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ecriture et reecriture

Article sur le théâtre dans les Cahiers pédagogiques

Publié le par Eric Bertrand

                   « L’histoire des arts » est une nouvelle matière qui fait son entrée dans les programmes de l’éducation nationale et depuis l’an derrnier, elle est testée dans les établissements sous une forme expérimentale.

                     Les enseignants de toutes les disciplines concernées ont d’ores et déjà réfléchi à sa mise en œuvre et, en ce qui me concerne, j’ai participé à un recueil collectif paru en mai dernier sur ce sujet. Cf : Pour enseigner l’histoire des arts. (CRDP d’Amiens)

                     En cette rentrée scolaire, les « Cahiers pédagogiques » auxquels j’ai participé l’an dernier au sujet de Simenon et la Rochelle me proposent un article sur les pratiques expérimentées dans ce domaine. J’ai donc proposé un bilan précis de nos réalisations liées au théâtre et au travail autour du « Petit Prince ». Bien évidemment, je l’ai élargi à ce que je considère comme l’origine de toiut : l’atelier d’expression artistique au lycée (cf à ce sujet le site officiel : http://www.atelier-expression-artistique.com)

 

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Rimbaud et les Rambos ! (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

                    Les contraintes liées à la mise en forme d’un article dans une revue exigent un respect d’un certain nombre de « signes » : l’article précédent publié en deux fois était trop long, je l’ai donc modifié et en voici la version allégée :

 

                    C’était en été, et j’avais enfin pu réaliser mon rêve : celui de « taper la route » aux Etats-Unis en auto-stop, « les poings dans les poches crevées », « l’ auberge à la Grande-Ourse »… Et je pensais au poème de Rimbaud, « Ma bohème », que je connaissais par cœur. C’était désormais « assis au bord des routes » qu’il me revenait, mélange d’éblouissement et de jubilation lié au sentiment de vivre une grande aventure.

                        Et puis tout a basculé. Voici le « Petit Poucet rêveur » jeté dans la cellule d’une prison de La Nouvelle-Orléans… Fini « mes étoiles au ciel » et leur « doux frou-frou »… uniforme rayé, bracelet de prisonnier, ciel de prison, barreaux donnant là-bas, tout au loin sur la route, et compagnons de cellule plus proches de Rambo que de Rimbaud !

                         Dans ces conditions, les mots du poème revenaient autrement dans ma mémoire. C’était un hymne à la Liberté de l’Esprit. « Ma Bohème » vibrait en moi. Je revivais les heures qui venaient à peine de s’écouler, « ces bons soirs », où tirant « les élastiques de mes souliers blessés / Comme des lyres (…) », je rêvais sur le soleil couchant et les promesses de Californie tout au bout de l’horizon.   

 

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Rimbaud en prison en Amérique ! (3/ 4)

Publié le par Eric Bertrand

              C’est alors que tout a basculé, suite à l’une des nombreuses mésaventures qui guettent « le pouceux » sur le territoire américain (où les auto-stoppeurs ne sont pas forcément les bienvenus…). La police de La Nouvelle-Orléans m’a violemment arrêté et m’a, sans ménagement, jeté dans la cellule d’une prison… Plus de baskets, plus « d’étoiles au ciel » ni de « doux frou frou »… mais un uniforme de vrai bagnard, un bracelet avec un numéro de prisonnier, un ciel de prison, des barreaux donnant là-bas, tout au loin sur la route, et des compagnons de cellule qui n’étaient pas des poètes !

                 Et bien c’est dans ces conditions bien particulières, que j’ai pour la première fois éprouvé toute la richesse de « Ma bohème », dont je me suis mis instinctivement à faire sonner les mots et les rythmes. Humilié, dénudé, privé d’identité, je n’avais en moi, outre ma patience, que cette dernière ressource, cet hymne à la Liberté de l’Esprit. « Ma Bohème » vibrait en moi, et je me revoyais dans les heures qui venaient à peine de s’écouler, « assis au bord des routes » en « ces bons soirs d’été », où tirant sur « les élastiques de mes souliers blessés / Comme des lyres (…) », je rêvais sur le soleil couchant et les promesses de Californie sur la route à l’horizon. 

 

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Rimbaud en hypokhâgne ! (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

                     Je me voulais en ce temps-là, surtout « étudiant en lettres modernes », et je rejetais complaisamment tout ce qui n’avait pas à voir avec la Littérature. N’ayant cependant guère « frotté » mon vernis au ciseau du Réel, je ne faisais qu’aimer, lire et relire Victor Hugo, Arthur Rimbaud, Marcel Proust (un peu comme les ados écoutent en boucle les mêmes chansons sur leur MP3)… Au passage, j’apprenais par cœur des poèmes ou des paragraphes pour m’illustrer dans les salons branchés de Khâgne et d’hypokhâgne.

                      Mon goût grandissant du voyage me faisait souvent préférer le sonnet d’Arthur intitulé « Ma bohème », que je récitais assis sur une table, la chemise débraillée et la mèche rebelle, devant un public acquis dont les moins attentifs « mijotaient » des poèmes de Lautréamont, de Walt Whitman ou de Baudelaire.

                      Le vers « Mon unique culotte avait un large trou » faisait souvent sourire l’assistance et, quand l’occasion se présentait, je finissais par me servir un verre de vin pour enrichir la déclamation d’un jeu de scène bien dérisoire ! « Et je les écoutais assis au bord des routes / Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes  / De rosée à mon front comme un vin de vigueur (…) »

                      Et puis, pendant tout un été, j’ai pu réaliser un rêve, après la lecture de Jack Kérouac… Celui de « taper la route » aux Etats-Unis, du nord au sud et d’est en ouest, dans les conditions rudes de l’auto-stop, « les poings dans les poches crevées », « l’ auberge à la Grande-Ourse » et les trous dans les baskets… La redécouverte de Rimbaud, c’était d’abord ça ! L’épreuve du dénuement et l’émerveillement d’un grand gamin plongé dans une aventure difficile mais jubilatoire.  

 

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Raconter le souvenir d’une émotion artistique dans « les Cahiers pédagogiques » (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

Qu’est-ce qu’une émotion artistique ? Il y a des sujets plus réceptifs à ce type d’émotion que d’autres et ce que Stendhal décrit dans « De l’Italie » sous le nom du fameux « syndrome  de Stendhal » ne touche pas forcément tous les sujets de la « foule sentimentale » que chante Souchon !

                Cette vérité est encore plus désarmante dans le cadre des établissements scolaires où les élèves partagent au sein de leurs groupes d’autres valeurs et d’autres idoles… Ne nous résignons pas pour autant ! Dans le cadre de la vaste réflexion qui s’opére en ce moment dans les milieux de l’enseignement et de la pédagogie au sujet de l’histoire des arts, « les Cahiers pédagogiques » proposent aux collègues de témoigner de leur propre expérience de « l’émotion artistique » afin de mieux appréhender ce que l’art peut apporter dans la vie…

                 Voici dès demain et en deux épisodes, le souvenir qui me vient aussitôt.  Il est lié à un épisode clé que je raconte dans « la Route, la Poussière et le Sable », celui de la récitation du poème de Rimbaud dans la prison de la Nouvelle-orléans où j’ai, malencontreusement, séjourné !

 

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