La collecte pour assurer la mise en
scène et fignoler les décors continue : estrades pour le prologue, petit tabouret pour l’épilogue, blouses blanches pour les géographes, liasses de billets de monopoly pour Mrs Business man et Cramoisi, confettis et roses rouges
(prélevées dans le secteur horticole du collège) pour la scène de la fleur, cinq lecteurs de CD pour les guides déambulateurs...
Autant de petits détails qui donnent un sel supplémentaire au spectacle qui s’apprête mardi soir.
Pendant la durée de la répétition de
mardi, j’ai été en charge du groupe de comédiens travaillant dans la salle de SVT. Aussi, je n’ai pu circuler dans les autres lieux car je devais m’occuper de la bande son... Pour la
véritable représentation, j’essaierai de filmer et ainsi je pourrai voir l’intégralité de la pièce.
En attendant, ce qui se passe là est d’une
bonne qualité d’autant que ce sont des élèves très disciplinés qui jouent. La mise en scène est surprenante : le spectateur entre et est d’emblée plongé dans le noir. Alors la maquette d’avion éclairée de l’intérieur traverse la salle (l’avion se déplace le long d’un fil nylon et ce qui sert à l’actionner, c’est un
moulinet de canne à pêche (ce qui crée un plaisant bruit d’hélice !).
L’aviateur est dressé sur une table enveloppé dans son grand manteau. Sa voix,
préenregistrée et amplifiée par la bande son, s’élève au-dessus des spectateurs et des petits princes affolés.
Est-ce à force de représentations s’annonçant toujours
sur le fil du rasoir ? Est-ce parce que je commence à les connaître, ces élèves qui ont l’habitude de ne rien prévoir à l’avance et
de tout donner quasi dans l’instant ? (Et ceci au détriment d’un travail qui pourrait se faire au profit de la profondeur,
de l’harmonie et du plaisir de chacun...) mais j’ai abordé la générale de mardi soir avec une sorte de sérénité.
Et pourtant, les élèves
avaient été agités, turbulents, incapables, amnésiques dans la journée ! Le résultat est là : le soir venu, après les cours, la
petite troupe s’est retrouvée et chacun des profs a accompagné les comédiens en herbe dans les cinq salles pour faire comme si le public était là...
Et, surprise, ça a fonctionné. Pas partout, pas également, mais
ça a fonctionné... Et nous étions soulagés au bout des deux heures, de voir que ça se tenait ! De quoi envisager plus sereinement la
semaine à venir ! J’y reviens demain.
En ces
temps où fleurissent les spectacles de fin d’année et où le but des organisateurs est de remplir les salles (j’ai des élèves qui m’invitent
à venir les voir jouer), notre spectacle fait un peu cavalier seul.
Pas de battage médiatique ! J’ai
indiqué récemment qu’en effet, l’une des spécificités du « Grand amour du Petit Prince », c’était le nombre limité de places. Nous
risquons l’étouffement si les spectateurs sont plus de 150. Voilà pourquoi circulent depuis quelques jours 150 billets d’entrée et pas un de
plus. Cinq par élèves et membres...
Une fois réunis dans la cour de
récréation à 20h00 sonnantes, les 150 élus seront répartis en cinq « caravanes » en circulation autour des cinq salles de classe
attribuées au spectacle.
Dans
les dernières « mains » du spectacle, les « petites mains » s’affairent autour de l’avion en carton qui occupe le centre
de la salle dans l’une des scènes. Le lecteur du « Petit Prince » se souvient de la part importante que prend l’aviateur dans le
dialogue avec notre héros.
C’est en effet « grâce » à une panne dans le désert que le narrateur, figure de Saint-Exupéry, fait la rencontre improbable. Le motif de l’avion est donc un
symbole, naufrage de l’objet technique et en même temps levée de l’imaginaire, surgissement de la part la plus inconsciente de l’aviateur. Dès que le petit prince lui adresse la parole, il laisse
tomber les outils et se résigne non pas à compter les moutons, mais à les dessiner...
Dans cette perspective, la collègue d’arts plastiques termine à l’arraché son travail et le collègue de techno met au point un petit
avion télécommandé qui doit traverser la salle de SVT pendant l’une des scènes.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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