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voyage

Tristan dans le maquis arthurien (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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Comme tous les preux, Tristan ne demande qu’à accomplir sa mission pour contenter son roi, mais cette histoire est marquée par une forme particulière de la fatalité. Pendant la traversée qui doit ramener le couple sur les rivages de Cornouailles, un « vin herbé » fait son effet et Tristan et Iseut tombent éperdument amoureux. Les yeux de l’amant mélancolique sont désormais définitivement détournés, et l’un et l’autre des ardents amants, malgré la présence du Roi Marc et d’une cour soucieuse d’honorabilité, n’auront de cesse de déjouer les pièges des regards pour tâcher de s’aimer en secret.

Cette belle histoire aux maintes péripéties (souvent cocasses, car il s’agit de tricher ou de mystifier) s’est construite sur des versions variées. On lit souvent la version d’un certain Béroul qui écrivait au XII° siècle, mais ce même Béroul s’est largement inspiré des contes qui circulaient à cette époque dans le royaume d’Angleterre d’Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine, via troubadours (du pays d’Oc, sud Loire) et trouvères (du pays d’Oïl, nord Loire). Des influences diverses nourrissent cette littérature qui découvre notamment l’esprit de la courtoisie.

Par principe, le chevalier courtois rend hommage à une « dame » qu’il aime de loin, de façon religieuse et platonique. En ce sens, Tristan comme Lancelot se voue à un seul amour. Mais, au lieu de s’étourdir de rêve et d’idéal, lui consomme presque sauvagement cette relation à l’autre. L’étreinte d’Iseut lui est nécessaire, à tel point qu’il est prêt à tout pour la retrouver.

C’est le sens de la fable du chèvrefeuille et du coudrier que conte Marie de France dans son célèbre poème connu sous le titre « le Lais du chèvrefeuille », « Ni vous sans moi, ni moi sans vous ». Enlevez le bâton de coudrier au chèvrefeuille et tous deux dépérissent...  

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Tristan dans le maquis arthurien (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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Parmi tous ces noms qui émergent presque spontanément du « maquis » arthurien figurent les noms de Tristan et de sa compagne Iseut. Tristan est originaire de Bretagne armoricaine et est venu au monde de sa mère Blanchefleur, veuve inconsolable de Rivalin. Son père est mort peu avant sa naissance et cette forte mélancolie est marquée dans ce nom qu’il porte comme une cicatrice.

Tristan fait partie de ces hommes valeureux, désintéressés par la vie et capable de s’oublier par désespoir. Il a toutes les qualités du chevalier errant et cette sensibilité exacerbée qui le met un jour au contact d’Iseut la Blonde, créature des terres d’Irlande. Tristan se rend en effet en Irlande pour se faire soigner, suite à l’affrontement de l’un des ces monstres dont la littérature arthurienne est friande. Iseut fait partie de ces femmes dotées de pouvoirs magiques : c’est elle qui soigne le beau chevalier de sa blessure et qui le garde auprès d’elle. C’est elle aussi que Tristan doit ramener à son oncle le Roi Marc.

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Une conteuse au lycée

Publié le par Eric Bertrand

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Autour de cette matière de Bretagne que mes collègues et moi nous efforçons patiemment d’appliquer, couche après couche sur le « tronc commun » de nos élèves, nous avons le projet de faire intervenir une conteuse dans le courant du second trimestre.

Après une première rencontre, la perspective semble d’autant plus intéressante que notre nouvelle partenaire propose également d’engager un travail sur « l’oralisation » des contes. Dans un premier, temps, elle offrira sans doute un fragment de légende (peut-être la légende de la ville d’Ys autour de laquelle je vais travailler) afin de faire entendre aux élèves la magie des mots et des histoires quand ils sont libérés des textes à étudier et du cadre de l’examen...

Puis, dans un second temps, elle les amènera à « dire leur production », à valoriser ce qu’ils auront écrit relativement à la matière de Bretagne. C’est là que l’ensemble des activités se font écho : une fois que mes collègues et moi aurons posé les bases réelles des légendes et des territoires, les élèves auront pour mission d’imaginer un fragment de récit de Bretagne. Belle aventure que nous avons inaugurée hier sur le temps d’une petite rencontre au CDI !

 

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Une Bretagne ou des Bretagnes ?

Publié le par Eric Bertrand

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La question se pose assez vite sitôt que l’on s’intéresse au domaine celtique. Grande et « petite » Bretagne sont intimement liées dans les textes et la communauté celtique (telle qu’elle se réunit par exemple à Lorient chaque été) en est un signe fort.

Irlande, Ecosse, Pays de Galles, Cornouailles et Bretagne sont unies par la langue gaélique et par une forme de l’imaginaire directement liée à ces paysages si caractéristiques. Plus au sud, sur les rivages atlantiques, la Galice présente étonnamment les mêmes traits... Il semble que la pluie, la lande, le grand océan et sa voix lugubre dans les bruyères sèment dans les esprits le même grain de folie imaginaire.

Dans les récits qui nous intéressent, les personnages naviguent entre ces pôles : Tristan, neveu du Roi Marc, va chercher Iseut en Irlande avant de revenir en Cornouailles. Les chevaliers de la Table Ronde parcourent les landes de Galles ou d’Armorique, traversent les étangs et les lacs d’Ecosse en quête d’aventures et d’Autre Monde. Avalon est toujours quelque part, prêt à émerger à l’horizontal.

 

 

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Représentations de Bretagne : chevaliers et moustaches en guidon de vélo (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

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La figure du druide domine un certain nombre de représentations : le nom de Panoramix revient assez facilement dans les esprits. Il met en scène la tribu d’Astérix, ces « farouches Gaulois » qu’Uderzo et Goscini ont dessinés à leur époque moins en référence à la réalité des guerriers celtes d’Armorique qu’en référence à la France des années 60. Gaulois râleurs, bagarreurs, les moustaches en guidon de vélo, aimant boire et banqueter.

            Arthur est également rattaché à cette Bretagne mystérieuse, de par ses origines légendaires qui font de lui un être qui appartient à l’ile d’Avalon. C’est d’Avalon que lui vient l’épée Excalibur. Pas d’Arthur sans sa Table Ronde et son assemblée de glorieux chevaliers. Lancelot, Perceval, Yvain, Tristan, Gauvain, Galaad, sans cesse en quête d’aventures. Chevaliers courtois, lancés dans la quête du Graal, objet de fascination, mi celtique, mi chrétien, parfait exemple du syncrétisme qu’opèrent les religions, à l’image de ces menhirs qu’on trouve au hasard dans la campagne et sur lesquels ont été sculptées des croix.

La réputation d’Arthur est celle d’un roi qui aurait su créer l’unité entre les tribus de Bretagne afin de refouler vers le nord les hordes de Saxons et de Scots toujours menaçants.

(A suivre)

 

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