Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

voyage

Expo Bardot à Saint-Tropez, et Dieu créa la Femme (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                      

Juillet-2010--108---1600x1200-.JPG

J’aime les mythes et ce que Roland Barthes appelle les « mythologies », à savoir ces figures contemporaines porteuses d’une nouveauté foudroyante à l’époque où il écrit son livre : la DS, le visage de Garbo, l’abbé Pierre…

                       Nous ne sommes plus en 60 (les « Mythologies » datent de 1957) mais, en ce temps de nostalgie qui caractérise notre époque, certaines figures ont augmenté leur potentiel de légende. Bardot incarne l’une de ces légendes… et l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 31 octobre prochain à Saint-Tropez va bien dans ce sens.

                       La cité de Saint-Tropez, sertie entre mer et montagne, est un berceau idéal pour entretenir le rêve. Les grands yachts qui oscillent sur tout l’horizon de la baie projettent leur part d’artifice et de paillettes sur le village enluminé. Village de l’origine, (en cela je lui trouve un côté Cefalu en Sicile, village de pêcheurs immortalisé dans « Cinema Paradiso »), village de carte postale, rusticité des façades, petits pans de murs qu’on croirait colorés par le pinceau d’un aquarelliste inspiré, silhouette bien tracée d’un décor de cinéma, « Et Dieu créa la femme »...

                       L’impertinence de BB dans les rues endormies à la fin des années 60… Le soleil de ses cheveux blonds qui brûle le goudron, qui fait passer l’électricité dans les masures, qui enflamme les mâts des bateaux. Saint-Tropez s’allume, Saint Tropez s’électrise, Saint-Tropez rayonne. Chargées à bloc par la chaleur de l’été, les cigales disjonctent aux limites du port, et les couleurs de la mer jettent un éclat bleu sur les mailles des ruelles où s’exhibent la pelote de fils dénudés de la Frime : yachts, bolides, motos, sappes…

 

Juillet-2010--97---1600x1200-.JPG 

 

Voir les commentaires

Partir ou rester

Publié le par Eric Bertrand

                  Je reviens de trois jours de promenades et de rencontres autour du pays de Loudéac... Retour à Loudéac, dans cette partie de Bretagne où tant de choses sont arrivées et où tant de liens ont été tissés au fil des années. Et notamment à partir d’un lycée dans lequel je me suis épanoui et que j’ai décidé un jour d’abandonner... sans connaître les risques auxquels je m’exposais...

                  Partir de ce lycée dans le but de « repartir », un peu comme pour une nouvelle aventure... ailleurs, dans un autre milieu, avec d’autres gens... Cet effort et ce sentiment mêlé me rappellent le vague à l’âme que je ressentais pendant certains de mes grands voyages, lorsque, au nom de l’Aventure, je décidais de ne pas céder à la tentation de la « sédentarisation » afin de partir à nouveau... Dialectique perpétuelle qu’analyse « la Route, la poussière et le sable ».

                 Quel choc cependant de revenir sur des lieux où une autre « Aventure » aurait pu s’approfondir à travers d’autres voies mais sous un ciel où, disons-le, a infusé la magie de l’éloignement... Et de redessiner ce monde avec des amis passionnés de lecture, d’écriture, de musique, d’histoire ou de sport...et dont la plupart étaient des collègues !

 

Retour-en-Bretagne--2----.jpg

Voir les commentaires

Podomètre à Loudéac

Publié le par Eric Bertrand

                 C’est avec plaisir que j’ai accueilli l’info podomètre diffusée la semaine dernière sur de nombreux médias : pour une fois, la petite ville de Loudéac, située dans ce centre Bretagne dans lequel j’ai passé d’heureuses années, fait parler d’elle...

                  A l’initiative d’un employé de la mairie, sportif émérite dont je me souviens, la ville a distribué aux Loudéaciens volontaires un podomètre dans le but de calculer la distance que chacun parcourt tout au long de ses activités journalières. Belle initiative qui rappelle aussi (en ce temps où l’on court autrement qu’à pied...) l’importance de ce moyen élémentaire de locomotion, qui délasse à la fois le corps et l’esprit et qui facilite l’épanouissement de l’individu.

                   Est-il besoin de rappeler la mémoire (et l’empreinte !) des penseurs ou des poètes qui vantaient les mérites de la marche à pied ? Dans cette perspective, il aurait fallu équiper du podomètre loudéacien par exemple Aristote et ses péripatétiens pour les voir remonter l’espace qui sépare le Boulevard de la gare de la Rue Eon de l’Etoile (devant le lycée Fulgence Bienvenue).

                    Et après eux, l’ami Jean-Jacques qui serait allègrement monté jusqu’à la colline de Saint Guillaume pour vanter, juste avant « le Trail des Cerfs », les mérites de l’homme sauvage. Et j’imagine bien aussi là-haut, en lisière de forêt de Loudéac, un Arthur buissonnier, partant, le pas vigoureux, également équipé de son podomètre, « fouler l’herbe menue ».

