Juke-box n°21 : Johnny Halliday : « Mon Amérique à moi », malgré la poussière et le sable.
Sur des paroles de Philippe Labro, celui qui sillonnait les routes avec sa Harley du côté de Monument Valley ou de la Vallée de la Mort, Johnny Rider, évoquait ce qu’a toujours représenté à ses yeux une Amérique qui, hélas, est en train de disparaître derrière le spectacle pitoyable que son bouffon de président lui fait jouer à coups de son pitoyable et dangereux bonnet à clochettes.
Mais ce fou qui se veut roi a beau s’évertuer à nier les populations, à réinventer le passé, à discréditer la science et la pensée, à écraser les différences et les livres, à imposer des normes, etc… aucun de ses grelots, aucune de ses marottes n’effacera les reliefs profonds de la mémoire américaine. « Mon Amérique à moi, c'est jamais les gratte-ciels, ni les flics, ni les fusils, ni la drogue, ni le sang ; c'est plutôt les enfants qui sur leurs vélos rouges distribuent les journaux aux portes des maisons … »
Johnny qui a sillonné si souvent ce grand territoire, « depuis l'Hudson River jusqu'en Californie » ou « entre Nashville et Bâton-Rouge » - comme ça a été mon cas en 1983 - garde toujours en lui « quelque chose de Tennessee » et se trouve, à travers cette chanson, dans la position de ces résistants qui, dans le livre Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, parviennent, grâce à leur mémoire, à sauver les ouvrages des flammes et des bûchers.
Et en l’écoutant, je retrouve moi aussi des vestiges bien vivants sous le sable et sous la cendre… Pas forcément « un petit studio en Floride dans la banlieue, près d'Orlando », ni le souvenir « d’une fille en jean qui marche en rêvant près du Mississipi », mais plutôt, d’est en ouest, des images croisées d’interstates, des fragments de route 66 qui prennent des airs de tableaux de Hopper, des compagnes et compagnons rencontrés au fil des kilomètres et dont les visages ressemblent, c’est vrai, à des « figurants de western » ou à des personnages de « films noirs et blancs »… et, dans mes romans américains, La Route, la poussière et le sable et Taper la route, j’ai essayé de les ressusciter. Comme dans Mon Amérique à moi, la plupart d’entre eux respirent encore en moi et me parlent toujours de diversité, de démocratie et de Liberté.
/image%2F0571675%2F20260401%2Fob_a083d3_amerique-a-moi.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FrUcPUAeaTC0%2Fhqdefault.jpg)