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voyage

Des Templiers à Sinclair Girnigoe (mardi 28.07, matin) 1/2

Publié le par Eric Bertrand


              Yann Sinclair nous avait prévenus : rendez-vous au parking de Noss Head pour le rassemblement et la visite du château en présence des archéologues et du chef de clan.

              Et en effet, sont au rendez-vous des gens de tous les horizons : Australie, Etats-Unis, Canada, France… La plupart d’entre eux sont liés aux Sinclair, les autres sont francs-maçons ou… Templiers. Il y a en effet demain une cérémonie dirigée par le Grand Prêtre.

              La visite est donc placée sous le signe de la spiritualité d’autant plus que nous sympathisons avec Jean-Marc, Français haut-placé dans l’ordre des Templiers et son fils Grégory. Avec simplicité et précision, Jean-Marc évoque la Vieille Alliance qui existe entre l’Ecosse (et plus particulièrement le nord de l’Ecosse), les Templiers et le clan Sinclair.

              Un point d’histoire ? La veille de l’ordre de répression prononcé par Philippe Le Bel, les Templiers ont fui, emportant avec eux une partie du trésor que convoitaient l’Eglise et l’Etat. Fait notoire qui excite notre intérêt, la fuite a eu lieu de La Rochelle. Quittant les côtes françaises, les Templiers ont trouvé appui chez leurs alliés Sinclair.


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Whaligoe steps (lundi 27.07, après-midi)

Publié le par Eric Bertrand



J’évoquais, à travers la peinture de Sarclet, l’éloignement relatif des petits ports de cette partie de la côte est et leur caractère inaccessible.

              Whaligoe, avec ses quelques 365 marches, constitue l’un des points les plus remarquables de la côte. Ces marches fournissent un bon exemple d’adaptabilité de l’homme au milieu le plus hostile.

              Dans le courant du 19° siècle, la tragédie des « Highland Clearances » (qui a meurtri tout particulièrement le nord de l’Ecosse) a produit de grands changements dans la société de l’époque : la nécessité économique d’aller en mer pour une large frange de la population a créé l’urgence de l’accès à la terre, même dans les endroits les plus inhospitaliers. La mer donnait du poisson, par endroits, la falaise autorisait un abri, un port naturel…

              Aux hommes de trouver le moyen d’exploiter cette offrande… En bas de la falaise, des régiments de femmes attendaient le retour d’une moisson d’un genre nouveau, elles ne comptaient pas leurs efforts pour « redresser la pente » et exploiter cette nourriture nouvelle qui les changeait des patates des berniques qui faisaient auparavant leur quotidien : des paniers, un treuil destiné à tirer les bâteaux vers le rivage, un bâtiment pour sêcher le hareng avant la grande remontée, paniers pleins, des 365 marches. Et les années passaient

              365 jours de pluie, de vent, de glace et de rares soleils assis au coin des marches…


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Linguistique à Latheronwheel (lundi 27.07, après-midi)

Publié le par Eric Bertrand

             Marche dans le périmètre de ce petit port de Latheronwheel que je n’ai jamais vu… Situé entre Lybster et Helmsdale, il fait partie de la zone chère à l’écrivain Neil Gunn que j’ai déjà évoqué dans ce blog.

              J’ai, depuis que nous l’avons croisé à l’étape de Dunbeath, commencé la lecture en anglais de cet écrivain attentif à toutes les pulsations de sa région : vieilles pierres, cairns, brochs, ports, criques, tout me renvoie ici à des mots de Neil Gunn qui, par la variété de son vocabulaire, m’amène aussi à travailler le dictionnaire en main pour apprendre à nommer la réalité qui m’entoure.

              Chaque mot acquis est un pan du monde qui s’ouvre. C’est dans ce sens que je comprends le plaisir du linguiste, qui, pour reprendre une expression d’un certain Ferdinand de Saussure, examine la variété des « signifiants » pour dire le monde.

              Restons dans la même idée au fil d’une promenade qui nous amène d’abord le long de belles falaises rectilignes puis, en haut d’une colline assez escarpée, à un broch : alors que mon guide indique « Go up a steep stone scair… » (notez les sonorités !), je m’interroge sur la différence d’appproche du système de la langue en français par rapport au système de l’anglais. La traduction oblige à inverser l’ordre des représentations : « montez l’escalier en pierres raide »… ce qui tendrait à montrer que là où le français insiste sur la nature de la chose « l’escalier », l’anglais insiste d’abord sur l’impression qu’elle produit sur la conscience de celui qui la juge : « raide », « en pierre »…


 

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Stacks of Duncansbay et « l’Ile au trésor » (lundi 27.07, matin)

Publié le par Eric Bertrand




              Le temps écossais est aussi l’une des curiosités de la région. Il n’y a pas « un » temps écossais mais plusieurs et celui du nord n’est pas celui du nord ouest et encore moins du sud… L’Ecosse est un grand pays, traversé par des courants très variés du point de vue de la météorologie comme du point de vue mythologique ou linguistique…

              On se souvient encore de la chaleur quasi caniculaire d’hier, et ce matin, c’est une brume rampante qui rôde entre les maisons et sur les invisibles collines. La pluie s’est mise à tomber, mais elle s’interrompt aussitôt… « Patches of rain ».

              Nous prenons la direction de John o’Groats. Il est 9h00. Les trois châteaux de la baie des Sinclair (Sinclair Girnigoe, Ackergill Tower et Keiss) apparaissent à peine dans la brûme. Nous abordons le sentier qui monte aux Stacks of Duncansbay. La mer est plongée elle aussi dans une brume épaisse augmentée du vol velouté de quelque grosse mouette.          Des moutons épars fournissent un supplément de tricot pour ourler l'herbe du sentier.

              Les Stacks sont d’imposants éperons rocheux détachés de la haute falaise principale. Dans ce calme matin en suspension où passent en contre-bas les oiseaux de mer et les ombres de personnages de Stevenson (dont le grand-père a construit quelques grands phares comme celui de Duncansbay), je ne peux que les imaginer, ces récifs immenses propices au naufrage.

              Et l’île au trésor serait sur l’une des plages de sable blanc toute proches, accessibles seulement de la mer…



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Highland games à Halkirk (samedi 26.07, journée) 2/2

Publié le par Eric Bertrand





              Au centre du terrain, inlassablement, un autre joueur de cornemuse, jeune fille aux joues gonflées, à l’œil fixe, assure le tempo pour les groupes de Highland dancers qui se succèdent et rivalisent dans des danses aux pas complexes. Les mains levées, doigts pincés comme pour imiter les cornes des cerfs, tout en grâce et en virtuosité, dressées sur la pointe des pieds, (je dirais des « pinceaux ») car elles dessinent un véritable tableau entre les deux épées qui leur imposent un cadre.

              Le clan Sinclair est réuni. Ou du moins ses personnages les plus importants et représentatifs. Ceux que nous connaissons, Ian, Kay, Graham, mais aussi ceux qui nous sont présentés à cette occasion : Malcolm, le chef du clan, Ron, l’éditeur de la revue, des membres rattachés au clan, Américains et Australiens.

              Plaisir aussi de revoir des amis venus là spécialement pour nous voir. Diana Mac Boyle qui était une de mes élèves à l’époque où j’enseignais à Wick (nous avons revu ses parents mercredi soir), Alison, à qui nous avons laissé un petit mot dans la boite aux lettres alors qu'elle était en déplacement à Londres pour son travail et qui nous avoue, l’air réjoui, que « les Highland games de Halkirk » sont ses premiers Highland games ! 


 



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