Le lecteur se souvient peut-être que l’un des axes d’approche pour l’écriture du Ceilidh a été la relecture et la réécriture de Macbeth
adapté à un univers plus proche du polar noir que de la tragédie bien que les deux genres se mêlent étroitement dans la pièce. Cet aspect de mon travail est celui qui intéresse principalement
Marina dans la manière dont elle veut présenter le projet. Témoin ce petit échange entre nous par courriels interposés.
Yes, it would be fabulous, and we just need to find our market, because I KNOW there will be people who'll want to see the show knowing it's a spin-off of Macbeth. Unfortunately, that's how
you have to market it to American people - that it's a "spin-off" of something. Otherwise they just won't make the connection. You need to tie to back to Shakespeare, and they'll remember what
you're talking about. Marina
Remind that when I first wrote for "the Ceilidh", my idea was to work over a spin off of Macbeth because I wanted my pupils to get the opportunity of getting involoved in the atmosphere of the
scottish tragedy...
Eric
Ceux qui fréquentent ce blog et ceux qui me côtoient savent que je
travaille depuis quelques mois sur une œuvre qui concerne le collège et la vision que j’en ai. Je le dis tout de suite, elle n’est pas reluisante. J’observe, j’écoute, j’échange des
impressions et le courriel que j’ai reçu récemment de mon amie américaine Marina va bien dans le sens de ce que je suis en train
d’évoquer… Boris and I went to Stamford High, and it was a total zoo. The kids were really wild. I feel so sorry for my
teacher. But we got through the presentation, more or less. The quality of work was really poor, I must say. Those kids can barely put two words together. And this is America's future. Yikes. Oh
well, I am going to try to be positive, and hope that I can reach those kids who want to be reached.
Le Tennessee Club (6) : "On va régler des comptes..."
J’ai reçu cette semaine encore quelques commentaires sur « Pour y voir Clerc » et, parmi ces derniers, je
retiens notamment cette réaction intéressante d’un lecteur qui a été marqué par le sens du détail qu’il y a dans la narration et notamment du
détail qui renvoie à une époque déjà ancienne…
Il évoquait la facilité avec
laquelle les jeunes accèdent maintenant aux disques, aux communications, aux images. C’est en effet l’un des points que j’ai voulu montrer dans mon livre,
cet écart entre deux époques, celle des années 70 et la nôtre. Un certain culte du 45 tours ou du 33 tours, la fragilité du saphir, le rituel de la pochette de disque, la valeur des choses,
l’iconographie et les images idéalisées des vedettes américaines, les visages burinés de John Wayne ou d’Henri Fonda dans les westerns, la splendeur de Gina Lolobridgida, de Grace Kelly, de Kim
Novak ou de Liz Taylor, ce que Souchon appelle dans une chanson « les fumées dans les chemins de fer, la beauté d’Ava Gardner »…
A l’occasion des trente ans de la mort de Claude François, on entend beaucoup reparler de l’idole et les fans s’agitent à
nouveau. Je n’ai jamais été très fan de Cloclo mais je me souviens combien il faisait partie du paysage à l’époque où j’écoutais tant Julien Clerc, et je me souviens aussi que certains mois, ma
sœur avait « des périodes Clodette ».
Elle mettait un vieux kilt, un 45 tours usé, et dansait devant l’armoire à glace. J’aurais pu en parler dans « Pour y voir Clerc », cela
ne s’est pas imposé. J’ai évoqué Johnny Halliday, Joe Dassin, mais pas Claude François… Ni Polnareff. J’aurais pu…
Mais il y a tout de même quelque chose que je voudrais signaler à propos de Claude François… Savez-vous quel a été l'ultime
"déclic" pour me lancer dans "Pour y voir Clerc" ? Le film "Podium" et le moment où on entend "la Californie". L'épouse de Bernard Frédéric (qu'incarne Julie
Depardieu) est fan de Julien et j’ai trouvé que la voix de Julien dans ce contexte de Clodettes et de paillettes avait un effet prodigieux...
L’approche du printemps me ramène à la période mélancolique de la préparation ultime des spectacles, lorsque, pendant
ces dernières années, tout le travail en scène conjugué à celui de l’écriture épousait sa réalisation musicale au Moulin à Son … Le bourdon ?
Dès que je poussais la porte du Moulin, je butinais les échos des instruments ou des voix, rencontrais les
musiciens, les chanteurs, le technicien pour les bruitages et les aménagements divers, les comédiens amenaient leurs costumes, la scène se patinait d’un miel nouveau. Cette
année, il n’y a pas de floraison, et je le perçois comme un pollen en moins…
Est-ce un hasard si je suis, justement en ce début mars, en train de mobiliser tous mes documents vidéos pour en transférer
les meilleurs moments sur You Tube ? En tout cas, je vous invite chers lecteurs à vous y rendre au quotidien, puisque j’y ajoute régulièrement de nouvelles petites
pépites du travail de l’Atelier.
On sait que parmi l’ensemble des spectacles, il y en a un dont les traces sont plus pauvres que les autres (et c’est
peut-être aussi le plus réussi de tous ?), c’est « le Ponton ». Mais, grâce à Liliane qui vient de nous envoyer un paquet de quatre DVD de tournage des répétitions, je suis
en mesure de vous faire partager quelques-uns de ces moments forts de l’été sicilien ! Rendez-vous sur You tube !
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/