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cinema

La graine et le mulet : danse devant le frigo et danse du ventre (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

         Le lecteur se souvient peut-être du point culminant de la pièce « le Tennesse club » : la soirée au « Tennessee club » de Tom et Telma Desire…un événement musical, une force d’attente, des gens de différents bords réunis dans un espace clos, et le dérapage qui renverse le bel accord créés par la musique et la danse au point de tout briser...
         C’est un peu la même chose qui se produit à ce stade du film : les antécédents refont surface, les fautes, les scandales et la violence, la frustration, bref, la substance du drame... Les personnages de Kéchiche ont une violence en eux (au point qu’on ne les arrête plus quand ils s’emportent, et c’est le reproche que je ferai au film : trop de discours ressassés, de ressentis qui tournent en rond et s’expriment dans un discours fleuve, comme si les acteurs n’avaient pas de limites et que le réalisateur ne savait pas « couper »)…
        Mais les complices de Slimane ne sont pas à cours de ressources et la fin du film ménage un morceau d’anthologie orientale auquel se mêle un drame absurde... Slimane est bouleversant, il évoque pour moi la figure noble et digne de l’immigré italien qu’était mon grand-père (à qui j’ai rendu hommage dans « Les Nouvelles pour l’été » et « Pour y voir Clerc ».

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La graine et le mulet : pédaler dans la semoule (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

             Après environ une heure trente de film (avec quelques longueurs il faut le dire), l’histoire se corse… Slimane a fini de retaper le bateau et l’a fait remorquer par un thônier quai de la République… Les enjeux sont lourds au moment où le restaurant ouvre ses portes : toute la petite communauté des amis s’est réunie pour tenter de convaincre les gens importants de la viabilité du projet. Cuisine, service, danse, musique…et tous les moyens du bord !
             Pour réussir le pari, il faut investir, il faut des prêts, des autorisations, un dédale de difficultés à surmonter. Le couscous est prêt, les tensions entre les collatéraux sont à peu près apaisées… Tambourin, danse, beaux vêtements, danse du ventre, ambiance orientale, tout semble devoir réussir devant les invités venus nombreux se laisser surprendre au rythme du repas…
Mais il y a quelque chose qui déraille. L’un des fils a déraillé et s’est tiré avec la voiture sans savoir que dans le coffre couvait la semoule pour cent personnes ! Et on n’est plus loin d’une situation de crise qui m’a rappelé le drame du « Tennessee Club » : j’y reviens demain ! undefined

NB : un nouvel extrait du "Ponton" disponible sur you tube :

http://fr.youtube.com/watch?v=FhVr19dU9SE

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La graine et le mulet : du rafiot au restaurant (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

           Le mulet n’est pas ce sympathique quadripède qu’on imagine au début d’un roman de Laurent Gaudé mais ce poisson qu’on pêche à Marseille… Il sert en tout cas de vecteur et de métonymie au titre de ce beau film de Kechiche. J’avais voulu voir sa dernière production parce que je suis en train de mettre au point une séquence de travail à partir du premier film de ce réalisateur : « l’Esquive ». Je reviendrai prochainement sur ce travail, mais je souhaitais m’exprimer un peu sur « la graine et le mulet » que je viens de voir au cinéma.
           Le mulet, métonymie parce que sa figure, comme celle de la graine, renvoie à tout ce qui fait le charme du film : convivialité du couscous et des convives présents à la table, valeur des choses simples qui nourrissent et qui assurent le lien social, capacité à oublier, ne serait-ce qu’un instant, le poids de la réalité.
           Le film raconte le projet fou d’un personnage d’origine maghrébine, Slimane, 61 ans, licencié des chantiers navals à cause de son âge et de la lenteur d’exécution de son travail. Avec le soutien de ses enfants et de son ex-femme, de sa maîtresse actuelle et de sa belle-fille, il transforme un vieux rafiot en restaurant à couscous… et tout le film converge vers ce moment intense de la soirée d’ouverture… Quelques images pour ceux qui le souhaitent sur le lien suivant :

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London et Kerouac : Into the wild (8/8)

Publié le par Eric Bertrand

           Cette aventure du film est donc palpitante du point de vue l’écho qu’elle a produit sur moi, par rapport à mon vécu et à par rapport à mes livres : j’ai déjà évoqué « la Route » et « le Ceilidh », il faut aussi souligner l’évidence de la dette aux deux Jack (London et Kérouac) que j’ai manifestée dans mon écriture de « Jack, on the route again ! ».
           On se souvient que dans cette aventure théâtrale, j’avais suggéré à mes élèves écrivains d’écrire à partir de Kérouac… A la vérité, j’ai fourni une grosse partie du travail à commencer par la lecture appliquée des grandes œuvres de Kérouac. « Sur la route » et « Les Clochards célestes ». Voilà pourquoi on trouve dans la pièce des extraits (adaptés !) des « Clochards » dont la fameuse tirade d’un beau personnage baptisé Iris :
« Pourquoi compter avec la société et vivre parmi les moutons de Panurge ? La société est pourrie par l’économie industrielle. Se barder de diplômes, travailler, produire, consommer, travailler, produire, consommer… Et tout ça pour servir d’un jour à l’autre de chair à canons au Vietnam ! Mais barrons-nous vite ! Disparaissons dans la nature rien que pour sauver notre peau ! Après on en fera ce qu’on veut… La véritable solution serait la révolution des sacs à dos ! Ruck sack revolution ! Des milliers de millions de jeunes Américains bouclant leurs ruck-sack et prenant la route, escaladant les montagnes, pratiquant la bonté, donnant l’image de la liberté par leurs actes imprévus... »
            En souvenir de cette joyeuse troupe, je renvoie le lecteur à l’extrait de film proposé sur Daily Motion :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/eric%2Bbertrand/video/x2cbg5_jack-on-the-route-again_creation
            Dans « Into the Wild », on n’est pas à l’époque beatnick, mais l’analogie reste forte… Et la bande son du film s’y prête assez bien :
http://fr.youtube.com/watch?v=kJB02JWp5Oo&feature=related

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“When you are penniless » : Into the wild (7/8)

Publié le par Eric Bertrand

          J’évoquais hier la fascination pour le « wild ». Il y a également les rencontres qui renvoient à des réalités vécues sur la route. Celle de tous ces adultes qui expliquent qu’il faut rester fidèle à ses parents, qu’il faut profiter de la jeunesse mais aussi songer tôt ou tard à s’installer : « settle down my son… » Combien en ai-je côtoyés au cours des lifts que j’évoque ?
           Et puis, il y a cette rencontre avec les hippies qui sont aussi présents dans mon livre à travers la silhouette mélancolique de Nathan avec qui nous passons une journée jusqu’à l’arrivée en Californie. Comment ne pas mentionner la figure de Samantha, la jeune fille de Philadelphie tombée amoureuse et que j’ai laissée derrière moi un peu dans des conditions similaires à celles d’Alexander ?
           Et puis la débrouille et le plaisir qu’évoque Alexander, "never so happy than the time when you are penniless »… Les petits boulots pour empocher quelques dollars, les moyens du bord pour se laver (un jet d’eau fera l’affaire… belle scène dans le film)...

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