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theatre au lycee

Répétition du 8.02 : acte 2

Publié le par Bertrand

Elle s’est tenue au Moulin à Sons, sans Françoise ni Julie, occupée à réviser pour le bac blanc. On a donc axé sur la deuxième partie du texte, celle pendant laquelle Rebecca est censée être en coulisses. L’occasion de travailler le détail de cet acte au cours duquel se déchaîne la violence.
              Violence des discours, violence de John Sinclair, ombrageux amant enfermé dans le cachot, violence de Georges, frère vicieux et corrompu, parfait élève de Machiavel : « Quand on veut le pouvoir, on avance masqué », violence sadique du Master, ivre de son pouvoir et de ses ambitions, violence des sorcières qui sentent venir le moment de la curée, violence de Fiona, enragée par l’enfermement et le gâchis de ses belles ambitions…
              Ce déchaînement de violence est visible et audible sur la scène, cris, gestes, accessoires : la canne du Master avec laquelle il défie le fils maudit, la bouteille de whisky qui permet aux deux frères ennemis de s’entretuer et aux sorcières de se disputer mesquinement, le couteau laissé sur la scène par Rebecca… Les discours sont ponctués de signes de cette violence, hurlements, halètements, gestes de défi… l’occasion de rappeler aux comédiens la nécessité du silence et de la mesure de la passion ou de la rage à extérioriser.
              Proposition de costume pour Léonor : une robe rouge, décolletée qu’elle porte désormais pour incarner Fiona. Cela permet de mieux la distinguer de son personnage de Heather et souligne la noblesse de son tempérament. Il faudra ajouter un chemisier blanc, vaporeux, pour effacer la chair, spiritualiser la silhouette.
              A noter, nous avions un visiteur : Fabien, ex acteur de la troupe il y a deux ans. Il a joué dans L’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut, il était Max (et c’est en clin d’oeil à Max que j’ai choisi le nom du personnage qu’incarne Matthieu) et dans Loft History 2084, il était l’homme du futur, nommé Béta, en référence à la société du futur imaginée par Aldous Huxley dans le Meilleur des mondes. Comme il le constate lui-même, les choses ont changé depuis car il garde en mémoire le ton parodique et joyeux du Loft et la référence à un univers télévisé… alors que là ! …
              NB : la semaine prochaine, même endroit, même heure, même acte. Mot d’ordre : savoir le texte ! On prévoit également une répétition le samedi des vacances (18.02) entre 13h30 et 15h30, au Moulin à Sons : sont concernées seulement les trois sorcières claquettistes...
FH000014.JPG"Il est toujours dangereux de se promener le soir, du côté de la Baie des Sinclair"

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Musiciens sur la scène

Publié le par Bertrand

       Avec le début du deuxième semestre, la collaboration avec les musiciens devient plus signifiante. Jusqu'à présent, nous avons simplement oeuvré dans l'ombre avec Arlette qui se charge maintenant de la répartition des morceaux et de la distribution filiale des musiciens. L'un de ses buts déclarés est de mêler à cette expérience un maximum d'élèves lycéens. Mais nous avons aussi à nos côtés quelques adultes dont l'une de mes chères collègues, Christine, emballée par l'idée de jouer de la musique celtique aux côtés de son fils Kévin, lequel je retrouve toujours avec plaisir puisqu'il a déjà participé, en tant qu'acteur ou musicien, aux grandes aventures sur Jack, on the route again, (il était Jack, amenait avec lui un violon sur la route, jouait du Dylan pendant que je disais un texte) puis sur Gainsbourg, puis sur le Tennessee club (il jouait le fameux « Sur la route 66 » de Mitchell).
 
