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civilisation ecossaise

The special touch of Caithness

Publié le par Bertrand

Je suis en ce moment, et les lecteurs de ce blog ne diront pas le contraire, dans une période d’hommage au Caithness. Rappelons le, le Ceilidh porte une dédicace « aux gens du Caithness » et le clan Sinclair prépare la newsletter du printemps à laquelle j’ai l’honneur de participer. Je viens de leur faire parvenir un nouvel article retrouvé dans mes archives et consacré à ma perception du Caithness telle que je l’avais décrite au moment où, en juin 84, je m’apprêtais à quitter la région. Voilà cet article tel que je viens de l’envoyer et qui fera l’objet d’une parution dans une édition ultérieure de la newsletter.
 
              “What a miserable day!” and people are struggling back to their houses as if the smell of peat or coal was drawing them away from the stormy landscape. The train, like a monster at the top of Station Road blows its last whistle and throws itself towards the moorland, through the snow and the lights of the station softened by the heavy fall... It seems to be a kind of old fashioned loaf put into an oven. Going along Wick River, it will meet the other train coming along Thurso River, and after the junction, give you a real feeling of adventure through the bad weather in the moorland among the many prehistoric remains hidden beneath peat.
              “That’s winter !”, the impressive winter of Caithness, stretched away from the heart of the country. The blocks of ice come down the rivers, through the towns of Wick and Thurso, down to the sea where they finally follow the natural rhythm of the tides...
              On certain days, from the bridge, I think the river is a link between the crashing waves of the Creation and the setting ices of an early moving glacier : it seems Caithness is the stone of meeting waters, erosion and time. Time flowing away, as quickly as the high and fresh clouds rushing their way through the high winds, time blowing through our old ruins of Auld Wick and Sinclair Girnigoe castles, giving to them a sense of mystery. Nobody would approach them at that time of the year, except with a bottle of whisky to keep the body warm and the ghost stories alive !
              Sheltered in the houses, it’s time to realize that the history of these castles is slowly dying away... But you surely still know the story of John Sinclair “starved to death” in Girnigoe dungeon... The striking words of the tale still blow in your memory as violently as the winds on the cliffs, slowly eroding into the rocks and the country itself.
              “Lovely day, isn’t it ?” and people are strolling about Bridge Street, feeling the light air, wearing their light clothes, mothers talking together, slowly pushing their prams. The waters have turned green in the river and the sun is still high in the sky when you can hear the whistle of the train leaving at 6.
              There is something changed : the winter cycle has gone by, here comes now a new cycle of time, with the longer and longer days, the miracle of nature dying to express itself through the many facets of life.
              “Up Helly Aa !” as they say in Shetland : the sun comes into the summer cycle, right to the climax of the midnight sun. The standing stones on the hills still keep an eye on the slow approaching lights of the solstice. Then, there is, in the atmosphere, a feeling of precious, magic moments : time doesn’t seem to pass... Maybe you’ll fancy going out at midnight, it doesn’t matter, it’s still bright ! Going along Wick River, right to the Fairy Hillock, maybe you’ll be entranced in this quiet area where the legend is slowly coming back to your mind as a part of the landscape.
 
              That is the special touch of Caithness : the blending of time and seasons And because of that, the casual tourist will never feel the real Caithness... Not the Caithness one can experience on a summer day, reflected in the smiling faces of people who have endured a long hard winter with tenacity and are now rejoicing in the sunshine.
 

