Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

publication

Lectures du ponton

Publié le par Eric Bertrand

 

Avant le départ en vacances de Noël, je mets en ligne un dernier article (je n’ai toujours pas retrouvé la ligne internet !) J’ai évoqué les réactions de lecteurs et propose de rester dans ce domaine car il touche quelque chose d’important : le pouvoir d’un livre… D’abord ce beau témoignage de ma sœur Béatrice qui se trouve en commentaire à l’article « dédicace » et qui m’a bouleversé. 

« Ecriture miroir de l’âme, étrange circonvolution des mots et des maux de l’écrivain ; ainsi ressentis-je les pages du Ponton… un devant de scène dupant, faisant croire aux chauds rayons du soleil sicilien, à la douceur des granites et à la beauté caramel des filles de là-bas… Mais tout n’est pas si simple

Certes « l’été sicilien, clair, ardent et lumineux » commence, avec ses parfums d’agrumes et d’olivier, mais cet été est coincé (page 7) entre le trou noir du néant (« plus d’étoiles la nuit, plus de lune … une étendue grise… un voyage sur un autre globe…) et une tentative de guérison incertaine (« le pouls de l’Etna » et une côte en « fusion » indicateurs typique de maladie !

Même le premier tableau de rue nous promet un « activité fébrile » qui se termine à bien y regarder en assemblée immobile et aux portes des cimetières : « croix », « reliques » « châles noirs », « bas gris », « main tremblante », où le « paisible » de la « marche» est inquiétant compte tenu de la main tremblante qui la précède…

Mon dieu ! Francesca ! Fausse vivante, fausse conteuse, qui traîne derrière elle toutes les traces du chagrin et de la mort : (page 12) : « se figea », « lèvres rouges…et pendantes », « regard fixe », « le corps raide » ; puis ses yeux tournent dans les orbites, on ne voit que le blanc (page 13), qu’est-ce cela sinon l’agonie et la souffrance du départ… Tout cela est acté et joué page 20, lorsque malgré le spectacle devant théoriquement porter joie et amusement à Santo Stefano, « un profond silence plane », que Francesca se « tait définitivement », dans une « torpeur stupide » et que Carolina lui ferme les paupières, geste mortuaire par excellence, quand même les applaudissements du public, conscient du drame, se font « discrets ».

Page 47, le duo se reforme sur le ponton, avec pour compagnon des abysses inquiétants comme l’Hades (« du fond des eaux, une créature gluante et innommable », il y est question « d’offrandes » et de « paradis qui n’existe pas », tandis que page 48 : « sous les barreaux visqueux, les algues ont poussé et dessinent des silhouettes vagues et lascives qui remontent des profondeurs ».

Page 68, ce même ponton est comme un lieu de passage entre deux mondes, abysses encore et toujours inquiétantes : « les algues vertes montaient toujours le long de l’échelle, éclairaient l’eau d’une teinte un peu fade et trouble », tellement trouble que « il a eu peur de sauter à l’eau … à moins qu’il n’ait déjà plongé lui aussi » ; quel trouble double sens…

Cette eau qui déforme les choses, les rend différentes (page 63) : « dans l’eau, ses pieds et ses chevilles s’étaient légèrement déformées et les jambes de Tiziana avaient enfilé une sorte de bas trouble et translucide. Le Ponton offrait un espace de réverbération et une logique de transparence… ». Limite entre 2 mondes ???

Vision d’un Passage, d’un douloureux passage, fable d’un monde fragile, inconscient et pourtant toujours au bord d’un Abysse effrayant, le Ponton reflète pour moi toutes les angoisses de l’Homme face au monde inconnu de la Mort, laissant un goût amer, au bord de la répulsion face à ces réalités pourtant insondables.

Autre lecture

Toute autre interprêtation est tout aussi recevable, témoin celle que j’ai reçue par courrier : en voici un extrait : « Le Ponton m’a fait penser aux vacances et au sud… Tu exprimes bien les situations et donnes envie d’être à nouveau jeune… J’ai connu cette situation à la piscine avec mes copains et mes copines de l’époque… »
Intéressant point de vue qui renvoie à la valeur métaphorique du ponton ; ce que j’ai en effet voulu faire, c’est de fournir, à travers cette base, un support à des souvenirs personnels et à une intimité particulière : ici, c’est la piscine qui rejaillit dans la mémoire, la piscine et tout cette parade aquatique qui l’accompagne.
Vous avez sans doute des souvenirs de parade aquatique ? Vous êtes sur le ponton !

Vous me direz, ce n’est pas une activité de saison ! Faisons du ponton par exemple un téléphérique ! Bonnes fêtes de Noël et rendez-vous le 3 janvier si tout va bien !

HPIM0364.JPG


PS : une dernière info littéraire ! Pour ceux qui ont suivi l’aventure Goncourt, j’ai parlé d’un site convivial afin de continuer d’échanger entre élèves et professeurs sur la littérature : j’avais d’abord annoncé un site « le Télégramme » mais c’est finalement un site skyblog qui a eu la préférence de mes élèves : en voici l’adresse : http://parlons-litte.skyblog.com
Bienvenue à tous !
 