         Les musiques que j'ai proposées, toutes puisées dans les deux ou trois groupes écossais que j'écoute régulièrement, ont été sélectionnées ; de son côté, Jennifer a retenu des ballets. Je me suis exprimé sur ce point une autre fois dans ce blog. Nous prévoyons donc de nous réunir tous, acteurs et musiciens pour une répétition générale qui se tiendrait le 1er avril au Moulin à Sons. Ce serait l'occasion de se rendre compte de la gestion de l'espace qui constitue un réel problème lorsqu'on est nombreux sur scène. L'année du Tennessee, nous n'avions pas fait ce genre de répétition jusqu'à la veille du spectacle. Les choses s'étaient pourtant très bien passées, les musiciens évoluant presque naturellement sur scène puisque la scène était censée être un bar. Pas de changement donc cette année… La scène est, dans sa partie centrale, un pub et, dans un pub, on joue de la musique, celtique de préférence ! Surtout en Ecosse ! Quoique les sorcières nous entraînent vers d’autres cieux… Tangos et marakas !
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Noss Head from Girnigoe

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Premiers cauchemars

Publié le par Bertrand

                   Le temps des rêves ou plutôt des cauchemars… La date de représentation est pourtant encore éloignée et cependant les premiers mauvais rêves commencent à venir dans les coulisses ! La nuit laisse la place à l’obsession !... Quelques images de ce rêve, à ranger dans le catalogue du Docteur Freud. Amateurs de psychanalyse, à vos divans !

                   La troupe donnait sa représentation au Palais des Congrès et soudain, les techniciens interrompaient le spectacle pour indiquer qu’ils avaient besoin d’un tireur de rideaux. Ils étaient vêtus de loques, pièces de rideau minable qu’ils avaient récupérées… Puis ils quittaient la place et les acteurs se retrouvaient entre eux, mal préparés.

                   La distribution n’était pas bien définie, il y avait des comédiens que je ne connaissais pas qui prétendaient incarner Lady Macbeth ou Heather, ou Sheumas. Dans un coin, près de la trappe, Ronan sanglotait. Julie partait en criant sous la pluie. Elle était enveloppée dans un mackintosh (pas un ordinateur comme on me l’a déjà dit, mais un imper !)

                   Il y avait du public un peu partout. Pas un public nombreux, mais un public disséminé et résigné. Certains fumaient à nos côtés derrière le rideau pour attendre l’entrée des comédiens. D’autres guettaient dans les coulisses, une femme proposait même une couronne à Ronald, pour tirer les rois ! Devant la scène, quelques couples s’impatientaient. On n’entendait rien. En régie, le technicien s’agitait en ombre chinoise : « plus fort ! Plus fort ».

                   Les gens avaient déserté la grande salle. Les musiciens y faisaient un sitting et refusaient de jouer sur la scène. Les comédiens avaient trouvé une solution de remplacement. Ils laissaient tourner un baladeur d’où sortait une vague musique.

                   Je devais dire un texte, mais je n’avais pas appris. Je rentrais avec le livre dans les mains. Mon partenaire était le maire ! De quoi sursauter et mettre fin à la pantomime 

HPIM0916.JPG!

Caraibean dream...

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Retrouvailles des lofters

Publié le par Bertrand

Scène I
 
 
 
(La scène se passe en 2084. Big Brother, installé à la tête de l’état, utilise le vieux concept du Loft pour étendre son pouvoir via les médias et ridiculiser les derniers intellectuels, enragés de théâtre…)
La pièce est confortable, deux fauteuils, un rocking chair, un divan, une grande bassine simulant une piscine. Un tableau blanc. Projection de diapos des six visages de lofters (cinq filles, un seul garçon). Entrée enthousiaste, ils se saluent, Diva rentre la dernière sur l’air de Amélie Poulain.
 
 
Diva : (elle chante). « Je ris de me voir si belle en ce miroir… » Vous êtes ici pour la même raison que moi je parie !
 
La Goulue : En plein dans le mille ! Un Loft Story, pensez-vous, c’est une tradition dans la famille ! ma grand mère était une lofteuse de la dernière édition. Barbie Du Loft, c’était son nom…
 
Fleurette : (hystérique). Comment ça, Barbie Du Loft, la fille de Barbie Du Loft ?
 
La Goulue : Non ! Barbie du Loft est morte dans la piscine d’une crise orgasmique aiguë. Moi, je parle de Barbie Du Loft la mère, celle qui a couché avec Ken Du Loft !
 
Fleurette : Toutes les Barbie Du Loft couchent avec Ken Du Loft !
 