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Le son Run Rig

Publié le par Bertrand

http://www.runrig.co.uk/
              Par le biais de ce site, je donne une coloration concrète et musicale à cet article. Le nom de ce groupe d’origine écossaise est familier aux lecteurs de ce blog et du « Ceilidh » puisque leurs chansons et mélodies occupent une place de choix dans la pièce (soit, pour ce qui concerne le livre, dans les didascalies, soit, pour ce qui concerne la scène, dans les marges destinées aux musiciens). Toujours au niveau de ce qu’on peut appeler « la mise en relief de la pièce », on peut noter en même temps que Run Rig, la présence d’un autre groupe dont le nom revient aussi et auquel je consacrerai un petit mot, c'est « Silly Wizard » et puis « Donnie Munro » dont il va être question.
              Ma découverte progressive de l'Écosse est jalonnée par le son Run Rig. En car, en train, en avion, à vélo, près de mon feu de tourbe dans ma petite maison de la Glamis Road que j’avais surnommée « Bételgeuse » parce que je disais qu’elle me rapprochait des étoiles … La première fois, c'était sur la route entre Thurso et Wick, à bord d'une voiture conduite par Iann, membre du club de plongée sous-marine (je m’y étais inscrit dans le but de faire des rencontres avec des gens plus jeunes qu’à la High School de Wick and Thurso).
              Il avait mis une cassette et je lui ai demandé ce que c'était. Il s'agissait du second album de ce groupe connu dans le pays depuis le fameux « Play gaelic », sorti en 1978, album consacré entièrement aux origines : la terre des Hébrides, les chants traditionnels, la musique dépouillée qu'on appelle « mouth music » ou « poch n’abhair » en gaélique. Celui qu'on écoutait s'appelait : « Highland connection », sorti en 1979 : d’après Iann, il était marqué par un son beaucoup plus moderne mais on y retrouvait en même temps les instruments traditionnels et la langue gaélique… C’était un soir d’hiver. Un ciel étoilé, réserve d’aurore boréale (au Caithness, il faut toujours regarder le ciel, c’est là que tout peut arriver…) On passait par l’itinéraire Castletown, celui qui traverse les zones de lande et qui longe pendant un temps la ligne des îles Orcades. Quand on arrive sur Wick, on aperçoit la Baie des Sinclair. Ackergill Tower. Sinclair Girnigoe castles. La musique s’inoculait au paysage et à mes veines. Moi, l’inconditionnel de Julien Clerc, Brassens et Gainsbourg, je découvrais quelque chose d’une essence inconnue. Peut être un peu de la lande des « menhirs » de Roda Gil et du mystère de Melody Nelson, mais dans une version démesurée.
              Iann a proposé de m’enregistrer cet album ainsi que le précédent. C'est ainsi que j'ai pu découvrir dans le détail ces chansons qui allaient me devenir si familières, ces chansons qui allaient me suivre partout...
              Par la suite, à chaque fois que je suis revenu dans les Highlands, j'ai acquis le dernier album. D'abord en cassettes, puis en CD, maintenant en MP3. J’ai appris en avril 2000 que le groupe s'était hélas dissout. Le chanteur du groupe a repris tout seul la carrière, il s'appelle Donnie Munroe, il a une voix exceptionnelle et on l'entendra aussi dans le spectacle. Ce que j’ai toujours apprécié dans la production Run Rig, c'est la puissance de voix et de musique, le son du gaélique qui continue d’émailler certains titres de Donnie Munroe, les pochettes aussi qu’on trouve reproduites sur les images du site. À mon sens, toute l’Ecosse est là.
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Lecture tabulaire du "Ceilidh"

Publié le par Bertrand

Pour bien se placer sur scène, il faut savoir quand entrer et sortir. Voilà le type de feuille affichée dans les coulisses afin que tous, comédiens et musiciens, pris sous le feu du trac, retrouvent au plus vite leurs repères !
 
Acte 1 :
Scène 1 : Le metteur en scène Ronald Mac Donald, a proposé à sa troupe de venir préparer sa nouvelle pièce dans les lieux mêmes qui l'ont inspiré. Heather (qui va jouer la princesse Fiona) est déjà venue auparavant avec lui repérer le secteur (c'est aussi à l'occasion de ce déplacement qu'elle a cédé au charme du séducteur, mais personne, à l’exception de Sheumas, ne le sait…). Elle est originaire de cette région du Caithness et elle retrouve en compagnie de son nouvel amant, le londonien Max, (qui va jouer le rôle de John) les terres de son enfance.
 
