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theatre au lycee

Réécrire une fable de La Fontaine : « le Loup et le chien » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Couple-of-sheep.jpg

(Sur un sentier, un gros chien chemine en « roulant les mécaniques ». Un loup maigre lui barre la route)

Le chien : (au public, d’un air lassé) : qu’est-ce que c’est que cet individu qui me barre la route ? (Il s’arrête au niveau du loup qui semble disposé à engager la conversation)

Le loup : (très poli)  bonjour monsieur... Quelle bonne mine vous avez ! Je vous regardais venir (il imite la démarche du chien) et je me disais « quelle allure a ce chien ! » Moi qui crève tout le temps de faim j’envie votre santé !

Le chien : (très satisfait, retroussant les manches) : merci mon ami, je me sens en effet assez en forme. Ce n’est pas votre cas ! (Il lui tâte les muscles) Vous m’avez l’air en piteux état !

Le loup : (baissant la tête) Oh, malheureux, si vous saviez comme je « galère » dans ces bois ! Il faut toujours se battre pour rester en vie et trouver sa nourriture !

Le chien : (s’approchant de lui, très amical) Vous voulez mon avis ? Quittez les bois ! C’est pas une vie pour un loup ! Venez plutôt avec moi, vous ne le regretterez pas !

Le loup : (l’air émerveillé) Vous croyez ? Si je vous suis, je pourrais être en aussi bonne santé que vous !

Le chien : (éclatant de rire) cela ne fait aucun doute ! Il vous faudra juste faire comme moi je fais, et vous aurez droit à tous les repas et à toutes les récompenses que me donne mon maître !

Le loup : (éclatant de rire à son tour, un rire d’innocent) : et ces repas, il vous les donne en échange de quoi ?

Le chien : (en se frottant les mains) : oh, vraiment pas grand-chose ! Il vous suffira d’être agréable avec lui, lui faire des ronds dans les jambes, et de chasser tous ceux qui viennent l’embêter !

Le loup : (ravi) Alors c’est d’accord ! (Devenant soudain familier) Tope là ! Je viens avec toi !

Le chien : (regardant sa montre) allez, en route, il est temps de rentrer !

Le loup : (il suit le chien et voit soudain l’état de son cou pelé. Il s’arrête brusquement)  Qu’est-ce que tu as dans le cou ?

Le chien : (se grattant négligemment) oh, ça, c’est rien ! C’est simplement la marque de mon collier !

Le loup : (indigné) : un collier ? Tu es donc attaché chez ton maître ?

Le chien : (agacé) : oui, et alors, qu’est-ce que ça peut faire ?

Le loup : (rebroussant chemin) : ça fait tout simplement que je ne viendrai jamais avec toi !... J’aime mieux garder ma liberté et te laisser rentrer seul dans ta prison doré ! Bon vent, gros toutou ! Donne le bonjour à ton maître de la part de ceux qui préfèrent la liberté à l’esclavage !

Le loup se sauve et le chien reste là, les mains sur les hanches, à ne pas bien comprendre ce qui vient de lui arriver.

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Réécrire une fable de La Fontaine : « le Loup et le chien » (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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                     Dans ce blog, je consacre parfois certains articles à l’enseignement quand celui-ci opére dans le domaine de l’écriture. Ainsi, ce petit travail qui a consisté à demander aux élèves d’adapter la fable de La Fontaine « le Loup et le chien » pour la scène.... Exercice donné à la fin du chapitre sur le théâtre, avec les connaissances et les acquis supposés. Il n’en reste pas moins qu’il leur fallait un guide comme celui qui suit :

 

Préparation : préparation pour le passage d’un genre à un autre : de la fable à la scène de théâtre (didascalies, personnages, répliques)

 

- Lieu : sur un sentier près de la forêt

- Personnages : le loup, le chien

- Caractère des personnages : le chien : méprisant, cupide, corrompu. Le loup : hésitant, naïf, influençable, libre.

- Les étapes de la scène : le chien et le loup se rencontrent. Le loup admire la santé du chien. Le chien lui explique les raisons de sa santé et l’invite à le rejoindre et à l’imiter. Le loup accepte mais se rend compte des inconvénients que comporterait sa nouvelle situation.

- Les discours fournis par le récit : on peut les utiliser mais il faut les simplifier et les adapter à la langue moderne. 

                    Et demain, une proposition entièrement rédigée. En attendant, pour mémoire, voici la fable !

