Dosette de lecture n°171 : Giraudoux : Ondine, l’onde et l’ondine de choc
Est-il possible de tomber amoureux d’une créature qui n’habite pas le même monde que nous et est-il possible que cet amour résiste au temps ? C’est la question que pose Giraudoux dans cette pièce insolite qui met en scène une troublante créature, « une ondine » de quinze ans, belle comme le « wasserfall blond » que Rimbaud devine à l’aube, « échevelée à travers les sapins ».
Cette innocente Ondine s’entiche d’un beau chevalier, un certain Hans, dont elle ne parvient pas à admettre les insuffisances et les infidélités ; avec la vigueur du torrent, elle s’accroche à une image comme au miroir de l’eau : « Il m'a dit qu'il m'aimerait toujours. » Pourtant, le spectateur apprend que le joli cœur a promis de se marier avec la princesse « Bertha » et que rien ne pourra l’en empêcher ; il appartient à un monde qu’Ondine ne parvient pas à comprendre, un monde beaucoup trop mesquin et trop limité pour ses aspirations. Hans, lui-même le déplore : « Ce n’est pourtant pas tellement attrayant la vie humaine, avec ces mains qu’il faut laver, ces rhumes qu’il faut moucher, ces chevaux qui vous quittent. »
Mieux vaut pour notre Ondine le fond de la rivière que les reflets trompeurs et éphémères qui scintillent en surface !
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