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voyage

Représentations de Bretagne : granit et paganisme (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

              Autre aspect des réponses... La météo, la nature... La Bretagne, c’est un paysage, une nature âpre, austère, battue de pluie, de vent, de tempêtes. Un lieu rude, dont le granite porte la marque de ses lointaines origines celtiques. Pierres levées, dolmens, menhirs, cromlechs sont le signe de cette antiquité et rappellent la relation particulière aux astres, à la terre, aux mouvements d’équinoxe que les druides entretenaient dans l’ancienne religion.

Du haut du Menez-Hom ou dans le fond des forêts épaisses (l’antique Brocéliande dont le massif courait jusqu’au territoire de Huelgoat), cette haute spiritualité, cette obscure présence du paganisme est encore perceptible. Se perdre dans Brocéliande au détour d’un chemin creux, plonger le regard dans le miroir des fées ou s’égarer dans le Val sans retour... Autant de hauts-lieux propices à l’égarement de l’esprit et au contact avec l’Autre-Monde des Celtes.

De nombreux lieux-dits font écho à la légende druidique et à toutes les créatures un peu magiques associées à l’ancienne religion : fées, korrigans, Merlin, dame du Lac, tout le petit peuple des frontières de ce monde rattaché à l’île mythique d’Avalon, Avalon où, selon la légende, Arthur attend son heure...

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Représentations de Bretagne : crêpes et kouign-amann (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

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          Quand on interroge les élèves sur ce que leur évoque la Bretagne, voici ce qu’ils répondent... J’en fais un bilan enrichi car j’en connais dans ce blog que la chose intéressera... Crêpes, galettes, cidre, kouign-amann, palets bretons... La Bretagne n’est pas seulement gastronomie.

Mais comme l’Ecosse sent le fish and ships, la Bretagne sent la crêpe. La Bretagne se respire, la Bretagne se savoure, et les odeurs de bonnes crêperies se mêlent aux fortes senteurs de l’océan jamais très éloigné. Comme l’écrit Léo Ferré, qui chante « la mémoire et la mer », « En Bretagne, y’a toujours la crêperie d’à côté et un marin qui t’file une bonne crêpe en ciment tellement il y a fourré une tonne de sentiments ».

 

 

 

 

 

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La Bretagne à l’honneur

Publié le par Eric Bertrand

Bretagne2012 (75) [1600x1200]

 

J’aborde demain avec la complicité d’un collègue d’histoire et de la documentaliste un nouvel enseignement d’exploration consacré à l’image de la Bretagne. Les voies historiques et littéraires vont diverger assez vite mais en même temps réaliser des tours et des détours, des entrelacs presque, un peu comme ces motifs celtiques qu’on trouve au gré d’une plaisante envolée en terre d’Armorique.

                Après deux séances de présentation et de problématisation, nourries de recherches et d’interrogations diverses, (alimentées par un fonds de documentation), nous aborderons les terres arthuriennes... Ce sera là notre travail commun sur le fonds de la « matière de Bretagne ». Je communique à partir de demain une orientation générale afin de donner idée de la façon dont je pense piloter l’embarcation sur la mer dangereuse !

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Quand Rousseau rencontre Cabrel

Publié le par Eric Bertrand

Derrière la maison (2) [1600x1200]

 

Rousseau a toujours fait figure de philosophe marginal par son goût préromantique pour la solitude, marginal par ses idées et marginal par l’originalité de sa démarche.

                A l’instar de Montaigne, ou de l’un des ces philosophes péripatéticiens, Rousseau est un philosophe qui marche et qui nourrit son esprit de la grandeur des paysages traversés. Essentiellement Savoie, Haute-Savoie, Suisse, Piémont. Un philosophe de plein air, nourri d’alpages et de pensées mélancoliques qui aurait bien pu hanter les tableaux de Friedrish.