La Goulue : Il n’empêche que Barbie Du Loft, la morte n’a pas eu le temps de coucher avec Ken Du Loft !
 
Fleurette : Mais toutes les Barbie Du Loft couchent avec Ken Du Loft après avoir baisé dans la piscine !
 
La Goulue : Justement, pas Barbie du Loft, ma grand-mère ! …Vous auriez vu sa chute de reins et ses roploplos !… A faire rougir un pompier ! J’ai gardé toutes les photos de son Loft cachées sous mon matelas ! La Police de la Pensée n’aimerait pas trouver ça ! Surtout celle où elle pose nue avec un mec ! (Elle toise le garçon qui est assis au milieu d’elles, fait une moue de dédain) A cette époque, les mecs étaient plus nombreux et plus virils…
 
Fleurette : Ca c’est une chance ! Vous me montrerez ces photos quand on se sera barré du Loft. Même si on est très sollicités, on pourra fuir la caméra et se faire des petites soirées ensemble, juste entre nous. Au fond, je préfère l’intimité à tout le carnaval auquel nous allons être livrés ! Je suis comme ça moi, je suis une romantique !
 
Bobby : Moi, c’est tout le contraire ! J’adore l’idée qu’on me voit, tout le temps, tout le jour, sous toutes les coutures ! (Elle fait valoir ses formes rebondies) Déjà au lycée j’avais gagné au concours « Ecran total ». Le prof nous avait appris à cacher nos sentiments devant une caméra … « Visage lisse ! Visage lisse ! » qu’il disait toujours… Finalement, j’avais montré mes fesses et j’avais remporté le concours ! Ouais ! je veux que le téléspectateur soit intoxiqué de mon image ! Et que je fasse la Une des journaux quand je sortirai de là… le retour du Loft en 2084, c’est génial…
 
Tarzan : Mesdemoiselles, vous oubliez un point déterminant. Nous sommes intrinsèquement des comédiens de théâtre. Nous avons la chance inouïe d’interpréter, en prime time et devant un immense public, les grands textes menacés par la Pensée Unique ! Quelle noble mission !…Hier encore, Rosalinde et moi répétions dans une cave de St Germain des Prés, et devant un pauvre public une scène admirable de « Roméo et Juliette »… Nous allons prendre notre revanche et faire honneur à Shakespeare !
 
Rosalinde : Oh oui Tarzan ! s’il te plaît, là, tout de suite ! (elle improvise la scène du balcon) J‘aime Roméo ! Avec Roméo, mon lit est une voie lactée ! Avec Roméo, j’ai des astéroïdes dans la bouche et des comètes sur les lèvres ! Avec Roméo, mes nuits sont courtes ! Quand il me regarde, il fait briller les astres. Dans la clarté lunaire, il allume des cierges et, dans une cire d’étoile, il cisèle pour moi des bougies d’amour … 
 
Tarzan : Puisque c’est à moi qu’il incombe de faire entendre ici le chant du mâle … (Improvisant une réplique) : J’aime Juliette !  Je cueille sur ses lèvres le fruit d’amour défendu ! J’aime Juliette, je suis au paradis et je me bats au corps à corps avec Satan quand je passe sous le pommier de ses fesses et de ses seins !
 
Diva : Attendez, ne commencez pas comme ça à vous monter la tête ! Qui dit que vos téléspectateurs seront à la hauteur ? Pas facile de toucher les gens à notre époque ! Il faut
rester simple, surtout dans un Loft ! Moi aussi je fais du théâtre et c’est pas un hasard si je joue dans « La Cantatrice Chauve » de Ionesco. C’est pour ça qu’on m’a surnommée Diva, mais mon vrai nom c’est Esméralda, et la vérité, c’est que j’ai la chanson dans la peau (Elle chante) Regardez-moi chanter ! « The show must go on … »
 
Bobbie : (intriguée, elle sort de la poche de son mackintosh un calepin pour prendre des notes et commencer son enquête).  Comme c’est curieux et quelle coïncidence ! Moi aussi je suis actrice professionnelle ! Figurez vous que je joue depuis que j’ai trois ans. Moi aussi je joue dans « La Cantatrice Chauve ». Mais je joue plusieurs rôles… D’abord je suis la  bonne !… On m’appelle Bobbie, Bobbie Watson ! Pas Bobbie Watson, le commis voyageur !… Bobbie Watson, le commis de cuisine !… Je gratte la saleté, récure les fonds de bidets, vide les pots de chambre dans les waters, efface les traces de rouge à lèvres et écoute aux portes.      
 