Voir les commentaires

Rentrée littéraire à la Médiathèque

Publié le par Eric Bertrand

 

Toujours victime de soucis de connection, je glisse un article ce matin pour ne pas perdre le fil, un article « dépouillé », sans photos, envoyé d’un poste de fortune. J’espère que d’ici à la fin de la semaine, tout rentrera dans l’ordre…
La médiathèque avait consacré ce vendredi soir à la Rentrée Littéraire. La première partie a été consacrée à la présentation des romans dont ceux de la sélection Goncourt. C’est pour cette raison que certains élèves de la Première L étaient présents pour livrer leurs points de vue.
La deuxième partie était consacrée à la présentation du « Ponton ». Une trentaine de lecteurs étaient présents et une petite partie d’entre eux avait déjà lu, ce qui rendait l’exercice intéressant. J’ai joué sur du velours car ils ont tous visiblement apprécié. Ce qui m’interesse surtout, c’est de voir ce que chacun signale au cours de sa lecture… Je cite en vrac quelques uns des commentaires.
  • Précision troublante du style qui restitue parfaitement l’atmosphère.
  • Justesse de l’analyse des rapports entre les adolescents.
  • Récit à tiroirs qui peut se lire sous des angles différents.
  • Surprise de la narration qui alterne des moments graves et des moments désopilants.
  • Diversité des personnages : élégance des vieilles dames à qui on s’identifie, variété des adolescents.

Il est intéressant d’échanger avec le lecteur. Pour reprendre une métaphore amusante de Michel Tournier à propos du livre : il dit que les livres sont des « vampires secs »… Ceci pour expliquer que c’est le lecteur qui donne son « sang » aux pages … Le rouge m’est monté aux joues ce soir-là !

HPIM0363.JPG 

 

Voir les commentaires

Nantes et grenier du siècle : Chaussée de la Madeleine de Proust

Publié le par Eric Bertrand

              Second volet de l’aventure de « Colette if du Loup des Acqs »… Au tournant du siècle, c’est du côté de Nantes que nous nous tournons. Une opération de mémoire est proposée aux Nantais dans le cadre du « Grenier du siècle », sur le site de l’ancienne usine LU. L’objectif consiste à léguer un objet à un descendant, juste avant la fermeture des portes, le 1er janvier 2000… et le 1er janvier 2100, elles s’ouvriront à nouveau.
              Sur cette base réelle, j’ai proposé à chacun de mes nouveaux élèves de première L l’écriture de nouvelles qui les mettraient en scène à travers une lettre et un objet destinés à leur descendant. Passionnant dialogue et fascinant tête à tête, en dépit des règles du temps et de l’espace… Quel objet choisissent-ils ? Quelles valeurs cherchent-ils à transmettre ? Quelle représentation ont-ils de leur descendant ? Leur ressemble-t-il ? Comment la ville de Nantes va-t-elle évoluer en un siècle ?... Telles sont quelques unes des questions qu’ils se sont posées, avant de rejoindre la cité des Ducs de Bretagne un jour de juin à l’occasion d’une émission sur Radio Nantes et d’une signature au Lieu Unique, librairie située à deux pas du fameux grenier !
 
 
Passeggiata nel tempo...

Voir les commentaires

Polar collectif : Black Polaroïd

Publié le par Eric Bertrand

Après le bilan de cette ultime répétition d’avant les vacances, je reviens comme annoncé sur le thème du voyage dans mes écrits, de « la Route » au « Ponton »…
              Le point de départ de ce recueil collectif, c’est, comme son nom l’indique, le polar. Le nom de l’auteur est bien entendu un pseudonyme pour désigner les élèves et le professeur de la classe de premières L du lycée de Loudéac : Colette If du Loup des Acqs.
              J’ai proposé à tous mes élèves de s’inventer un personnage de roman noir, de lui donner un nom et de le mettre en situation dans un endroit de Méditerrannée. Ils disposaient alors d’un schéma narratif similaire et d’un « jeu » de personnages à condition de les choisir parmi les 17 « truands » de la classe.
              Pour corser l’exercice, il s’agissait aussi pour chacun des élèves d’aller se faire tirer le portrait sous les traits de son personnage… Pour l’anecdote, quand nous sommes allés présenter l’ouvrage au Festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo, les auteurs avaient revêtu leur attirail de héros. Habillé en inspecteur de police, chapeau à la Humphrey Bogart, je menais une escouade de femmes fatales, entraîneuses, prostituées, truands et flics ripoux. Grosse impression sur la cité corsaire…
              Le lecteur dispose en tout cas de ces portraits (que l’éditeur a immortalisés en couverture et dans les premières pages du livre) ce qui constitue un effet de réel assez plaisant. Et il peut suivre leurs aventures en Corse, Sardaigne, Côte d’Azur, Sicile… Déjà, elle pointe la botte !
 
blackpo1.jpg
 
Alix Birtram, Dottore Hache, Lolita, Irma, Callaci, Effi Kass, Ginger, Thelma, Angelica...

Voir les commentaires

Auto-stop aux Etats-Unis : La Route, la Poussière et le Sable

Publié le par Eric Bertrand

              Répétition hier soir, j’y reviens dès demain. En attendant, je poursuis la réflexion sur le voyage…
              Ce premier récit s’inspire largement de mon voyage autour des Etats-Unis en auto stop. Mésaventures, espaces, suspense, péripéties, personnages pittoresques, situations cocasses, bref de quoi alimenter un récit haut en couleurs à partir de la simple expérience vécue. A 22 ans, faire du stop à deux aux Etats-Unis, (sur plus de 16000 kms, entre New York et la Californie), c’était s’exposer...
              J’ai effectué pourtant dans cette aventure à travers un territoire inconnu, un bricolage romanesque à travers lequel j’ai, notamment, essayé de raconter un apprentissage et de montrer aux lecteurs le décalage entre les rêves d’adolescent et une réalité impitoyable (prison, vol, violence, vices, mensonges…)
              Quoiqu’il en soit, cet ouvrage annonce ceux qui suivront : les States de Jack, on the route… du Tennessee club, mais aussi, dans le Ponton, ce n’est pas tout à fait par hasard que Gilda est américaine et que Carolina a vécu aux Etats-Unis son unique histoire d’amour…
 
route.jpg
 
Gilda non era nata, a quest'epoca !

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 > >>