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voyage

Robinsonnades

Publié le par Eric Bertrand

                 

Avec le retour des vacances
revient le temps des escapades et du « out of joint » comme dit l’ami Hamlet. Est-ce un effet des circonstances ? De mes lectures (Hugo, Conrad, Stevenson, Melville) ? Du cadre maritime ? Des copies sur Robinson que, de bon matin, j’ai commencé à corriger (pas toutes très bien écrites et encore est-ce une litote !) ? Des prémices du printemps sur l’océan qui gronde encore de la dernière tempête ?...

                Mais hier matin en accomplissant ma petite course à pied sur le sentier côtier habituel, j’éprouvais un sentiment d’île et de robinsonnade.

                Pourquoi précisément robinsonnade ce matin ? Peut-être aussi parce que le ciel était particulièrement bleu, calme, comme lavé par une tempête, la côte découpée, particulièrement à vif, affleurant de l’affutage, l’eau encore brisée, les dernières mouettes et les cris pointus, refluants, aiguisés des goélands dans les algues, les carcasses et les brisants de coquillages.

                 On avance, on avance, les cheveux à la brise, le torse et la face en figure de proue, meilleure pénétration dans l’air, « la spada » de maître Indurain, tu n’as jamais oublié ! Et puis enfin, dans le défilé de roches, une petite sente qui s’avance sur une langue de sable, puis la prairie déjà verte, émaillée de premières paquerettes, l’écho, de chaque côté, des alouettes, et sur la colline, les façades blanches des maisons, avec leurs volets verts, souvenirs anciens des peintures empruntées par les pêcheurs de Ré aux coques des navires.

                 Et le soleil adoucit l’atmosphère et les premières gouttes de sueur perlent sur le front.

 


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Face Book l’auberge espagnole

Publié le par Eric Bertrand

          Après toutes ces années passées à Loudéac ou ailleurs, j’ai souhaité retrouver certains de mes élèves ou de mes anciens comédiens afin de voir comment ils avaient grandi, quelles voies ils avaient prises... Mais avec notre éloignement dans l’espace, les chances de retrouvailles s’amenuisent.

          Pour cette raison, je me suis inscrit sur « face book » et depuis, c’est un petit peu, en virtuel, le rêve qui se réalise enfin. Celui d’un verre qu’on prendrait ensemble à la terrasse d’un café ou d’une auberge espagnole ! Témoin par exemple ce message d’une ancienne actrice que je ne citerai pas mais qui, par son courrier, manifeste un attachement à ce que nous avons vécu au sein du groupe...

 

Quel plaisir de reprendre contact! et ces vidéos... elles me rendent nostalgiques et me remplissent d'étoiles dans les yeux....quelles belles années ces années théâtre!!!!!magnifique! ça me manque terriblement tu sais..Tu réveilles en moi des émotions enfouies... ou du moins, que je tente d'oublier pour ne pas être frustrée...mais c'est un bonheur de repenser aux merveilleux moments partagés ensemble, sur les planches..en coulisses...je n'oublierai jamais les mots que tu m’as fait dire..."             
          Au fil des jours sur « face book », je reconstitue des classes idéales, des troupes idéales et je retrouve des visages, des émotions ,des souvenirs.





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Un petit coin d’Amérique

Publié le par Eric Bertrand

                  Au lendemain d’une journée mémorable pour le monde, un petit détour par l’Amérique par le biais de cette photo envoyée par Babouzen : peut-être le lecteur a-t-il suivi le blog américain dans lequel est publiée cette photo.                     http://nous3auxstates.uniterre.com/                     
                  La photo a été prise dans un des nombreux villages abandonnés, traversés par la Route 66; plus précisément entre le Texas et le Nouveau Mexique après Amarillo et le "Cadillac ranch".

                  J’ai une affection particulière pour cette partie du territoire américain et cette photo qui aurait parfaitement bien illustré le livre du Tennessee Club et traduit l’atmosphère qui règne dans ces lieux où sévit la loi de Tom Desire !

                  Merci Babou pour ce clin d’œil !

 

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Un crochet par l'Ecosse

Publié le par Eric Bertrand

          En cette période de vœux déjà tardifs, je propose au lecteur ce passage par l’Ecosse dont on sait à quel point elle compte dans mon vécu et mes livres.

          Ce petit reportage donne à la fois envie d’y aller pour ceux qui ne la connaissent pas encore et réactive des images fortes de paysages et d’expériences insolites à ceux qui y sont déjà allés ! « Scotland the Brave » comme dit l’ami Burns ! Cliquez sur le lien et vous y êtes pour une minute !

 


Le Ponton (prologue 2) (suite du conte sicilien racontée par les Befana...)
envoyé par Sheumas1

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Souchon chef de gare

Publié le par Eric Bertrand

           Dans le dernier album, il y a un titre qui me plaît particulièrement. « La Compagnie, des wagons-lits ». Il fait écho à ce que le chanteur disait, vingt ans plus tôt, de « la beauté d’Ava Gardner » et des « vapeurs dans les chemins de fer »…

           Souchon n’est pas le premier à se lamenter sur les effets désastreux du progrès sur la relation de proximité ! Vigny, avant lui, regrettait la lenteur et diabolisait les voyages ferroviaires… Que dirais-tu Alfred, à l’heure du TGV, AGV et autres nouveaux engins au ban d’essai ? Comme  il en a l’art, Souchon ouvre le clavier des réminiscences pour nous avertir du danger :

 

« La petite lampe jaune envoyait ses dorures

On traversait le Rhône à toute alllure

Wagons lancés, lits balancés

Nous étions les amants enlacés… »

 

         Que reste-t-il au voyageur quand la porte électronique se referme, quand on ne voit déjà plus les visages derrière la vitre glacée, quand, déjà, les éclats du jour, les voix dans les gares, les odeurs et les escarbilles ne passent plus ? L’imagination, la sensation, l’intelligence des lieux définitivement bâillonnées ?

 

« Sept heures, pain beurre et jolie porcelaine

Longeant les splendeurs de la côte italienne

Air embaumé, Méditerranée

Transports amoureux surannés… »

 

          A travers « la compagnie », je revis l’un des mes grands voyages en train, et le grand soleil de la Sicile déboulant dans la vitre du wagon, à huit heures du matin, Reggio di Calabria, lueur fauve, grosse orange juteuse qui faisait peler la peau et tomber l’écorce !

Dis, Blaise, tu t’en souviens ?

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