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spectacle de theatre

"Le Ceilidh" aux States

Publié le par Eric Bertrand

               Ce thème est assez réccurent dans le blog et il faut dire que c’est Marina, mon amie actrice et productrice américaine qui me relance régulièrement. Le fait est qu’elle a beaucoup aimé cette production, notamment du fait qu’elle est très sensible à la part celtique de la pièce et à sa dimension « romantique » au sens shakespearien du terme. Une fois le problème de la traduction résolue, elle m’invite à venir produire le spectacle dans cette ville où elle dispose d’appuis divers et d’une troupe d’acteurs professionnels. Je publie cette série d’échanges pour indiquer (à ceux qui comprennent l’anglais) le contenu de sa pensée.

 

Trust me, it's not nearly as impossible as you imagine.  It's quite possible.  We have a theater and a great group of actors.  All we need is an extra bedroom for you and your family.  And then we can really make great things happen.  I should put you in touch with Diane LaSala, the one who directed "Hugo". You can tell her more about "LeCeilidh".

 

"Actually, I don't anticipate the translation being a problem, since the action takes place in an English-speaking country.  The problem will probably be with the accent, considering none of my actors can do a Scottish accent.  I'll just have to make them use a British accent."

 

I come with a cast of excellent and versatile actors.  You have a lot to choose from.  They are definitely not silly, and they are definitely grown up

 

Well, then, I see no other way but for you to come to the States during your looooong summer vacation and teach a workshop here, in New England, and produce LeCeilidh.  That's just how it will have to be.  No other solution."

 

I thought I should introduce you.  Eric(k) is my colleague and penpal from France.  We met discussing Hugo's exile era works online back in 2006.  And Diane is the talented, generous, beautiful director who put "Hugo" on stage.  Perhaps, dear ones, you can exchange tips for stage design.  Eric staged "LeCeilidh", the modern adaptation of "Macbeth".  Remember our discussions about using projector and a white screen?  His wife Jenny is a fabulous choreographer.  Their children also join them on stage.

Beach in John O'Groats...

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L’Ecole des Femmes à la Coursive (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

               En termes de mise en scène, jean-Pierre Vincent a opté pour une scène qui tourne, ce qui permet au spectateur d’aborder, sous des angles différents, la façade de la maison d’Arnolphe, citadelle « imprenable » en haut de laquelle est enfermée la « princesse Agnès ».

               Daniel Auteuil joue un Arnolphe obstiné, capable de rage, de calcul et en même temps d’humour, presque d’auto-dérision, prenant de temps à autres, dans son costume d’époque, des airs savoureux de Matamore. Agnès, incarnée par Lyn Thibault, a des airs de sotte qui conviennent merveilleusement bien au personnage. Cette comédienne dit parfaitement le texte de Molière et, à la « sottise » qu’on lui a infligée dans les manières, elle oppose des regards francs ou des regards « en-dessous » qui font sentir la capacité du personnage à se mettre à « l’école de l’amour ». Molière a-t-il déjà inventé, bien avant Nabokov, le personnage troublant de la Lolita ?

               A l’issue de ce spectacle qui dure deux heures vingt, le spectateur sort ébloui par la vigueur du texte de Molière que les acteurs de la troupe jouent avec tant de professionnalisme. Les tours de La Rochelle sont éclairées dans la nuit glacée de janvier, et les barbons qui ont beaucoup ri, regagnent leurs voitures sur le parking de Saint Jean d’Acre, en ricanant avec leurs greluches.

The "Brough", near Wick...

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L’Ecole des Femmes à la Coursive (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

              Vendredi soir, à la Coursive, l’une de mes pièces favorites : « l’Ecole des femmes », que Molière a écrit au sommet de sa gloire, au moment où il vivait une union avec une femme beaucoup plus jeune que lui.

              C’est précisément l’un des thèmes forts de la pièce… Le décalage entre deux êtres qui ne se réfèrent pas aux mêmes valeurs pour construire leur existence (en l’occurrence, toute une vie pour la jeune Agnès qui sort du couvent et qui ouvre des yeux éblouis sur la société alentour de son balcon et « un reste de vie » pour Arnolphe, vieux barbon arrogant, gonflé par une sorte de « retour de printemps »…

              Au début de la pièce, il campe allègrement sur ses positions : les femmes sont belles, savantes, souples, enragées et les maris sont pour la plupart cocus. A moins de prendre une jeune fleur à la racine et de lui couper tous les surgeons du vice. De lui enseigner la religion, les principes du bon comportement, les préceptes du mariage… « Les femmes ne sont nées que pour la dépendance, du côté de la barbe est la toute puissance… » Véritable bréviaire du phallocrate qui lui sert de cheval de bataille…

               Le programme est rigide, militaire, Arnolphe monte férocement la garde et a détaché à ses côtés deux sergents ridicules, aussi bêtes et méchants que ses principes. C’est penser sans les astuces de l’amour et la capacité d’Agnès à découvrir toutes les subtilités du jeu amoureux. Car, sitôt qu’elle met le nez dehors, la fleur domestique sent des poussées de sève. Le premier « blondin » qui passe est embaumé par la force de son parfum…

              La bataille entre les fulgurances de l’Amour et les garde-fous du barbon est dés lors engagée. Et la scène est le lieu torride de cet affrontement où jalousie, tourments, rage, pensées criminelles mettent, peut-être pour la première fois de sa vie, Arnolphe aux prises avec la passion… Demain, je reviens sur la mise en scène.

 

Near Old Wick Castle

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La Seconde surprise de l’amour à la Coursive

Publié le par Eric Bertrand

            Comme Shakespeare, on sait que Marivaux
           La situation initiale est simple et très marivaudienne, deux êtres éplorés, déçus par l’amour, se trouvent rapprochés par une complicité d’amitié. Ils ont soupiré, ils ont été blessés, ils ont plu, ils ont voulu plaire, prennent plaisir à se le dire, à se le faire remarquer, à analyser le flou du sentiment, à se l’entendre dire, à se sentir seuls et à nouveau disponibles sans pour autant consentir à se vouloir abandonnés.
Car la machine à séduire est prompte à se déclencher et il est toujours si doux et enivrant de tomber peu a peu dans les mailles du filet amoureux. C’est à ce plaisir là que cèdent facilement les deux amants blessés qui se recomposent un visage et un cœur et qui finissent par s’avouer qu’ils s’aiment.
             La pièce est un peu lente, manque de rythme, mais l’analyse est toujours aussi fine… c’est le scalpel du naturaliste qu’on devine derrière les ombres des amants… Et l’obsession de Marivaux à faire durer cette situation de jeu qui précède la « chute dans le mariage ». Le metteur en scène l’a bien compris quand, dans les derniers instants de la pièce, il fait allumer la salle. Les personnages disent alors, disent enfin, « qu’il faut se marier » et la belle lumière de rêve dans laquelle baignait la scène a cédé la place à la lumière crue des hommes et du monde et de la fin du spectacle jubilatoire des cœurs qui battent déjà beaucoup moins fort. 

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a fourni le plaisir de la scène aux premières expériences de l’atelier d’Expression artistique. Nous avons assisté mardi soir à la pièce moins connue de cet auteur, « La Seconde surprise de l’amour » dans une mise en scène de Luc Bondy.

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