Juke-box n°18 : Bernard Lavilliers : « L’ailleurs » La mort des amants ?
Qu’y-a-t-il après la vie ?
Moi qui, comme beaucoup d’autres « morts cliniques », suis revenu de cet « ailleurs », je me suis toujours posé cette question car l’expérience n’avait rien de douloureux, ni de traumatisant. Bien au contraire. Michel berger parlait de « s’en aller dormir dans le paradis blanc », et Bernard Lavilliers, lui, évoque « ce tunnel blanc qui est si confortable ». Dans ce chemin vers l’au-delà, cet « on the road again » où on « attend que la mort nous frôle », l’épreuve ne se réduit pas à un mol assoupissement des souffrances. Bien au contraire, il s’agit de « dormir en attendant la suite », et de se sentir tout à coup « Lazare ébloui par le jour », accompagné par « une musique qui plane ». On le sait, « la musique est un cri qui vient de l’intérieur ».
Brassens, lui aussi, rêvant de Sète et de « pin parasol », anticipait sur « l’éternel estivant qui fait du pédalo sur la vague en rêvant » ; mais il assumait seul la « supplique ». Au contraire, Lavilliers comme jadis Baudelaire dans sa « Mort des amants », pense surtout à « celle qu’il aimait d’un amour fou, sa complice, son âme ». « Aux couleurs du couchant », « deux vastes flambeaux » brillaient dans le poème des Fleurs du mal ; de la même façon, dans cette chanson les deux amants ont « passé le labyrinthe » et se disent, malgré « la froideur du temps » : « je suis là, je suis là. » On le voit, dans les chansons, les poèmes ou les contes, « l’amour est plus fort que la mort ».
/image%2F0571675%2F20260311%2Fob_e874f8_lavilliers.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FnNUu4In0wMA%2Fhqdefault.jpg)