Rochelle sur son cheval qu’il attachait à l’anneau qu’on voit encore sur la façade du café de la Paix. Simenon avait été très sensible à cette ville qui sert de cadre à quelques uns de ses romans comme Le Testament Donnadieu (dont le cadre est celui du domaine de la Richardière), Le Voyageur de la Toussaint (roman sombre écrit en 1941 et dans lequel le lecteur perçoit l’ombre nazie), ou Les Fantômes du Chapelier.

              Ecoutons cette confidence qu’il a notée dans un carnet : « J’ai découvert La Rochelle par la mer quand je faisais mon tour de France en bateau. Il y avait une lumière extraordinaire sur les deux tours qui fermaient le port. J’ai dit à ma femme : si un jour nous devons nous fixer quelque part, ce sera ici. »

              Le lecteur de Simenon peut mettre ses pas dans ceux de ses personnages qui déambulent au gré d’une ville sombre, inquiétante et peuplée de notables souvent peu intègres. Le décor brumeux de La Rochelle fournit en effet un cadre idéal au roman noir. Impasses du côté de la Rue du Minage, impasse « Tout-y-Faut » où se situe la maison de l’assassin dans Les Fantômes du Chapelier, impasse du Capricorne, impasse des Poissons, Impasse de l’Ecrevisse. Le ciel est décrit « comme une immense écaille d’huitre, avec les mêmes tons irisés qui se fondaient comme une nacre », le temps s’écoule étrangement, « ce temps ouaté, cet univers blanc et gris dans lequel les sons, particulièrement les sirènes des navires, devenaient plus aigus, sinon déchirants... Cela rappelait Trondheim, cela rappelait à Gilles tant de villes du Nord ».

               Et pourtant, un jour contraint de quitter la ville, le romancier d’origine belge conclura : « La Rochelle, une des villes au monde que j’ai le plus aimées »

 

Les rues de La Rochelle (12)

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>