Scène 2 : Sheumas est le complice de Ronald. C'est lui qui manigance les choses et qui a tout organisé pour que le plan fonctionne : il joue avec les protagonistes de la pièce comme avec des pions. Par téléphone, il fait le point avec Ronald, alors que les autres membres de la troupe sont tous arrivés dans le secteur et que le ceilidh va avoir lieu dans le pub du Black Cat.
 
Scène 3 : la scène se passe dans une rue de la petite ville de Wick. Les trois comédiennes qui ont joué le rôle des sorcières dans Macbeth sont occupées à chercher le pub dans lequel doit se dérouler la première représentation publique du Ceilidh.
 
Scène 4 : la comédienne Rebecca, maîtresse attitrée de Ronald et ex-lady Macbeth est dans un état d'hystérie. Elle soupçonne son amant de la trahir et lui reproche amèrement de ne pas lui avoir confié de rôle dans sa nouvelle pièce. Ronald essaie de l’apaiser et la rassure en lui rappelant qu'il lui a quand même confié le rôle de la mise en scène et, d’autre part, l’a chargée de dire un extrait d’une tirade de Lady Macbeth, extrait qui le fascine et dans lequel l’héroïne exprime son tempérament monstrueux. Quand il parvient enfin à l'apaiser, il lui demande de l'aider à réaliser le crime qu'il a prévu : assassiner Heather. Après lui promet-il, ils seront enfin libres de s’aimer et partiront tous les deux vers l'Argentine
 
Acte 2 :
Scène 1 : pour tromper l'ennui dans le pub où elles sont arrivées un peu trop tôt, les sorcières font tourner les verres et invoquent l'esprit de John Sinclair.
 
Scène 2 : Max et Heather les rejoignent et plaisantent un peu avec elles. Mais le rire tourne court et les deux amants trouvent que décidément, elles ont trop mauvais goût !
 
Scène 3 : le « ceilidh » dans le sens de « fest noz » vient enfin de commencer, Sheumas peut annoncer l'entrée en scène de Ronald Mac Donald qui va présenter sa nouvelle pièce. Il laisse d'abord la parole à Rebecca qui « ouvre la cérémonie » en récitant la fameuse tirade. A travers un duo lyrique avec Sheumas, elle évoque ensuite le site de la tragédie et invite le spectateur à faire un effort d'imagination pour se transporter sur la Baie des Sinclair, du côté de Girnigoe et d’Ackergill, environ trois siècles plus tôt.
 
Scène 4 : John Sinclair est attaché dans le cachot du château. Il hurle son désespoir.
 
Scène 5 : le frère cadet de John, Georges, vient agacer son frère, à la fois par sadisme et par calcul : il cherche toujours à plaire à son père.
 
Scène 6 : alertés par les cris de John, le Master entre et encourage son fils à traiter encore plus sévèrement son aîné... Ainsi ce dernier se trouve-t-il purement et simplement autorisé à commettre un fratricide. Enivré par son pouvoir et son ambition, Georges invoque à son tour les « esprits meurtriers » de Lady Macbeth.
 
Scène 7 : reniflant la bonne affaire, les sorcières accourent. Elles concluent un pacte avec Georges et lui promettent le Pouvoir absolu.
 
Scène 8 : de l'autre côté de la Baie des Sinclair, la princesse Fiona souffre dans sa tour et exprime son désespoir. Les sorcières viennent la torturer. Excédée et dans un moment d’hallucination, cette dernière finit par se jeter au bas de la falaise et devenir celle que la légende appelle : « la Green Lady ».
 
Scène 9 : Georges s'apprête à tuer son frère en lui donnant une bouteille de whisky pour apaiser sa soif (il l’a auparavant nourri de viande salée…) Mais John, ivre d'alcool et de rage, parvient à le saisir et à l'étouffer avant de se cogner la tête contre les murs de son cachot.
 
