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voyage

Rue Mervault1 : Balades à La Rochelle (21)

Publié le par Eric Bertrand

Rues le 26 (8) [1600x1200]

           Dans l’histoire sombre de La Rochelle, s’impose le tragique épisode du siège... Nous sommes au début du XVII° siècle. Qui se souvient du nom de Mervault ? Et pourtant, grâce au témoignage précis de ce journaliste, nous tenons un précieux journal événementiel. Il est bon, pour un esprit libre et frondeur de flâner dans les rues d’une ville dont se perçoit à la fois la prospérité et la farouche indépendance. Au cœur du marché, sur le port, dans les ruelles et devant les échoppes, les échanges vont bon train, et la voie huguenote trouve sa libre expression.

             Méfions-nous de ces moments d’euphorie. Le bouillonnant Mervault s’amuse à regarder les grimaçants macarons huguenots de la vieille bâtisse place des Petits Bancs, sans songer que l’Edit de Nantes a ramené un ordre précaire dans le royaume. Conseillé par le cardinal de Richelieu, Louis XIII se méfie de cette ville rebelle, qu’il sait sous influence anglaise. Pour assurer ses arrières, il donne l’ordre à Richelieu de faire plier « le bastion protestant ». Commence alors le siège de La Rochelle... Nous sommes en plein XVII°. La suite demain.

 

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Rue du Minage3 : Balades à La Rochelle (20)

Publié le par Eric Bertrand

Rues le 3 mars (3) [1600x1200]

                 Je termine la citation des quelques extraits de Villon, rien que pour le plaisir de trainer dans cette auberge rue du Minage !

 

Et à maître Jacques Raguier

Je lègue « l’Abreuvoir Popin »,

Des perches et des poussins au « blanc manger »,

Tous les jours le choix d’un bon morceau,

Et la taverne de « la Pomme de Pin »

Où il sera bien à l’abri, les pieds au feu,

Emmailloté comme un jacobin (...)

 

                Jacques Raguier était un autre « soiffard » à qui il est amusant de léguer une fontaine qui ne produit que de l’eau plate ! Par ailleurs, la compagnie d’un « jacobin » est source immédiate de plaisanterie scabreuse puisque ces religieux passaient d’abord pour de bons viveurs, vicieux et farouchement jaloux de leurs conquêtes.

 

Item, à Jean Trouvé, boucher,

Je lègue le « Mouton » franc et tendre (...) »

 

                 L’enseigne du Mouton est « truquée » car « un mouton franc » désigne un bélier à la chair forcément coriace ! Bref, que ce boucher peu sympathique s’y casse les dents !

 

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Rue du Minage2 : Balades à La Rochelle (19)

Publié le par Eric Bertrand

               Après une vente, ou après un achat, il faut boire dit un vieux proverbe de soiffard. Alors, rendez-vous dans les auberges nombreuses à l’époque médiévale, « le Chêne Vert », « le Serf Montant », « la Côte de Baleine », « la Truie qui file », « la Licorne »... Autant de noms pittoresques ! Pénétrons un instant à l’intérieur d’une taverne pour écouter la voix de circonstance d’un François Villon aviné et forcément en verve un jour de marché ! Ecoutons, rien que pour le plaisir, le poète fort en gueule qui règle ses comptes à travers des vers codés et une série de bonnes blagues que le lecteur me permettra de décrypter... Avec l’éloignement du temps, la saveur des mots et des allusions nous échappe de plus en plus...  

               Je précise que ces vers, choisis par référence aux rues du marché de la Rochelle, sont extraits d’un long poème intitulé « le Lais » dans lequel Villon s’amuse à distribuer des biens qu’il n’a pas à des gens qu’il n’aime pas...

 

« Item, je lègue et donne en pur don,

Mes gants et ma cape de soie

A mon ami Jacques Cardon,

 

                Jacques Cardon est un drapier qui a pignon sur rue et qui n’a certes pas besoin de la « cape de soie » du miséreux François Villon (à qui il a sans doute « mangé la laine sur le dos » !)

 

Le gland aussi d’une saussaie

Et tous les jours une oie grasse

Avec un chapon de haute graisse,

Dix muits d’un vin blanc comme craie

Et deux procès pour qu’il n’engraisse pas trop (...)

 

Fantasmes de festins pantagruéliques et plaisanteries quand on observe qu’une « saussaie » est un lieu où poussent les saules, que le saule ne produit pas de gland mais que, comme chacun sait, « le gland » est porteur de connotations érotiques ! A l’époque de Villon, on ne cache rien en matière de virilité ! Demain, suite et fin avec d’autres destinataires !

 

Suite rues (13) [1600x1200]

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Rue du Minage1 : Balades à La Rochelle (18)

Publié le par Eric Bertrand

Rues de La Rochelle (14) [1600x1200]

                 Il y a, dans le quartier du marché, une rue du Minage, comme il y a, à Angoulême, une Place du Minage. Qu’est-ce donc que cette « activité minagère » ? Les affaires allaient bon train autour de cette rue de l’entrepôt à grains où s’effectuaient toutes les affaires relatives au pesage et aux transactions liés au commerce des céréales. La « mine » constituait une unité de mesure et le « droit de minage » définissait jusqu’à la fin du XIX° siècle la quantité de céréale que prélevait le seigneur ou le roi. 

               « Le minage » définissait donc un droit sur tous les grains qui se vendaient et se débitaient en ce lieu, froment, méture (bouillie de maïs), seigle, baillarge (orge de printemps en Poitou), avoine, pois fèves, bled d’Espagne, gesses (gland ou châtaigne de terre), lentilles et toutes  espèces de grains et grenailles.

                 Je propose demain de rester dans cette rue du Minage et d’y rencontrer un de nos poètes fort en gueule !

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Rue des Merciers, des Drapiers, des Cloutiers, du Cordouan...Balades à La Rochelle (17)

Publié le par Eric Bertrand

Rues de La Rochelle (16) [1600x1200]

 

               Tout le marché s’affaire dans ce secteur commerçant de La Rochelle encore bruissant de l’activité des petits métiers et artisanats qui n’avaient, à l’époque,  pas besoin de marché pour s’étaler en public. Le flâneur associe à ces vocables anciens, dont la sonorité ressuscite des figures avalées par le monde moderne, tout un monde d’échoppes, de négoces, d’activités et de voix.

               Certains samedis dimanches, en fin de matinée, sous le ciel ouaté de décembre et dans l’éclat frileux des lumières de Noël, c’est un coup de baguette magique. Ou bien, à l’inverse, dans le bleu de l’été, sous un soleil lampadaire qui jette de la paille sur le pavé, c’est aussi un coup de pinceau.

               Les rues des Cloutiers, des Drapiers, des Merciers, des Bonnes Femmes se remettent à vivre autrement, et dans la toile délicieusement odorante d’une fin de marché, c’est Brueghel qui revient. Et, sur le pavé éphémère d’un instant volé au XXI° siècle, il pose son chevalet.

 

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