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Printemps des livres à Loudéac

Publié le par Eric Bertrand

              Le dernier salon du livre après une série qui a commencé en 1998 avec Black Polaroïd et l’aventure de Colette If du Loup des Acqs. À cette période, j’avais un stand indépendant et des élèves écrivains puis acteurs m’entouraient. Puis, il y a eu Chaussée de la Madeleine de Proust, Jack, on the route again sous le même label. Enfin, le théâtre a relayé… l’idée était toujours d’assurer une animation sur le stand : musique, lecture de textes, petits gâteaux même à l’occasion.
              Mais depuis trois ans, je suis chez Majuscule, encadré par des collègues écrivains. Je vois circuler toute la journée les visages loudéaciens, des collègues, anciens et nouveaux, des élèves, des comédiens de la troupe élargie du temps qui passe, des amis... L’occasion de reparler à chaque fois de destins ou de livres. J’en ai six séries devant moi et je suis toujours étonné de la diversité des demandes… ce n’est pas le seul Ponton qui attire les gens mais encore et toujours la Route, la poussière, le sable ou encore les Nouvelles pour l'été, le Ceilidh et autre Tennessee Club. Les motivations des lecteurs sont variées, « pour compléter la collection », « pour partir à l’aventure », « faire un cadeau » …

              On parle aussi beaucoup du spectacle à venir. Certains ont déjà acheté le livre et vont le relire avant le spectacle, d’autres préfèrent attendre de voir avant de lire, d’autres encore ont lu la version narrative mais souhaitent découvrir complètement la version dramatique. D’autres encore me reconnaissent parce qu’ils m’ont simplement vu dans le journal. Je rappelle le rendez-vous, est-ce besoin de le faire sur ce blog, le 22 mai et le 2 juin prochains.

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Tempo per parlare coi lettori...

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L'homme qui rit and co... Progression de la lecture et de la réflexion

Publié le par Eric Bertrand

J’ai parcouru les Misérables en trois jours, notamment réfléchi sur le chapitre « Javert déraillé » qui pose la question du « gouffre » et de la conscience, constamment à l’ouvrage dans ce roman. Valjean a fini par coincer Javert ! Et Valjean est le produit d’une conscience qui renvoie à Dieu, ce que Hugo appelle « le On qui est dans les ténèbres ».
              De beaux chapitres sont consacrés à Jean Valjean tout au long du roman et il est intéressant de les approfondir. J’aborde le 29.12, Notre Dame de Paris. C’est le personnage de Quasimodo qui attire d’abord mon attention et la façon dont Hugo le présente à l’échelle de l’édifice qu’il habite. Ce surdimensionnement est celui qui marque aussi bien le monstre Gwynplaine que le héros Gilliatt. J’achève le survol le 30.12, et je trouve entre l’archidiacre Frollo (visage d’André Cuny qui a terrorisé mon enfance, en contrepoint à celui tellement charmant de Gina Lolobridgida !) et Gwynplaine des similitudes intéressantes.
              Je reviens dans la foulée au roman Quatrevingt-treize, le dernier que je dois reparcourir avant de m’attaquer à l’écriture proprement dite (mais j’ai déjà noirci de nombreuses pages de notes et le plus dur sera de mettre de l’ordre là-dedans et de ne pas excéder les vingt pages demandées. Fin du survol de reconnaissance de Quatrevingt-Treize : une réflexion sur les trois figures de héros qui se disputent le tournant historique, monarchie, république, Terreur.
              A partir du 3.01, je reprends l’Homme qui rit et les Travailleurs de la mer que j’ai bien en tête et je travaille à la rédaction avant la reprise des cours qui, c’est une chance, sont prêts, mais ça, je l’avais anticipé !
 
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Ursus, un vecchio amico !
 
 

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Travailleurs de la mer and co : Hugo, le retour !

