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civilisation sicilienne

Gesticulations

Publié le par Eric Bertrand

Pour ajuster le jeu des acteurs, j’ai observé le comportement des Siciliens qui pratiquent une langue doublée d’une gestuelle au sud de Naples comme me l’a confirmé mon ami Gaetano... En voici des exemples courants (qui font partie du spectacle de la rue…) et qui pourrait être utilisés par les comédiens afin de renforcer leurs allures siciliennes.
             (Les doigts et la paume des mains sont à la base de toute cette gestuelle symbolique) :
-          Pendant que Gigi prend le café au bar, appuyer l’index sur la joue et effectuer un quart de tour avec le reste de la main. Cela implique qu’il savoure ce qu’il boit.
-          Quand Gilda passe dans la rue, les deux garçons s’extasient… La paume de la main tourne en même temps que le bras. Cette rotation lente d’hélice de ventilateur implique une admiration teintée d’ironie.
-          Quand Gigi s’interroge sur le ponton : les doigts sont serrés, le coude est plié, et effectue un mouvement de haut en bas. Cela suggère l’interrogation, l’indécision du personnage…
-          Je ne dirai rien de la gestuelle de l’automobiliste qui ajoute une touche supplémentaire au caractère baroque déjà évoqué à propos de la circulation en Sicile. On évitera au spectacle une complaisance à l’outrance et à la vulgarité. Sur ce chemin la, l’automobiliste français n’est parfois pas loin d’avoir trouvé la pente sicilienne…
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Spettacolo nelle vie...

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La procession du vendredi saint

Publié le par Eric Bertrand

En cette période de Pâques, c’est évidemment Semaine sainte en Sicile… Dans les cités, grandes et petites, agitation dès le matin. La procession va avoir lieu… On sort le corps du Christ supplicié, visible au travers d’un catafalque porté par un cortège d’une dizaine de personnes, dont la plupart sont âgées. Deux Suisses, en grande tenue, le soutiennent sur leurs épaules à l’aide de longues barres transversales. Une petite statue de la vierge suit quelques mètres, puis une foule compacte, noire sous la nuit et le vêtement...
              Les visages sont graves, recueillis. S’élève une longue psalmodie que reprend la musique funèbre jouée de façon lancinante par la fanfare. Entre deux sections de la promenade, la procession évite soigneusement les deux bars du coin de la porta Messina où, vespa effrontée, circule une musique beaucoup plus prosaïque.
              Soudain, elle s’immobilise devant le bureau de tabac qui ferme son rideau de fer. Où sont donc passées nos « saintes à la procession » ? Porta Palermo et Porta Messina, la procession passe. Les quelques adolescents et adolescentes, solidement encadrés par les aînés, défilent aussi consciencieusement, le regard parfois conquis par l’élan collectif et spirituel de la cérémonie, souvent contrits « dans des habits puant la foire et tout vieillots » comme l’écrit le jeune Rimbaud à qui « la Mère Rimbe » imposait des grimaces « pommadées ».
Musica sacra e musica profana...

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Des saintes à la procession…

Publié le par Eric Bertrand

Reprise du reportage sicilien aujourd’hui… On se souvient de la remarque moqueuse d’Ornella qui s’adresse à Tiziana et à Lauredana :
 
« (…) Ornella : n’exagérez pas toutes les deux ! On dirait que vous êtes des saintes à la procession ! Elle ne fait de mal à personne après tout ! Et puis… (Elle montre l’horizon d’un geste évasif) c’est au large !... Pas sur la plage ! (…) »
 
Ou de celle de Gigi qui dit à leur propos :
 
« (…) Gigi : (il parodie les trois filles) : Tiziana, Lauredana, Ornella, modèles de sagesse et de bon comportement ! Les parangons de vertu !... Tu vas voir ! On va les mettre à l’épreuve ! Secouer leurs principes !... Tu te souviens de l’histoire de la Befana sotto le stelle ? On va faire tomber les armures !... Moi, c’est comme ça que je la comprends la légende d’Angelika ! (…) »
 
              Ces éléments du texte renvoient directement à une réalité en Sicile : la présence du culte religieux et la vitalité de certaines pratiques rituelles… Je reviens demain sur l’évocation d’une procession dans les rues de Santo Stefano.
Stai tranquilla, c'é la processione...
 

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Répétition du 24.04 : conjonction entre comédiens et musiciens

Publié le par Eric Bertrand

              La conjonction des musiciens et des comédiens opère peu à peu, mais ce n’est pas sans difficultés que nous partageons la scène. Beaucoup de monde, d’instruments, de larsens, de sensibilités diverses… On interrompt souvent pour accorder un instrument, fixer un morceau, guider un chanteur… Les comédiens ne retrouvent plus les conditions de jeu habituelles, ils sont perturbés, obligés d’attendre sur la scène ou en coulisses, ou dans la salle que le morceau soit réglé. « L’Italiano » ne démarre pas ! « Gigi l’Amoroso » ne trouve pas la « note bleue » ! Paolo Conte piétine… Et puis par moments, la magie prend, un air en suspension, un enchaînement particulièrement réussi, une complicité entre le texte et la musique, le comédien et le musicien… Image oasis qui donne une image rêvée du spectacle à venir…
              Nous n’en sommes pas là, il y a, à l’issue de cette répétition (et dans la perspective des nombreux fériés qui s’annoncent…), nécessité de fixer des rendez-vous et de jouer à la fois « dissociation » et « conjugaison » des deux groupes. Je propose aux comédiens deux rendez-vous pour « redonner la priorité au texte » : jeudi 3 et jeudi 10 à partir de 19h30 au Moulin. A ce rendez-vous s’en ajoute un autre avec les musiciens qui promettent de se rôder d’ici là, le samedi 12 mai à partir de 13h00 au Moulin. A ce moment, les choses devraient avoir progressé…
Musica sulla barca...

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Question de parcours

Publié le par Eric Bertrand

« (…) Carolina : elle plongea dans le Détroit de Messine, entre Charybde et Scylla, longea longtemps la côte, s’écarta un peu sur les collines, cueillit les fleurs et les oranges, marcha dans les temples et les théâtres antiques, s’enfonça dans la montagne, but du bout des lèvres le vin de l’Etna, grignota quelques amandes (…).
 
              A la veille d’un bilan sur la répétition d’hier, je reprends en écho à ce que relatent les diapos, le fil du reportage… Le voyageur en Sicile est confronté à l’embarras du choix. Où aller ? L’île est immense. Les routes sont sinueuses dès qu’on quitte les rivages. Les courbes de niveau sont importantes. Axons notre parcours sur l’itinéraire indiqué dans le ponton.
              Détroit de Messine, port de Milazzo, plage de Capo d’Orlando, s’enfoncer dans les collines et traverser les sites archéologiques (Ségeste, Selinunte, Piazza Armerina…) Et le fantasme des produits de la Terre, les oranges déjà mûres, les amandes, le vin de L’Etna, il porte le nom de « Cyclopeo », et puis du côté de la mer, poulpes et espadons : ce sont des pêcheurs locaux qui apportent le poisson. Je les ai vus mouiller la barque un matin, alors que je m’étais installé sur les galets de la plage de Torremuzza pour traduire en italien la légende d’Angelika. (Je reviendrai sur ce motif)
Pescatori a Torremuzza...
PS : à la demande de certains de mes lecteurs, je donne une traduction des commentaires italiens qui ont été récemment postés par Marinella.

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