Fleurette : (de plus en plus intriguée et le ton ne cessera de monter à chaque reprise). Comme c’est curieux et quelle coïncidence ! Moi aussi je fais du théâtre. Mon nom de scène, c’est Fleurette ! On me file toujours les rôles de jeune fille romantique. J’ai joué Marivaux, j’ai joué Shakespeare… Comme j’ai aimé ce que vous avez improvisé sur « Roméo et Juliette » ! Comme j’aimerais qu’un garçon me dise tout ça, oh ouais ça me fait rêver ! j’suis comme ça moi !
 
La Goulue : Comme c’est curieux  et quelle coïncidence ! Je fais du théâtre et vous ne me connaissez pas ! (Dépitée) Arh ! …Je suis la star du moment. Je sais jouer tous les rôles. J’ai touché à shakespeare, à Ionesco, à Marivaux, mais aussi à Musset, à  Sartre et à Brecht ! A tous les auteurs interdits par la loi ! On m’a surnommée la Goulue, parce que la Goulue se frotte à tout, qu’elle n’a peur de rien !… J’ai ma voix, j’ai mes cuisses et j’ai mes bras ! La Goulue, c’est la scène et c’est la route ! Je balade du spectacle à tout venant et je tire derrière moi une roulotte de saltimbanque qui va de village en village !
 
Bobbie : (de plus en plus  inspirée). Comme c’est curieux  et quelle coïncidence !… (Elle sort une bouffarde de la poche de son mackintosh) Nous sommes tous comédiens … nous jouons tous les mêmes auteurs … nous avons tous été sélectionnés pour le Loft… (très mystérieuse) Ils l’ont donc fait exprès !… (catégorique, elle signe sur son calepin) Mon vrai nom est Sherlock Holmes !
 
Tarzan : Oh ! really ? You are Sherlock Holmes ! So you speak english !
 
Bobby : Yes I do !
 
La Goulue : So do I !
 
Fleurette : So do I !
 
Rosalinde : So do I !
 
Diva : So do I !
 
Bobbie : (triomphalement). D’où je déduis qu’ils nous ont choisi non seulement parce que nous sommes comédiens, mais aussi parce que nous parlons anglais !… Mais il subsiste une énigme… (Se donnant de l’importance) : jamais deux sans trois !…Il doit y avoir une troisième raison …
 
La Goulue : Mais voyons, c’est évident ! C’est parce que je suis là ! Moi, la plus belle et la plus agréable à regarder, et à écouter, et à embrasser, et à caresser… et tout et tout ! C’est parce que vous êtes un cirque de spécimens et que vous avez parmi vous une bête de foire ! (Exaltée) Le clou du spectacle, c’est moi, la petite fille de Miss Barbie !
 
Rosalinde : (vexée). C’est pas du tout ça !  (Révoltée, mimant une scène de théâtre) L’évidence, elle est dans le théâtre ! Elle est dans le plaisir que je donne au spectateur lorsqu’il me regarde dire mon texte ! Et mon texte, c’est Shakespeare qui me l’a donné, et Shakespeare me colle à la peau… (venant se mettre au niveau de la Goulue, jouant avec les artifices vestimentaires de cette dernières) J’en suis gantée, j’en suis gainée, j’en suis culottée jusqu’en haut des cuisses. Shakespeare est mon porte-jarretelles et le public attend de moi que je lui en exhibe les dentelles !
 
Tarzan : (allant d’une fille à l’autre). Laissez moi donner mon avis !… Sensuelle ! Brillante ! Pulpeuse ! Appétissante ! Troublante ! Excitante ! Dévastatrice !… Vous offrez à vous cinq toute la gamme de l’émotion érotique et je suis à genoux devant vous !
 