Publié le par Eric Bertrand

              Rentrée hier et première réunion de l’atelier ce soir. Fidèle à son habitude, le blog va suivre les aléas et le cheminement de la mise en scène. Il sera émaillé, pour commencer, des « événements », réflexions diverses de ces vacances. Je commence par un chantier qui est en cours depuis quelques semaines et qui concerne autre chose que le théâtre
              J’avais un peu laissé de côté la lecture de Hugo depuis mes deux essais parus chez Ellipses et puis, courant décembre, le responsable de collection m’a contacté pour me suggérer de reprendre l’étude d’un aspect des romans de Hugo : les personnages… L’ouvrage à paraître est un collectif qui couvrira un pan du programme de première de l’an prochain, lequel s’ouvre enfin sur les grands romans du 19° siècle. J’ai donc remis la main sur mes romans favoris : Misérables, Notre Dame de Paris, Quatrevingt-treize, Homme qui rit, Travailleurs de la mer
              Evidemment, cela supposait un petit travail de relecture, Hugo ne fait jamais dans l’économie ! Mais j’ai de bons souvenirs et un survol m’a permis d’isoler certains passages qui me sont nécessaires pour élaborer une théorie du personnage. Je commence par les Misérables et reviens notamment sur la part d’ombre qui rôde dans ce livre, en même temps que sur la part que tient le personnage dans la réflexion historique que mène Hugo. Des personnages secondaires comme Enjolras, Thénardier, la bande à Patron-Minette, sont précieux à analyser parce qu’ils comportent des clés pour des personnages importants d’autres romans…
 
 
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Octopus nel mare !

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Le vélo au centre des Nouvelles pour l’été (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Avant de passer à la rubrique du jour, je signale du nouveau sur le site que Jenny vient de remettre à jour avec notamment les photos des comédiens qui incarnent les personnages du Ponton… Bonne visite au http://www.atelier-expression-artistique.com
La dernière nouvelle de ces récits est consacrée à mon grand-père, l’Italien à la mandoline que j’ai déjà mentionné. Elle est intitulée « Aimer la vie. Le dernier été » et elle rend hommage à cet amoureux de l’été qu’était aussi ce grand sportif frappé cruellement dans ses dernières années par la maladie.
              Voilà pourquoi le thème du vélo est très présent dans la nouvelle et le recueil. Il faut y lire une métaphore du cycle de la vie ! Témoins ces deux extraits qui se font écho au début et à la fin de la nouvelle, qui opposent les autres étés et le dernier été…
 
Extrait 1 : …Quand tu enfourches ton vélo, tu es un autre homme. La mécanique de tes jambes est lancée.
Plus rien ne t’arrête. L’horizon est grand ouvert et tu fonces tête baissée.
Dans ta chambre, il y a cette image de Fausto Coppi, découpée dans « Miroir du Tour ». Les épaules bien écartées, la tête dans le guidon, les fesses levées vers l’arrière comme deux grandes ailes maladroites, l’ombre du Campionnissimo plane sur ta course.
Dans les côtes, tu peines, tu es lourd. Ta référence, c’est Bartali, plus tard, Francesco Moser. Mais dès que la route descend, tu deviens terrible. Tu calcules ta trajectoire, tu coupes les virages, tu relances aussitôt.
Sous la pluie, tu es redoutable.
 
Quand tu reviens, tu hurles comme une bête sauvage. Le cri du guerrier.
Tu remets le précieux engin à sa place, tu montes une à une les marches des escaliers, tu revis le film de ton « étape » et personne ne t’écoute(…) »
 
Extrait 2 : « (…) Tu rejoins ta cave plusieurs fois par jour.
La bicyclette avec les sacoches est remisée dans un coin, derrière des piles de catalogues.
L’autre trône au milieu de la pièce noire, toujours briquée, toujours huilée. Tu lui as ménagé un autel !
Assis sur un petit tabouret, tu la regardes osciller, tu l’inspectes sous toutes les coutures, tu fais tinter la sonnette en cognant avec l’ongle de l’index. Elle t’écoute respirer.
 
