Deux petites villes distantes d’environ trente kilomètres l’une de l’autre composent les pôles du Caithness : Wick (du norvégien « vik » =
baie) et Thurso (du dieu nordique « Thor »). J’habitais Wick mais je donnais aussi des cours à Thurso, ce qui me faisait un dépaysement car les paysages sont d’une grande
variété dans cette petite région.
Ainsi, Thurso plus à l’ouest, est marqué par l’influence du
Sutherland et la culture gaélique. Quand on quitte la ville, on passe le petit port de Scrabster qui mène aux Orcades et un sentier côtier s’engage le long des grandes falaises en
direction des collines et des monts de Sutherland. Cet endroit est d’une beauté romantique que, jeune lecteur des sœurs Bronte, j’associais aux Hauts de Hurlevent.
Les jours de printemps, il est d’une infini délicatesse, les oiseaux de mer, macareux et goélands participent à cette magie, mais en certains jours
d’hiver le havre où l’on peut venir observer la faune sauvage (et espérer voir aussi des dauphins ou même des orques) se transforme en gouffre sauvage et on se dirige vers le « devil
bridge » (le pont du diable).
C’est bien évidemment « la star »
de la région. Mon « fief » puisque dès que je me suis installé dans la région, dans la petite ville de Wick, c’est devant ce château que je suis venu rêver.
C’était un soir de septembre. Grand ciel de nuages déchirés dans le beau ciel du Caithness... Je m’installais dans cette nouvelle vie pour une année.
Et ce château situé à environ trois kilomètres à
pied de ma maison m’a aussitôt fasciné. J’y suis retourné tant de fois. J’y allais seul, au moins une fois par semaine. J’y amenais mes visiteurs, je venais à pied, à vélo, une fois en
taxi avec des amis qui voulaient y passer la nuit... Je faisais des recherches inlassables sur son histoire, ses légendes et surtout son fantôme : John Sinclair...
Par ironie, je me suis vite laissé baptiser le « Master of
Caithness », par référence à John Sinclair que j’avais un peu remplacé dans la fréquentation du château ! Pour cette raison, Girnigoe, devenu « Sinclair Girnigoe » est
inévitablement le « héros » du « Ceilidh » !
Il faut savoir aller le dénicher ce château qu’aucun panneau ne signale,
même en ces dernières années où le Caithness s’est lancé dans une promotion de ses sites touristiques. (Même certains de mes amis sur place m’affirment qu’ils ne parviennent pas
à le situer... Mais peut-être n’ont-ils pas envie d’aller courir le risque de se casser les os en ce lieu si sauvage !
A vrai dire, sur la route côtière qui longe la baie des Sinclair, il faut quitter le bitume et couper à travers champs pour rejoindre le bord de la falaise et
accéder à « Bucholie castle », site stupéfiant, où branle cette ruine de l’ancien château du pirate viking « Sweyn ».
On dit qu’en certains beaux soirs de juin, le blond Swein qui avait aussi un
château dans les proches Orcades, plongeait du haut des remparts dans l’océan bleu et remontait « intra muros » par le biais d’une corde à nœuds. Est-ce lui ou
l’antique société viking que chantent certains soirs au fond des grottes profondes, les mouettes, les phoques et les cormorans ?
Le lieu sauvage est à jamais déserté. Les oiseaux de mer se
partagent les trous de cette roche rouge qui augmente l’impression infernale que donne la falaise.
Ceux qui suivent ce blog le savent bien, l’Ecosse et
particulièrement le nord de ce pays fait partie de ma vie. Ce n’est pas seulement le souvenir de deux ans de romantisme échevelé lié à mes études sur Victor Hugo et le
celtisme (plaque tournante pour la Bretagne), c’est aussi le souvenir de voyages réguliers depuis plus de vingt ans, dans toutes les conditions et sous des formules
diverses. Le dernier en date étant celui de l’été dernier, j’y ai consacré des articles de blog sur le site suivant.
Dans cette période, Jenny a utilisé un petit caméscope
et a tourné de petits films sans prétention, simplement pour le plaisir de fixer le décor. Je propose de les publier en une bonne dizaine d’épisodes à partir de demain, assortis d’un
commentaire explicatif.
La présence nazie rôde dans la ville dans les années d’occupation et ceux qui ont toujours
refusé la soumission, ceux qui ont préféré l’indépendance et le libre arbitre ne pouvaient souffrir la présence ennemie dans les rues de La
Rochelle. Chef d’entreprise exemplaire, nommé colonel à la fin de la Première guerre mondiale, Léonce Vieljeux qui est élu maire en 1936, incarne bien cet esprit de
résistance.
Dès 1940, pendant l’Occupation, il fait figure de
rebelle en refusant d’abord de hisser le drapeau nazi sur l’Hôtel de Ville puis de placarder des affiches anti-anglaises après Mers-el-kebir. Les autorités allemandes ne renoncent pas
pour autant (comprenant sans doute qu’elles ont besoin de s’appuyer sur le charisme du maire pour s’imposer) : elles le sollicitent à
nouveau pour collaborer à un journal favorable à Vichy. Nouveau refus catégorique. Ces audaces répétées lui valent d’être expulsé du département. Mais, après un temps de réflexion chez sa sœur à Jonzac, Vieljeux revient avec la ferme intention d’aider les réseaux résistants. Le 1er septembre 1944, il est
arrêté par la Gestapo et déporté au camp d’extermination de Struthof en Alsace. Il a 79 ans.
En 1941, l’écrivain Georges Simenon habite à La Richardais et vient régulièrement à La
Rochelle. Il écrit un roman qui fait bien sentir la pesanteur de l’atmosphère à cette époque : il s’agit du « Voyageur de la
Toussaint ». Gilles Mauvoisin, jeune homme intègre et audacieux arrive à La Rochelle et bouscule les habitudes et les cadres établis dans une ville que dirige un cercle clos d’inquiétants
personnages.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/