Diva : (offusquée).Voyons milord, sachez donc vous tenir ! Nous n’avons pas pris ensemble le même train ! Nous n’étions pas dans le même wagon ! Nous ne dormons pas dans la même chambre, ni, à plus forte raison, dans le même lit, et nous n’avons d’ailleurs en commun ni le lit ni les enfants ! Veuillez bien vous en souvenir ! (Elle chante) « Allez venez Milord, vous ne m’avez jamais vue, je ne suis qu’une fille du port, une ombre de la rue ! »
 
Tarzan : Sachez mademoiselle que j’ai horreur de la vulgarité, et je ne me permettrais jamais de vous blesser, ni vous ni une autre ! Puisque nous sommes amenés à séjourner quelque temps dans une cellule dorée, apprenons donc à nous connaître !… Des garçons dans mon genre, ça ne court plus les rues à notre époque ! Ceux que je croise ne regardent plus les filles, ne les sifflent plus, n’essaient même pas de leur parler et ne pensent plus qu’à leur objectif professionnel ou à leur planche de surf ! Moi, je suis pas de ce genre et je m’en réjouis pour vous ! C’est d’ailleurs pour cela que je détonne dans les mecs de ma génération au point qu’ils me surnomment Tarzan, l’homme singe !
 
Fleurette : Nous n’allons certainement pas t’en vouloir pour cela Tarzan ! Je trouve même que de nos jours, il devient difficile de séduire un garçon ! Ils sont tellement beaux et lisses qu’on n’ose pas les toucher ! Toi au moins, tu n’es pas très beau mais tu nous courtises et tu tiens de beaux discours et j’en suis toute rouge de honte !
 
La Goulue : Et puis, nous pouvons très bien tomber amoureuses d’un garçon qui sait parler avec ses mains et avec ses doigts ! C’est devenu tellement rare ! Ils ne savent que mettre leurs doigts sur leurs ordinateurs ou sur leurs planches de surf !
 
Tarzan : Je poursuis donc mon idée, les filles… Mon interprétation est la suivante : le seul point commun qu’à mes yeux vous ayez est que vous êtes toutes admirables ! Vous avez toutes un petit quelque chose pour le plaisir des yeux et c’est pour ça qu’ils vous ont sélectionnées !
 
Bobbie : (enivrée). C’est vrai que je suis belle ! (elle ouvre son mackintosh pour dévoiler une tenue beaucoup plus provocante, celle de la soubrette…) : « Ces mamelles au travers les barreaux des fenêtres percent les yeux des hommes ! »… Shakespeare a écrit ça pour moi ! C’est du sur mesure ! « Those milk paps that through the window bars bore at men’s eyes ! » (refermant son mackintosh et voulant se montrer gentille, caressant le visage de chacune) Mais il a raison Tarzan, vous aussi vous êtes belles, les filles ! (Considérant enfin Tarzan avec mépris et tirant sur sa bouffarde) et tu es là justement pour confirmer la règle !
 
Diva : Gardez donc ce genre de répartie pour l’antenne ! Il faudra bien qu’on trouve des choses un peu marrantes à se dire pour intéresser notre public ! (Elle chante) « The show must go on »
 
La Goulue : Mais vous ne savez encore pas que le loft, ça a toujours été une émission dans laquelle il ne se passait rien. C’était justement ce qui faisait son charme, le rien !
 
Rosalinde (faussement choquée). Rien !… et mon talent… c’est du néant ?
 
Bobbie : et mes seins, et mon dos, et mes reins, et mon génie, c’est du néant ?
 
Rosalinde : (la parodiant, agacée).   « Et mes seins, et mon dos, et mes reins, et mon génie, c’est du néant ? »… et mon cul, c’est du néant ?
 
Tarzan : Rosalinde, très chère, restez dans le registre qui est le nôtre, je vous prie ! Nous sommes là pour relever le niveau de trivialité absolu vers lequel, ma mie, j’ai le regret de vous avertir que vous tendez !
 
