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cinema

« Entre les murs » vu après les cours (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

           Je remets à plus tard ma série d’articles sur le théâtre au collège pour revenir sur le fameux « Entre les murs »…

           J’avais envie de le voir depuis longtemps, ce film, et l’occasion s’est présentée ce vendredi soir. J’en sors un peu déçu et presque excédé. Peut être que lorsqu’on est prof et qu’on vient de terminer une journée de travail précisément « entre les murs », ce n’est pas tout à fait le genre de film qu’il faut aller voir !

           Trop de discours d’élèves, trop de discours de profs, de réunions pédagogiques, de rencontres de parents, de conseils divers, sans compter la trop convenue réunion de pré rentrée. « Bonjour, je suis dans le collège depuis deux ans. J’ai décidé d’y rester encore longtemps… Bonjour, je suis le prof de maths, j’ai usé plusieurs générations d’élèves et je crois que  le temps est venu de passer la main !... Bonjour, je suis le prof de chimie et je crois que mes expériences vont s’arrêter là ! »

            La suite demain.

 Wick from the station wall !

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En faveur de « l’Esquive »

Publié le par Eric Bertrand

J’ai évoqué dans ce blog le travail que je fais en classe autour de certains films et notamment « l’Esquive » : (opération « Collège au cinéma ») Voici une correction que je leur distribue après leur avoir demandé de rédiger une lettre dans laquelle ils devaient argumenter en faveur de l’Esquive… On avait au préalable défini quelques arguments en classe…

Argumentation à partir de « l’Esquive »

Proposition de correction axée sur l’usage des arguments 

NB : la correction qui suit s’efforce de montrer qu’on peut parler d’un film en s’appuyant sur des arguments. Ces arguments doivent toujours être expliqués puis illustrés (partie en italiques). Chaque argument doit être la base d’un paragraphe et s’enchaîner naturellement avec l’argument qui précède (souvent à l’aide de mots de liaison ou connecteurs logiques)… 
          J’ai d’abord admiré à quel point ce film parvient à nous intéresser à partir d’une intrigue très simple et dépouillée… (De quoi parle l’Esquive ?...)

          Au bout du compte, ce qui m’a paru particulièrement intéressant dans ce film, c’est la façon dont le réalisateur traite des sentiments. Krimo aime Lydia mais hésite avant de le lui avouer, Lydia aime Krimo mais préfère la situation de séduction. Elle apprécie que le garçon lui fasse la cour, qu’il la regarde, la convoite au point de réclamer le rôle d’Arlequin pour pouvoir jouer à ses côtés.

          Et c’est là que le film réalise un intéressant tour de passe-passe… Il analyse avec justesse les subtils rapports que peuvent entretenir le théâtre et la réalité. Les jeunes qui jouent Marivaux (Krimo et Lydia) sont rattrapés par la fiction. En effet, dans cette pièce du Jeu de l’Amour et du hasard, qu’a choisi de leur faire jouer leur professeur de français, c’est précisément le fameux « marivaudage » qui est en jeu. Lisette est une simple servante, mais sa maîtresse lui demande de la remplacer auprès de celui que son père lui a désigné pour mari. Et de fait, Lisette acquiert le droit de « jouer à la maîtresse ». Le rôle lui tient tant à cœur qu’elle exige du pressant Arlequin qu’il modère ses ardeurs et qu’il joue avec elle le jeu de la séduction, exactement comme les maîtres… Tant qu’il n’aura pas appris les belles manières et le beau langage, elle s’amusera à « esquiver »  Lydia ne désire pas autre chose de Krimo… Le baiser, ce sera pour la fin, quand elle l’aura décidé mais certainement pas pendant les répétitions.

           On voit donc dans ce film que non seulement les personnages s’identifient à ceux qu’ils jouent dans la pièce mais aussi que la situation dans laquelle ils sont plongés (la réalisation d’une pièce du registre soutenu dans le cadre de la banlieue) amène le spectateur à une prise de conscience d’ordre politique. Si ces jeunes défavorisés sont capables de se hisser au niveau de distinction du théâtre de Marivaux, tout comme Lisette est capable de se hisser au niveau de sa maîtresse, alors le théâtre prend tout son sens. Il offre au spectateur l’occasion d’une réflexion sur la place de chacun dans une société où les choses bougent et où le langage est un fabuleux moyen de communication…


Le Tennessee Club (10) : le départ...                      