 

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

 

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Version cinéma des voyages de Gulliver

Publié le par Eric Bertrand

                    Voici un moment attendu ! Le film « Gulliver » sort au cinéma ! Alors que mes élèves de 6° apprennent leur texte et s’apprêtent à travailler d’arrache-pied dès la rentrée des vacances avec le metteur en scène, on dirait que « l’événement » est téléphoné et que moi-même, en début d’année, j’avais prévu de « surfer » sur la vague pour retenir le choix de Gulliver !

                    Quoi qu’il en soit, j’aime que ce que font mes élèves en matière de littérature soit relayé à un niveau plus médiatique. Le travail des Lilliputiens intéresse alors le travail des géants et le travail des géants peut aussi s’intéresser au travail des Lilliputiens !

                    Certains élèves réclament d’aller voir le film « en classe complète » sur le temps des cours (bien évidemment – en 6°, ils ont l’esprit déjà retors -)... Ils n’ont pas conscience de la lourdeur administrative et logistique qu’il y a derrière chaque projet (surtout lorsqu’il est spontané !)

                    Je leur suggère simplement de se retrouver dans une salle obscure pendant les vacances !

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Bilan philosophique de « Gulliver mis en pièce »

Publié le par Eric Bertrand

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                Même si la pièce s’adresse à un public large et qu’elle cherche à l’amuser, cela n’empêche qu’elle doit aussi l’instruire. « Instruire en amusant », c’était la devise de Molière au XVII° siècle lorsqu’il écrivait ses comédies. De plus, notre pièce s’inspire d’un conte philosophique... Il fallait donc une scène un peu plus « philosophique » que les autres !

                Les juges veulent interroger Gulliver afin de faire progresser la connaissance grâce à un échange véritable entre des êtres de culture différente. Il est bon parfois de prendre ses distances par rapport à des habitudes qu’on subit sans s’en rendre compte... C’est du moins ce que le roi (peut-être plus éclairé que ses sujets, ce qui justifierait son statut de roi) a confié comme mission à ses juges : « ce qui intéresse également notre souverain, ce sont les informations susceptibles de nous amener à réfléchir sur nos propres usages ! »

                     Ils sont par moments capables de dire des vérités philosophiques : « l’homme étant n’est-ce pas, qu’il soit lilliputien ou géant, incapable d’atteindre à la perfection ! », ils citent même (en l’arrangeant à leur manière) une phrase chère aux philosophes  « ah, que les peuples seront heureux quand les Lilliputiens seront philosophes ! »  Hélas, ces juges sont avant tout des vaniteux (défaut souvent constaté chez d’autres Lilliputiens !) : vous avez enrichi votre esprit de la connaissance de notre belle langue lilliputienne... et puis ils cherchent à se donner de l’importance comme les « sages » dans la scène 3... Dès lors, il ne faut pas s’étonner de voir la scène virer à l’affrontement, d’autant plus que Gulliver est lui aussi « chatouilleux » sur la question de sa patrie.

                          La peinture qu’il en fait est déformée par sa nostalgie du pays. Certes, le Royaume-Uni est un beau pays où la terre est fertile, où l’on prêche la tolérance et où des livres philosophiques sont publiés,  mais c’est une nation agressive dont le système politique privilégie seulement les plus riches. Dans ces conditions, l’échange dégénère en dispute parce que l’un des juges a sous-entendu que les Anglais étaient des Lilliputiens. Les insultes et les menaces fusent : « un radiateur à lilliputiens », « agressif petit géant dont les chevilles ont enflé », « bouées que vous avez à la place du cerveau », « misérables microbes, nous vous réduirions à l’esclavage !... Des nuées de petits Lilliputiens embauchés comme des moucherons pour nettoyer nos rues ! »

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La mise en scène et la compréhension de Gulliver

Publié le par Eric Bertrand

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                Maintenant que le texte de la pièce est définitif et que les élèves, après distribution, en sont arrivés à la phase d’acquisition, nous nous sommes rendu compte qu’ils ne maîtrisaient pas tous le sens de ce qu’ils avaient à dire ou à apprendre.

                En prenant appui sur le chapitre « théâtre », figure obligée de la sixième, j’ai donc construit une série de séances fondées sur l’exploitation du texte. Cela a donc une double vocation qui me permet de revisiter le texte dans des conditions plus cadrées que celles de la répétition.

                J’ai évoqué dans le cours différents aspects du théâtre représentés dans notre pièce, la place du public, la double énonciation, les niveaux de langue, l’action, les didascalies, la question des comédiens et de la mise en scène et je termine par la dimension philosophique qui fait l’objet d’un questionnaire très simple à partir de la dernière scène. Pour ne rien dévoiler du spectacle, je ne livre pas cette scène, mais je propose au lecteur de découvrir demain le bilan que je distribue aux élèves.

 

 

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