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Dosette de lecture n°185 : Gaëlle Josse : « Le Dernier gardien d’Ellis Island », quand les hélices continuent de tourner…

Publié le par Eric Bertrand

Au moment où, en 1954, ferme le centre d’Ellis Island, dans quel état d’esprit celui qui a été témoin des grandes migrations aux États-Unis se trouve-t-il ? John Mitchell, directeur du lieu, est aussi le narrateur de ce récit qui permet à son auteure de parcourir toutes ces années au fil de la mémoire de celui qui a vu défiler devant lui des populations venues du monde entier.

Dans son journal intime, il confie avec émotion les épisodes forts de son existence, notamment le souvenir de deux femmes qui ont beaucoup compté à ses yeux : sa jeune épouse Liz, partie trop tôt et Nella, une immigrante sarde avec laquelle il vit une brève liaison amoureuse.

Derrière ces expériences personnelles, se perçoit une grande humanité et un regard douloureux posé sur tous ceux qui venaient là dans l’espoir de franchir « la Porte d’or ». Ainsi, au moment de son départ définitif, John Mitchell cite le passage d’un ouvrage de l’écrivain exilé hongrois Giorgy Kovacs qui relate la déconvenue qu’avec les siens, il a ressentie à son arrivée aux États-Unis : « L’Amérique que nous avions tant désirée se réduisait à un camp de fonctionnaires empressés et frileux, chargés de tenir à distance toute tentative d’approche d’une pensée divergente, tous les germes d’une possible déviance intellectuelle. L’Amérique savait ouvrir grand les bras, elle nous a montré qu’elle savait aussi brutalement les refermer. »

Par les temps qui courent, cet extrait résonne aussi de façon bien sinistre…

Dosette de lecture n°185 : Gaëlle Josse : « Le Dernier gardien d’Ellis Island », quand les hélices continuent de tourner…
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