Scène 10 : les sorcières reviennent triomphantes pour savourer le plaisir du carnage. Elles se disputent sur les corps étendus. Après une petite altercation avec ses deux comparses, Lou quitte la scène. Suzy finit, elle aussi, par sortir. On entend un cri qui vient des coulisses : c’est censé être celui de « la Green Lady », c’est en fait celui de Suzy qui vient de découvrir le corps inanimé de Heather. Le scénario du Ceilidh s’arrête là. La réalité a rattrapé la fiction et le piège prévu par Ronald se referme. Max, assommé par le faux thé glacé que contenait la bouteille de whisky ne peut plus réagir. Sur la scène, c’est l’affolement…
 
Épilogue : Sheumas a retrouvé l'embarcation qu'il avait préparée au bas de Girnigoe. Il amène à son bord Lou et Ronald. Rebecca, qui était venue au rendez-vous fixé par Ronald vient d'être assassinée par les deux amants diaboliques (c'est sans doute Lou qui a commis le meurtre, on sait que la nature de Ronald est, comme celle de Macbeth, «  trop pleine du lait de la tendresse humaine ». Sheumas a desserré le frein à main de la voiture de Rebecca pour faire croire à un accident. Le brouillard est dense. Le metteur en scène a décidément bien réussi son coup !
 
The far north of Scotland.
 
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Résumé du "Ceilidh"

Publié le par Bertrand

Je continue ces jours-ci « la fiche technique » du Ceilidh afin de le rendre le plus clair possible à tous ceux qui vont travailler avec nous, musiciens mais aussi techniciens avec lesquels je dois voir prochainement la question de l’éclairage, nouveaux lecteurs de ce blog…. Et puis, cette histoire, avec ses personnages et sa trame à la fois réels et fictifs, avec sa référence à Macbeth et à l’histoire de John Sinclair est un peu « baroque » et il faut un effort de rigueur pour faire comprendre à l’essentiel. Voici donc un résumé :
 
              Ronald McDonald est devenu célèbre en Grande-Bretagne depuis qu'il a mis en scène la seule pièce écossaise de Shakespeare Macbeth. Profitant de ce succès, il vient d’écrire une nouvelle pièce qu'il baptise le Ceilidh. Or, certains des personnages du Ceilidh ressemblent étrangement à ceux de Macbeth.
              Ronald distribue justement les rôles aux acteurs de la troupe qui ont déjà joué dans Macbeth. Le Ceilidh se passe au XVIIe siècle dans les Highlands d’Écosse, au Caithness. Il relate les événements tragiques liés à la famille Sinclair : un père, monstre d'ambition et d'orgueil, enferme son fils John dans le cachot de Girnigoe et le torture à mort parce qu’il a osé défier son pouvoir. Il réserve le même sort à sa fiancée, Fiona qui périt dans la tour d’Ackergill située non loin de Girnigoe. Son fils cadet, Georges, manipule dans l'ombre et cherche à gagner la confiance de son père pour obtenir à son tour le pouvoir.
              Telle est la trame de la pièce imaginée par Ronald. En même temps, et cela ne se révèle qu'à la fin, elle permet à cet instable de réaliser ses ambitions (changer de vie, abandonner le métier du spectacle, devenir maître d'un immense domaine en Argentine, épouser la fortune de Lou et se débarrasser de deux maîtresses encombrantes : Heather (qu’il a mise enceinte) et surtout Rebecca, l’intraitable amante, ex-lady Macbeth.
 
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les sorcières de Macbeth dans tous leurs états

Publié le par Bertrand

Répétition en toute intimité avec les trois sorcières en ce premier jour de vacances de février. Françoise est disponible le samedi. L’occasion de travailler en profondeur les scènes décapantes du trio infernal. La qualité de ces trois comédiennes, c’est qu’elles sont très flexibles et qu’elles n’hésitent pas à aller très loin dans le dérisoire. Ainsi, Diana, la plus pocharde des trois – interprétée par Françoise – est-elle affublée d’un long manteau dans lequel elle va piocher comme en une cartouchière, le feu de fioles de whisky. Elle en joue facilement tout au long de la scène.
              Equipée de sa casquette de rappeur et de son jean large, Angeline met au point son moment de rap. (Sans quoi ce texte ne pouvait pas passer la rampe !) C’est une véritable chorégraphie qu’il faut ajuster afin de faire fonctionner la machine à haranguer : gestes, doigts, déhanchements, nuques et chorus, interpellation du public…
 