                Le pas de Jean-Jacques a foulé l’herbe des sentiers dès son jeune âge. Il y a un côté Rimbaud dans Rousseau (la marque R-rance- est elle un symptôme ?) Il le rapporte dans ses Confessions, mais également dans ses belles Rêveries du Promeneur solitaire dans lesquelles il témoigne des ses plaisirs d’herborisation. La nature ne l’a pas quitté du début de ses vagabondages à l’ermitage savoyard de l’inoubliable Mme de Warens et jusqu’à ses  pensées existentielles sur les rives du lac de Bienne.

                En cela, l’écriture de l’adversaire de Voltaire ne « sent jamais le cabinet ». Elle est mâtinée de pâturages, elle sent le fruit et la prairie, le vin et le lait. Dans tel passage des Confessions, il raconte le bonheur simple que lui procurent une tranche de pain, un bout de fromage partagés chez un paysan. Dans la Nouvelle Héloïse, il évoque le plaisir des vendanges et de l’activité générée au sein d’un village, d’une communauté quasi tribale, excités par le travail collectif du raisin. 

                A la fin d’une telle journée, la société est loin, la répétition opiniâtre des gestes d’antan a refoulé la menace du Progrès, le luxe ultime, c’est le repas du soir, les brocs de vin, les chansons. Une « Carte postale » comme en chanterait Cabrel... L’état de nature intacte sous cette espèce de grande « cabane au fond du jardin ». Les jeunes ne sont pas encore partis de « ce hameau perdu sous les étoiles ». Mots des serveuses aimables, chiens dormant sous les tables, nuits de moisson... « Tout est bien sortant des mains du Créateur, tout dégénère entre les mains de l'homme."

Goudronnées les pierres des chemins tranquilles, relevées les herbes des endroits fragiles, désertées les places des belles foraines, asséchées les traces de l'eau des fontaines (...)

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Sur la route again avec Jack Kérouac ! (4/5)

Publié le par Eric Bertrand

 


Jack Kerouac explique "Sur la route" par chriscousin

 

Au terme du voyage, tout ce qui compte, c’est l’exaltation de l’amitié ou de l’amour, la griserie de la route, la mystique des paysages inouïs, dans l’aube ou le crépuscule: « J’ai embrassé l’aube d’été ». Jack a quitté « New York aux anciens parapets ». Les voitures à bord desquelles il voyage se transforment en bateaux ivres ! Pleins gaz vers les étoiles. Quelle nébuleuse ! Ah mon pote, quel vaisseau de rêve ! Imagine si toi et moi nous avions une grosse auto à nous ! Une grosse Américaine style Cadillac... Quand j’étais  gosse, et que je roulais en auto, j’avais l’habitude d’imaginer que j’avais une grande faux à la main et que je coupais tous les arbres et tous les poteaux et même que je tranchais les collines qui volaient derrière la vitre.

                Quand le rideau se ferme, Jack vient de rencontrer « la petite Mexicaine »... « La petite Mexicaine », avatar de Marilou, héroïne de « Sur la route ». Elle a aussi quelque chose de la Marilou de Gainsbourg. Elle emprunte certains de ses traits à la Lolita de Nabokov. J’avais acheté mon billet et j’attendais le car de San Francisco quand soudain je vis une gentille petite Mexicaine en pantalon s’engager dans mon champ de tir... Au souvenir de Marilou, Jack ferme les yeux. « Ah, tu peux pas savoir mec, il lui fallait les discothèques et puis bouffer au Kangourou night Club »...

                Toujours penché sur la Remington, son aîné recompose le passé lumineux. Route, poussière, sable... « Blowing in the wind »... Dylan et le rythme hallucinant des mots, mots qui martèlent les souvenirs, qui marquent la cadence de la route, qui canalisent l’énergie et tordent le coup à la mélancolie, images vivaces qui reviennent plus nettement encore que dans le vrombissement des moteurs de voiture, « beat » de cette langue particulière dont le grand Jack s’est fait l’apôtre. How many roads must a man walk down before you call him a man ...

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