 

HPIM0266-copie-1.JPG

 

Voir les commentaires

En Angleterre ! Version réalisée à partir des notes de voyage des élèves de 4°D : 4/4

Publié le par Eric Bertrand

Vivement l’Angleterre !

             J’y suis déjà ! Dès que le chapeau anglais est levé, la reine est dans Buckingham Pallace ! Londres, sa tour, son musée des sciences, Hastings, Brighton, l’observatoire de Greenwich et l’eau de la Tamise, l’eau de la Tamise ouverte sur Portsmouth. J’ai cogné la pierre du pavillon royal, le marbre du château de la reine, le périmètre de Trafalgar Square et l’herbe de Hyde Park. Acrobate du macadam, j’ai enfilé mon costume dans les boutiques de Brighton, chez JuJu, chez Pink, fait la pirouette sur Picadilly Circus, plongé dans le vide, au-dessus de Big Ben et du matelas gonflé de mes ambitions.

             J’ai vu dans la foule des Anglais des gens bien étonnants : un garde de la Reine avec un grand chapeau en fourrure, un gentleman avec une tête de Sherlock Holmes et beaucoup d’Indiens. Les Anglais sont tous très très stricts. Il y a des caméras partout, difficile de passer inaperçu ! Ils sont tous adeptes de la téléréalité. Je revois déjà, comme dans un film, Jack, ce garçon d’apparence si serviable, avec sa face cachée, Jolène, qui passe son temps accrochée au téléphone et le chien Max, Max doggie, qu’un grand-père sévère appelle en frappant inlassablement sa canne par terre comme sur un djembé. « Max, come on, Max, come on ! » Les Anglais sont toute une bande, et ils empruntent tous les noms, ils s’appellent Michelle, Steven, Danny, Shashi, Atul, Tracy, Daniella, Niahm, Chris, Andrew et Shirley, Simon, Joey, Martin...

             J’ai vu les ruines du château de Guillaume le Conquérant. C’était il y a très longtemps et déjà le temps s’accélère, les minutes s’effondrent. J’ai appris comment s’était passée la guerre à Hastings, j’ai joué au ballon et j’ai fait des prisonniers. J’ai vu l’ancienne horloge, l’imposante Big Ben. J’ai vu l’heure mondiale et les lasers qui balaient la ville, balaient les minutes précieuses, rappellent inexorablement que le temps passe, que le temps passe, et j’aimerais déjà revenir.

            Le temps passe, le temps trotte à petite foulée dans Hyde Park. Et j’ai déjà compris que les Anglais mangent à 18h00, et que pour allumer la lumière dans la salle de bain, il faut tirer la ficelle. J’ai compris qu’en peu de jours, je savais dire quelques mots de plus en anglais. J’ai aussi compris que, dès le petit déjeuner, on avale céréales et beurre de cacahuète puis Corned beef et pudding tous achetés à TESCO. Gelée avec fruits à l’intérieur. Jelly à la surface gluante, consistante et lisse. Un peu comme les pates qu’ils ne savent pas cuire et qui ressemblent à du caoutchouc. Maintenant, je sais que les Anglais ne sont ni les rois de la cuisine ni les rois des produits frais. Peut-être juste les princes du Surgelé ! Just go your own way ! Just go !

             J’ai encore dans le nez la puanteur empoissonnée du port d’Hastings, les relents pollués de la ville de Londres, et la senteur sucrée des magasins de bonbons et de pancakes. Bakeries. J’entends encore la voix de l’audio-guide. Let’s go ! Lets’s go ! Come on ! J’ai entendu des chansons qui ne passent pas en France et j’ai entendu vingt sirènes de police et d’ambulance. J’ai compris que les voitures ne roulent pas dans le même sens que nous et que les bus ont deux étages. Encore une ambulance ! Encore une voiture de police. Déjà mon paquet de gâteaux au chocolat n’est plus de ce monde. Time is running down the river !

             Je me souviens du shopping en ville, shopping in the city, je me souviens de la relève des gardes, de la drôle de voix de Bob l’Eponge à la télé. Je me souviens du goût du thé anglais. Du brouillard dans les rues d’Hastings, de ce brouillard qui me collait tant à la peau, que je croyais pouvoir l’attraper. Je me souviens des rues et des maisons très kitch, de la couronne royale et des rubis. Je me souviens de l’or et des diamants, des bijoux de la Reine et des voitures de luxe. Des posters des filles en string dans la chambre de Jack et des caméras à tous les coins de rue. Je me souviens de toutes les petites boutiques et j’avais plus de sous à dépenser, des longues heures de car avant d’arriver, du contact de la moquette sur le ferry et des remouds des vagues qu’on voyait à partir de nos hublots. Je me souviens des fous rires, des pique-niques, du défilé de la Saint Patrick, de la soirée au pub « The Olde pumphouse ». L’Angleterre m’a tout pompé, I’m like the old man of the pub ! Je me souviens de tout ! Remember everything !

