Juke-box n°5 : la légèreté perdue des chansons de Joe Dassin
C'est un univers simple et léger où on passe son temps à se balader sur les champs Élysées ou aux jardins du Luxembourg jusqu'au moment où on tombe amoureux d'une modeste boulangère qui vend de craquants petits pains au chocolat. Alors, on va au Café des Trois Colombes, souviens-toi, c’était un jeudi ; on se sent seul au monde, peut-être qu'on n'a rien mais on a toute la vie. On marche en parlant, on refait la philo, ceux qui vous regardent vous disent en vous voyant passer : "salut les amoureux". On est plein de délicatesse et de précaution, on réserve des chambres à part parce qu'on n'aime pas montrer qu'on s'aime à 18 ans à peine ...
Chez le chanteur au pantalon blanc à pattes d'éléphant, on fait partie de l'équipe à Jojo et on part pour des étés indiens avec des filles en robe longue qui ressemblent à des toiles de Marie Laurencin. On roule à bord d'un vieux tacot avec des marguerites qui fleurissent sur le capot et on rêve d'Amérique, « je veux l'avoir et je l'aurai » ...
Et même si ce n’est pas toujours très gai, même si tu t'appelles mélancolie et qu'un jour « il était une fois nous deux », ça va pas changer le monde... Les deux mains sur le ceinturon, Joe Dassin peut l'affirmer tranquillement, ce monde-là va continuer sans nous et il aura bien raison...
Certes, on garde au fond de soi une forme de tourment, un sucre mélancolique, mais rien de vraiment inquiétant ne menace les fleurs, là-haut sur la colline, ni la chanson de celui qui siffle tant qu'il peut. Dans l'univers paisible de Joe Dassin on ne connaît ni la haine, ni les bombes, ni le changement climatique, et à la place de tous les sifflets de Trump et de sa bande à Bonnot, on chante encore la chanson de l’Eldorado ...
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