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Juke-box n°20 : Jane Birkin : “Baby alone in Babylon”, les larmes sous les paillettes...

Publié le par Eric Bertrand

L’air vous semble familier ? Il s’agit du troisième mouvement de la Symphonie n°3 en fa majeur de Johannes Brahms… L’un des charmes des chansons de Gainsbourg – et notamment de celles qu’il a composées pour son égérie Jane Birkin – tient non seulement à la délicatesse des paroles, aux nombreuses références littéraires, mais aussi à l’emprunt à des morceaux de musique classique. C’est le cas de cette Baby alone in Babylone, où Brahms accompagne la mélancolique déambulation « dans la nuit métallique » d’une jeune actrice qui « recherche un rôle, les studios et les traces de Monroe » qu’une autre chanson de l’album appelle « Norma Jean Baker ».

Mais comme l’indique également la chanson de Souchon Ultra moderne solitude, tout n’est pas aussi fluide et lumineux qu’il y paraît « Boulevard d’Haussmann à cinq heures » et, au contraire, ça klaxonne dur. Malgré « le strass » et les paillettes, malgré les « Pontiac et les Cadillac », les « poussières d’étoiles éphémères », l’errance dans l’une des Babylone modernes – on pense aujourd’hui tout particulièrement à Doha – ou sur le prestigieux « Sunset boulevard » comporte des risques. Dans son « boulevard du crépuscule », Baby alone rêve d’éternité, mais elle est dépassée et, comme son idole, se sent « nue en diagonale » ; peut-être redoute-t-elle déjà, dans la poche intérieure de sa veste, à l’endroit du cœur, l’effet des « cinquante nembutal » que le « le chef du District d’L.A » constatera un peu plus tard sur le corps de la malheureuse Norma Jean Baker.

 

Juke-box n°20 : Jane Birkin : “Baby alone in Babylon”, les larmes sous les paillettes...
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