Parenthèse dans le journal. Avant la découverte finale du livre, c’est le temps des bons de souscription. L’éditeur
tient à cette pratique et me fournit toujours de jolis bons, avec la photo de couverture et le texte du quatrième de couverture (en noir et blanc sur le bon, elle sera en couleur
sur le livre)
Voici donc une partie du fameux bon, sans la
photo…
Deux versions d’une seule et même fable sicilienne qui se joue en partie sur un ponton, situé sur la plage
de Torremuzza, à proximité de la petite ville de Santo Stefano di Camastra, connue pour ses céramiques. Sur ce ponton, cinq adolescents font leur expérience du monde…
En même temps, cet été là, « la Befana sotto le stelle » propose, du côté de la
Porta Messina , un nouveau spectacle de contes destiné aux enfants du pays.
« La Befana sotto le
stelle », c’est le nom de scène de deux vieilles dames excentriques, Carolina et Francesca, conteuses qui
incarnent la tradition sicilienne et inventent des histoires fondées sur le patrimoine local : la céramique, les marionnettes, les chansons…
Carolina et Francesca s’inspirent également de ce qu’elles voient, un monde en devenir dans lequel les
enfants qu’elles ont connus sont devenus des grands.
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Rubrique Goncourt : « Ouest »
Comme je l’ai déjà indiqué dans cette « croisière du Goncourt », mon rôle en cours est de fournir
aux élèves non des avis tranchés sur les romans de la sélection mais des clés pour leur faciliter l’accès et peut être leur donner davantage l’envie quand « le roman ne passe
pas ».
Un mot sur Ouest pour commencer cette semaine… Le héros vit dans un château
reculé de Normandie. C’est un noble un peu dégénéré, sorti tout droit d’un roman de Barbey d’Aurevilly, marqué par la figure dominatrice du père. Quand le père disparaît, il se
retrouve à la tête du domaine et éprouve des difficultés à imposer une ligne cohérente à son comportement et à ses idées. Il semble renier l’idéal royaliste, et abandonner le « blanc »
pour « le bleu ».
Il est républicain et son garde-chasse, le solide Lambert a du mal à cerner ce maître plutôt fantasque et
inquiétant. L’Histoire frappe aux portes du château : le maître épouse les idées de la République, s’absente un long moment, revient blessé des barricades, s’entiche de la figure de
Victor Hugo dont l’exil lui donne à réfléchir…
C’est l’occasion bénie d’un cours sur Victor Hugo ! Le Hugo politique des Châtiments mais
aussi le Hugo lyrique des Contemplations : ainsi, je rattache à cette présentation deux objets d’étude : le biographique et la poésie.
D’abord deux mots d’explication à la situation politique : un siècle tourmenté, où se croisent des
mouvements divers. Monarchie absolue, Empire, République, Révolution… Des éléments qu’on trouve dans tous les grands romans du 19°, notamment les Misérables (voir à ce propos l’ouvrage de
Mona Ozouf : « les Aveux du roman. Et puis l’engagement de V. Hugo, son exil… La figure de Lamartine, citée dans le livre, celle de « Napoléon le
petit »…
Je fournis aux élèves un poème lettre extrait des Contemplations « Pour Auguste
Vacquerie », un poème de la Légende des siècles, « le crapaud » afin de réfléchir sur la pensée de Hugo et son sens de la nature en
même temps que de l’Histoire, enfin la fin du poème : « Ultima Verba » des Châtiments.
Autre étape, celle qui consiste à mieux apprécier le style de l’auteur. La clé, c’est celle du
discours indirect libre. Les personnages vivent à travers la narration et cela crée un rythme particulier et une prose savoureuse. Exemple dans deux extraits qui
mettent en scène le grand discoureur qu’est (à ses heures !) le baron.
En guise d’exercice d’écriture : la rédaction de la lettre du personnage
principal à Victor Hugo. Le but du jeu, c’est de reprendre les références chères au grand homme.
Réaction de collègue :
Les ouvrages sont enfin arrivés pour la cinquantaine d'autres élèves qui harcelaient les documentalistes depuis la semaine dernière, et j'ai appris aujourd'hui que Stéphane Audeguy avait la
gentillesse de venir à Maubeuge en janvier pour discuter avec l'ensemble des élèves intéressés à Pierre Forest: cela a pu être possible grâce à une des libraires de la ville qui a pu contacter
les maisons d'édition. Si un auteur accepte de venir à Maubeuge (à Maubeuge!!!), je ne doute pas qu'il vous soit possible d'organiser d'autres rencontres dans d'autres villes.