Bobbie : (déduisant toujours). D’où je déduis qu’ils nous ont choisis pour relever le niveau !… et peut-être même réhabiliter les grands textes que nous connaissons ! (elle se met à délirer) Dans dix ans, vous verrez, nous serons les vedettes du show biz et nous aurons des contrats dans le monde entier pour jouer « Salammbô » dans le désert de Mauritanie, « Madame Bovary » dans un petit coin de Normandie ou « La Dame aux Camélias » dans une hacienda du Nouveau Mexique !
 
Diva : Ou encore « Carmen », ou « Esméralda » sous le soleil d’Andalousie ! (Elle chante) « Andalousia mia pays d’amour ! »… Mais moi je vois peut-être encore une autre raison, c’est celle là ! (elle s’avance vers l’avant scène, fait valoir le bas de sa robe espagnole et esquisse quelques pas de claquettes. Les autres applaudissent, à l’exception de Bobbie)
 
Rosalinde : (parodiant Bobbie). D’où je déduis que c’est celle là ! (Elle exécute à sa façon quelques pas de claquettes. Applaudissements)
 
La Goulue : (même jeu). D’où je déduis que c’est celle là ! (applaudissements)
 
Tarzan : (il saute sur la table et montre qu’il est un homme). D’où je déduis que c’est celle là !.Commence alors un ballet érotico-vulgaire qui montre bien que ces personnages sont issus de la caste jugée « indécente » par Big Brother et son équipe.)……………………………………
 

Ce sont les mots, la vibration que j'ai entendus samedi lors de nos retrouvailles avec la vieille troupe qui s'attelle courageusement à la reprise de la pièce dans l'optique d'une représentation programmée à Saint Malo le 28 avril prochain.

Je dis "courageusement" : ce n'est pas le courage qui manque à ces comédiens du "Loft History 2084", émus de se retrouver à travers ce texte, ce n'est pas non plus le talent qui manque à ceux qui ont accepté de jouer à la place des "manquant", mais Solenn, qui mène le projet, aura bien du mal à organiser ses répétitions. Samedi, nous n'étions que 7 sur les 12 prévus, et les absents avaient-ils des motifs valables ? Les dates proposées pour les répétitions ultérieures semblent poser problème à ceux qui étaient présents... Moi-même, je ne suis pas sûr d'être en France le 28 avril... Et pourtant, ça me ferait tellement plaisir de soutenir jusqu'au bout le projet ! Rappelons que l'opération consiste à trouver des fonds pour financer un voyage au Mali...

En tout cas la réunion était sympathique et avait quelque chose de la revue de stars dans le genre de ces émissions consacrées à ces vedettes que le "tube cathodique" a oubliées et qui reviennent brutalement en pleine lumière pour montrer qu'elles ont encore du talent et qu'elles ont même gagné de l'étoffe, de l'assurance et de la maturité...

Avis : petit répit de huit jours pour ce blog. A partir de demain, je quitte le clavier et la connexion pour rentrer du côté de Lyon le temps des fêtes.

Bonnes fêtes à vous tous ! beaucoup de livres sous le sapin et de créativité dans vos esprits !

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Retour dans le loft

Publié le par Bertrand

C'est la reprise officielle aujourd'hui du Loft History 2084. Je l'avais annoncé dans ce blog il y a quelques semaines, Solenn réussit son pari de réunir la vieille troupe des lofters (quelques uns des meilleurs comédiens que j'ai eus dans l'atelier, qui en ont partagé les émois pendant trois ans) Il y a bien sûr redistribution des rôles mais, globalement, ont retrouve les grandes figures, celles de la Goulue, de Tarzan, de Fleurette et de Diva. De Big Brother, je deviens Lex, l'organe répressif de l'Etat...

Rendez-vous dans la grande maison qu'elle met à la disposition de la troupe pour la première répétition. L'occasion surtout d'opérer l'alchimie avec les nouveaux venus et d'arranger la mise en scène en fonction des changements. Je dois aussi insister sur les réserves de ma présence dans la troupe : en effet, la pièce est jouée à Saint Malo à une période où je risque d'être absent... Réponse officielle en janvier. Un bilan de cette première en tout cas très prochainement... 

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