« Suzy : (S’en prenant elle aussi à Diana) Yeux jaunes et paupières rouges ! Qu’as-tu fait dans le compartiment du Londres-Edimbourg ?... La clope en bouche !... (Elle mime la fumeuse) Locomotive à vapeur, une bouffée chasse l’autre ! (Elle mime le train à vapeur) Tchou, tchou !... (Elle s’essuie le front) La fumée sèche le gosier, la fumée donne soif ! (Elle mime la buveuse) La bière coule le long des bielles de locomotive… (Sur un rythme de plus en plus accéléré) La bière le long des bielles, la bielle le long des bières, la bière le long des bielles ! »
 
              Dans les jeux de scène, je leur ai demandé d’être par moments un peu commères, façon « joyeuses commères de Windsor »… Elles se chuchotent des choses à l’oreille, elles ricanent, elles sont malveillantes entre elles et avec les autres. « Gossips ! »
              Par ailleurs, le double langage des sorcières est source d’un jeu permanent avec le public, avec le fil de l’action et avec le groupe des sorcières. Il ne faut pas oublier le fait que, parmi les trois créatures, il y en a une, Lou, qui possède une longueur d’avance. En d’autres termes, elle est, dés la première scène, en complicité avec le metteur en scène, (Chose que semble avoir deviné la fine Diana, quand elle dit :
 
« Diana : (Elle s’allume une cigarette)Suzy et moi, on n’y est pour rien ! C’est toi qui as traîné dans la chambre ! Moi, je voulais ressortir tout de suite ! Mais toi, on se demande toujours pourquoi tu traînes tant quand tu es dans une chambre ! »
 
Fébrile, elle manigance le meurtre à venir, elle est de plain pied dans le réel… alors que les deux autres sont dans la fiction théâtrale et ne désirent qu’une chose : être en mesure de bien jouer leur scène dans le Ceilidh
 
« Suzy : J’ai l’impression de ne pas être prête. Rien que le fait de jouer aux sorcières, ça me donne le trac ! »
 
              Il y a cependant des moments où Lou se laisse entraîner ou plutôt dirige le jeu des autres : je leur suggère de faire sentir au spectateur qu’elles ont un pied dans la sorcellerie et un pied dans l’humanité (par la fibre d’une sexualité débridée !) Ainsi, quand, à la fin de la pièce, elles se disputent les cadavres de John et de Georges (nouveaux Etéocle et Polynice !), Suzy s’attarde à contempler John. Cette sorcière, beaucoup plus jeune et malléable que les autres a un côté Ondine… Et la blonde Angeline le joue bien… Elle cherche à imposer sa féminité, étouffée par les moments de frénésie passagère de Diana et Lou. C’est notamment le sens de la scène où, après avoir fait tourner le verre et invoqué l’esprit, elles rivalisent devant l’esprit comme devant un beau mâle :
 
« (Le verre tourne de plus en plus vigoureusement, ce qui entraîne de comiques gesticulations autour de la table et favorise une scène d’hystérie collective.)
Lou : Hein ?... Hein ?...Esprit es-tu là ? Esprit, es-tu là ?... Hein ?... Hein ?...Esprit calme-toi, j’ai du mal à te suivre !
Diana : (En transe, la bouche en avant, la tête jetée en arrière) Esprit, voilà ma bouche !... Prends ma bouche ! Prends nos bouches !
Suzy, Lou : Prends nos bouches !
(Commence alors une « compétition » du genre burlesque)
Lou : Prends mes bras !
Diana : Prends mon souffle !
Suzy : Prends mes seins !  
Lou : (Elle sent manifestement quelque chose et cela se traduit par un geste solennel et grandiloquent) Levez-vous, tempêtes sur la mer ! L’heure de la tragédie est annoncée ! »
 

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