Tu te lèves. Tu retires le chiffon qui protège le pédalier et tu laisses lentement tourner les pédales. Tu joues avec le dérailleur, tu changes de braquet, tu actionnes les cocotes de frein. Ca revient doucement, ça remonte du fond de toi et la pièce s’emplit d’une odeur familière.
 
Tes yeux sont apaisés. Sur le fond de mur gris, tu assistes au spectacle.
 
La roue tourne. La roue majestueuse tourne comme la grande roue de la foire de Metz, ou les aiguilles sur le cadran de l’horloge de Tambre d’Alpago !
La roue tourne, les rayons luisent, les pignons glissent et la graisse chante.
Tu caresses la surface du pneu, la gomme creuse sur tes mains des routes sinueuses, des courbes dans le matin clair, des virages et des faux plats sous la pluie, des côtes et des panneaux de pourcentage dans la brume en plein midi, des descentes vertigineuses vers le soir éclatant.
 

La roue s’est arrêtée. Tu éteins la lumière. Tu te hisses en haut de l’escalier(…) »

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Ricordo di bicicletta...
 
 

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Les Nouvelles pour l’été (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

Pas de théâtre cette année-là, (ou presque pas !) je suis en stage à Rennes avec des étudiants étrangers à qui je propose… une activité théâtre destinée à améliorer leur pratique de la langue. J’en ai tiré un ouvrage à paraître quand j’aurai le temps de m’y consacrer à nouveau.
              Je profite de l’opportunité pour revenir au genre que j’affectionne particulièrement : le récit… J’écris donc une série de nouvelles qui, dans le fond, annoncent le Ponton pour deux raisons : d’abord, parce qu’elles baignent dans la chaleur particulière de l’été, (l’une d’elles a pour cadre la Sicile) ensuite, parce qu’elles prennent le prétexte d’un espace temporel bien délimité qui m’a fourni l’occasion d’une réflexion sur l’un des « âges » de la vie. Chacun trouve dans l’été l’occasion de laisser libre cours à ses passions et aux penchants de sa nature. Cela va du petit garçon de sept ans qui s’éveille dans le jardin au vieillard qui se souvient assis dans la fraîcheur de la cave.
              Premier extrait : « le domaine enchanté », cet adolescent de banlieue qui part faire un tour en VTT et qui, tel le Grand Meaulnes, tombe sur le domaine enchanté, espace initiatique :
 
« … La nuit est complètement tombée quand ils franchissent le seuil d’une grande propriété dont les murs sont masqués par les arbres et la forêt. Des lampions éclairent une joyeuse compagnie autour d’une immense table en bois. A l’invitation de son mystérieux guide, Mario dépose son vélo. On l’accueille, on lui donne à boire, on le fait allonger. D’une voix suave, une jeune fille blonde et fine lui demande s’il a faim et va chercher sous une treille, une assiette remplie de fraises au sucre. Deux musiciens sont assis sur un banc, l’un d’eux joue de la guitare et l’autre du violon. Mario ne dit rien, il regarde hébété. Il y a une autre fille un peu plus effrontée, une brune au regard malicieux, qui s’approche tout près de lui, lui demande comment il s’appelle et le soigne avec du coton et du Mercure au Chrome. Subrepticement, elle lui adresse de petits sourires en coin, ses lèvres sentent bon, elle porte un tatouage sur l’épaule. Mario n’a jamais vu de lèvres aussi rouges et de joues aussi blanches. Il essaie de balbutier quelque chose... Gloup ! Après, il ne sait plus… »
A l’autre extrémité, c’est le vieillard, j’y reviens demain…
 
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Bicchiere di Chianti, bicicletta, mandolina, nonno, fiori, mela, profumo, tempo che sfuge...
 

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