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cinema

Le Voyageur de la Toussaint sur France 3

Publié le par Eric Bertrand


          Est-ce un hasard, ou bien ai-je de lointaines accointances avec les programmateurs de France 3, toujours est-il que la télévision propose ce dimanche à partir de 20h40 un téléfilm adapté du roman de Simenon auquel j’ai consacré une série d’articles récemment.

          Comble de coïncidence, nous faisons notre sortie IDD (Itinéraire De Découverte) dans les rues de La Rochelle ce mardi 16.12… Les élèves ont eu du mal à suivre le film tourné en 1941, du fait de la mauvaise qualité de la bande. L’occasion pour ceux qui ont mal lu, mal vu, de se rattraper sur le poteau !

          Rendez-vous donc à tous les amateurs de La Rochelle et des romans de Simenon.


 

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Musée haut musée bas

Publié le par Eric Bertrand

         Quand j’ai travaillé à Rennes avec des étudiants étrangers, j’ai eu l’occasion de leur faire dire un extrait de cette pièce de Jean Michel Ribes où la faune que l’on côtoie dans les grands musées parisiens est mise en scène sur le fonds des œuvres d’art vers lesquelles ils se précipitent… Les étrangers ont du mal à prononcer les noms comme « Paul Gauguin »… Exercice jubilatoire quand on demande à un jeune Chinois de jouer le rôle du guide et de corriger le mauvais accent d’un groupe où se réunissent des Anglais, italiens, Espagnols ou autres Coréens.

          Pour cette raison, j’avais envie de voir le film tiré de la pièce et qui bénéficie d’une vogue d’avis favorables. J’en ressors avec un avis très mitigé. Certes, le spectateur savoure quelques passages bien enlevés, la circulation dans les différentes galeries aux côtés de grands acteurs, la fébrilité des amateurs d’art, le stress et l’émotion que communique la forêt des salles… J’ai aimé le moment où les gardiens, Lucchini en tête, parlent du malaise que leur inocule la transfusion permanente de la Beauté au quotidien, le moment où les faux artistes bluffent sur l’œuvre d’art, l’agitation permanente du musée, la diversité des gens, la réécriture de certains tableaux (le chemin de croix, le radeau de la Méduse…).

           Mais franchement, je trouve la fin manquée, tirée par les cheveux. Et puis la pièce me semble tenir par un assemblage de sketches type cabaret. Trop de délayage pour chaque scène, cela finit par énerver et alourdir inutilement une observation à l’origine intelligente. Bref, il semble que l’auteur se soit attardé sur une idée de base géniale qui ne suffisait pas pour faire une pièce.


 

Let's go for one more sleep !

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Adaptation d’un Edgar Poe par Marina

Publié le par Eric Bertrand

                Petite pensée pour marina qui présente aujourd’hui sa production sur Victor Hugo évqouée dans ce blog. Pour ceux qui voudraient mettre un visage sur son nom, je propose aujourd’hui le téléchargement d’un film qu’elle a tourné récemment à partir d’un récit d’Edgar Poe et disponible sur le site suivant.

http://www.diavolorossofilms.com/main.html

               On notera ses qualités d’actrice et on appréciera l’atmosphère un peu tendue de ce huis clos dont elle est la diabolique héroïne.

Other view coming to the Kyle of Tongue

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« Entre les murs » vu après les cours (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

              Ce qui a fait une partie du succès du film, c’est à mon avis ce droit d’entrée dans ce labyrinthe de l’Education au fond duquel chacun des spectateurs s’est égaré un jour. Aux côtés de Soulimane ou d’Esméralda, il retrouve le tableau noir, les mots à la craie, les coups d’œil angoissants des camarades qui écoutent et qui jugent.

               Et puis, au-delà de l’espace de récréation, la salle des profs, les conseils de classe, le spectre du conseil de discipline… Le spectateur se laisse entraîner au fil de ce Léthé qui charrie la crasse adolescente, le mal être, les bas mots, les discours obsènes ou scatologiques.

               Dans la salle, ceux qui ont applaudi s’effarouchent, se pincent le nez, plaignent les profs qui « gèrent » comme ils peuvent, équipés de leurs maigres armes, et qui essaient de jouer la subtilité des mots contre les coups bas. Rien n’est jamais gagné sur ce ring où le langage doit se caser dans le gant du boxeur et où les vocables sont des uppercuts qui peuvent à tout moment riper.

               A ceux-là, je dirais que c’est souvent encore plus « sportif ». Certains soirs, j’ai l’impression de sortir en peignoir, et c’est écrit ROCKY en lettres d’or… Car, dans le film, les élèves ont des consignes. Notamment parce qu’il ne faut pas saturer la bande son… au risque de l’inaudibilité. Les élèves s’écoutent dans le film, ils dialoguent avec le prof, parviennent à dire des choses et cela semble une réussite.

               Mais dans les faits, combien de fois ils parasitent l’échange entamé avec un de leurs camarades ou la lecture désolante qu’est en train d’exécuter un cancre désigné.


 

 

Cliffs in Wick...

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« Entre les murs » vu après les cours (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

            La caméra filme la cour du collège, les salles de classe, les couloirs, les escaliers, les cases dans la cour de récréation, les élèves qu’il faut aller chercher et monter jusqu’au lieu du sanctuaire abîmé, l’espace iconoclaste de la salle où tournoie, Don Quichotte un peu navré, un prof qui rompt comme il le peut, des lances ébréchées…

            La langue est dans l’arène. C’est elle le bouclier du gladiateur. Elle est à chaque instant mise à l’épreuve de la morsure et du coup de vergue. « Prends l’éloquence et tords lui son cou ! » aurait dit Verlaine ! « Prend la quencelo et couluisontor ! »… Petites gueules pointues des élèves qui ne se retrouvent pas dans « les mots de bourge » et qui préfèrent l’affrontement direct avec ces adultes qui manient « la langue du Moyen Age » : « même ma grand-mère, elle parle pas comme ça ! ».

             Ils n’ont pas les mots, mais ils ont les mimiques, l’insulte et l’assentiment du groupe. Et ils donnent des coups de couteau dans les tendons du vocabulaire et de la syntaxe. Ils ont aussi de fins rictus, les filles font des mines… Car, et là est toute la différence, ces élèves-là savent que la caméra tourne autour d’une scène qu’ils ne peuvent que renifler… J’y reviens demain.


Cliff in Wick

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