                                                   

 

 

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“L’heure d’été” et le Pavillon des fleurs

Publié le par Eric Bertrand


Le Ceilidh (4) suite de l'affrontement entre amante et maîtresse


        Nous avons vu dimanche un film bouleversant, "l’heure d’été" avec Charles Berling et Juliette Binoche. Il y est question d’une grande et belle maison pleine de souvenirs et d’objets précieux ayant appartenu à un artiste très côté. Traditionnellement, la famille se retrouve là chaque été autour de "la mère", sorte de vestale de la Mémoire et des objets.

        Mais cette dernière meurt subitement et se posent alors les infinis problèmes de la succession… La caméra pose un regard attendri sur les objets qui restent là, en attente, tournoie autour des plantes grimpantes du jardin, les immenses pieces.

        Au-delà des questions d’argent, de la mélancolie des images, la question qui se pose, c’est la suivante : comment la nouvelle génération va-t-elle "comprendre" ce qui appartient déjà à un autre âge ? Parmi les derniers plans du film, des hordes de jeunes, invités par la petite fille (naguère complice de la grand-mère) qui envahissent les salles, le jardin, jouent au basket dans les pièces vides, branchent la sono, s’allongent sur le parquet, fument de l’herbe, répandent les bouteilles d’alcool.

         C’est un peu la même thématique que j’avais essayé de développer dans la nouvelle "le Pavillon des fleurs" parue dans les "Nouvelles pour l’été". Que reste-t-il de cet établissement baulois ? Cet ancien hôtel peuplé de souvenirs de l’époque des premiers bains de mer a été totalement réinvesti.

         Plus rien ne subsiste du Pavillon des fleurs, que le nom et les images du passé dans l’esprit tremblant d’une jeune fille, elle aussi naguère confidente de sa grand-mère.

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L’Esquive au collège

Publié le par Eric Bertrand

             Puisque des films de Kéchiche il était question, je mets en ligne aujourd’hui la deuxième partie du projet de travail en cours autour et à partir de « l’Esquive »…
Les hypothèses
Compléments : la personnalité du réalisateur et son parcours. Implications ?
Analyses à partir de l’affiche.
Le film et le milieu.
Le théâtre de Marivaux.
Je dirai demain comment ce film me sert aussi de rebond pour « récupérer » le programme officiel de la classe de quatrième.

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Présentation de la pièce : « les Jeux de l’amour et du hasard »
Les enjeux de langage chez Marivaux
Les personnages de Marivaux et le thème de l’esquive.
La réalisation progressive de la mise en scène
Le début : les personnages, le décor, la communication (la fonction identitaire de la parole).
Le langage de la banlieue (intonations, verlan, insultes, néologismes, argot, autres langues, métaphores, syntaxe, gestuelle) et les situations d’énonciation : les discours de Fathi.
Le projet du film : rencontre avec le théâtre de l’élégance et de l’aristocratie.

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Projet pour l’Esquive

Publié le par Eric Bertrand

          A propos de « la Graine et le mulet », j’évoquais un travail que je mène en classe de quatrième dans le cadre de l’opération « Collège au cinéma » qui implique notamment la projection de « l’Esquive » aux élèves. Je profite de cette occasion pour montrer que, dans l’enseignement du français, rien ne doit être jamais gratuit et que toute activité, pour l’élève qui sait en tirer parti, doit être l’occasion d’une ouverture et d’une réflexion.
          Voilà donc, à partir de demain, ce que je propose autour de l’Esquive… Film qui, on s’en souvient peut-être, évoque la réalisation d’une mise en scène de la pièce de Marivaux « les Jeux de l’amour et du hasard » dans le cadre d’une cité de banlieue. Projet fou quand on sait l’écart qu’il y a entre le degré zéro de la langue en banlieue et ce degré extrême de l’élégance que représente le théâtre de Marivaux… Et si, justement, les extrêmes avaient un point commun…

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