 

blog10.jpg

Voir les commentaires

En Angleterre ! Version réalisée à partir des notes de voyage des élèves de 4°F : 3/4

Publié le par Eric Bertrand

             On dit que quand les corbeaux de la Tour de Londres sortiront, l’Angleterre sera envahie.

             J’ai laissé s’envoler les corbeaux de mon ennui et j’ai déployé mes ailes au-dessus de La Tamise. Angleterre, c’est moi qui t’envahis ! Londres, Trafalgar Square, Hyde Park, Greenwich, Hastings, Brighton, me voilà !

              J’ai contemplé l’horizon, survolé sur une magnifique colline verte, les ruines du château de Guillaume le Conquérant. C’était il y a très longtemps... Comme le temps passe, my god ! J’ai moi aussi affronté les Anglais, ils ne sont pas si terribles que ça, même s’ils manquent parfois de politesse ! Dans ma famille, le champ de bataille est aux toilettes, masques à gaz et grenades garnissent encore les murs. La balle est au prisonnier. Water closed !

               Les Anglais sont maniaques. Dans les maisons sans volets, ils aiment le ménage. Mais ils aiment aussi les chats. Dans ma famille, il y en a huit. Moi, je protège la souris de l’ordinateur. J’adore protéger les souris et effleurer les touches du clavier qui est très différent du clavier français. Ça me fait du bien de caresser les touches et d’écrire dans ma langue natale. De toute façon, ici, ils sont tous nuls en français, Lisa et Michael, Shashi, Amanda et Robi, Simon, Linda, Marion, Star, Tash, Martin, Lesley... Pas un pour racheter l’autre !

                Les doigts sur le clavier, je préfère les écouter parler. D’ailleurs, ils parlent tellement vite qu’on a l’impression qu’ils chantent. On croirait entendre des oiseaux. Ils mangent un peu les mots. Moi, j’ai un peu progressé en anglais, mais j’y arrive toujours pas. Ils sont vraiment plus doués que moi !  Normal, ils sont anglais ! C’est peut-être aussi parce qu’ils mangent des trucs vraiment spéciaux, des nuggets de poulet géants, du chicken poivré, de la pizza aux frites, des gaufres à la pomme de terre, du poulet à l’ananas, des petits pois crus, des choux-fleurs à la vapeur et de la compote de pommes à la custard ! Girls, breakfast is ready !...

                  De toute façon, ici, c’est mieux qu’au collège ! Et j’ai déjà appris plein de choses ! Je me suis fait le palais ! Ma bouche, c’est Buckingham Palace ! Le soir, on mange à 18h00, et le matin, au petit déjeuner, on avale de la confiture au gingembre qui a un goût de savon, du beurre de cacahuète, des toasts et des corn flakes. Pour le pique-nique, on me file des rouleaux de pâte fourrés de carotte, de salade et de jambon, et au dîner, place aux pâtes sans garniture, aux flageolets sucrés et à la mousse à la fraise sur lait de fraise... Would you like a drink ? Et il n’y a même pas de serviettes pour s’essuyer à table !

                   J’ai dû quitter ce beau pays après une nuit en discothèque.

                     Dans le tonneau de ma mémoire, les fish and ships dansent avec les muffins au chocolat. Les lumières des lasers s’allument comme les phares des voitures qui ne roulent pas du même côté que nous... Les voitures roulent et le son s’amplifie. Les voitures roulent et les feux rouges sont des spots qui ne passent pas au vert comme en France. Les décibels me tapent les tempes et je crois entendre les vagues cogner contre le bateau. Je revois les galets multicolores sur la plage, les milliers de coquilles d’or sous la coupole de la salle de musique, les punks aux cheveux blonds, aux crêtes vertes, bleues ou roses, à tous les coins de rue. Je revois la relève des gardes qui font le guet à cheval, les gardes figés sous les grands chapeaux poilus. Je revis la chasse au trésor. Je revois l’or et les diamants, les bijoux de la Reine. J’entends encore les sirènes des véhicules de police et de pompiers... Je n’ai rien volé du trésor de la Reine, je le jure ! Je revois les Ferrari et toutes les autres voitures de richous. Les Anglais ont presque tous des belles voitures. Je ne suis rien qu’un humble froggie en balade, just a nice frenchy on holidays. Je n’ai rien à déclarer. Nothing to declare ! Je respire encore l’odeur des huit chats et le vomi du chat Freezer que le chien venait avaler. Je respire les bonnes odeurs de fleurs dans les parcs. Je garde dans la gorge le goût de la crème anglaise chaude, nappant des  morceaux de banane et, oserai-je l’avouer, le goût de la mousse à la fraise, aussi savoureux que le regard de la fille que j’ai croisée avant de partir. Je n’ai pas osé lui parler. You are a very good and beautiful girl. You are England…

 

blog42.jpg

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>