Je sais qu’un certain nombre de mes lecteurs sont
amateurs de littérature et d’analyse littéraire. Je leur propose un petit examen de l’art du portrait tel que je le pratique en cours avec
mes élèves qui doivent notamment apprendre que toute description n’est pas vaine et qu’elle renseigne souvent sur le regard de celui qui la
conduit.
Les
linguistes nous ont habitués à manier des notions parfois un peu érudites : à propos de description, on parle de « focalisation
interne », de « focalisation zéro », ou de « vision omnisciente »...
Mais
débarrassons-nous de ce fatras pour partir à la découverte du plaisir simple de réaliser un portrait afin d’intéresser un élève suffisamment
attentif et volontaire. Je propose de reproduire d’abord le sujet que j’avais proposé puis la correction que j’en ai faite, ce qui nous donnera l’occasion de relire un célèbre passage de
Molière.
A quelques jours de la sortie de l’Organisme, (l’éditeur m’a annoncé l’arrivée du livre chez Aléas la semaine prochaine) je reviens sur le thème
majeur que j’y ai surtout abordé : l’adolescence. Si le milieu dans lequel j’étudie cet âge si particulier est le collège, c’est parce que c’est là que l’enfant passe des moments qui le modèlent et lui font prendre conscience du changement profond qui s’opère en
lui.
Ce changement est abordé dans le roman surtout sous les angles
suivants : la mutation physiologique, corps, voix, gestuelle, la confrontation avec les adultes et
l’adhésion au groupe, la tension entre l’enfance et la maturation, la recherche de la grâce couplée à des
pulsions vers l’ordure.
Le fait n’est pas arrangé et provient même de l’un de mes élèves les plus agités et les moins « lettrés » (gardons le sens de la litote !)... Il est en
quatrième, aurait mérité sa place dans le livre, et, habilement placé par la plume de l’écrivain, son geste, aurait même acquis une valeur de symbole et une fonction de mise en abyme de tout le roman !
C’était hier en cours, dans une classe de quatrième. Agité et
constamment à l’affut d’une diversion pour amuser la galerie, le voilà qui disparaît sous sa chaise et finit par en « remonter », brandissant un
scarabée qu’il tient sur la pincette de sa règle. Et la classe effarouchée pousse des hauts cris ! C’est dégueulasse, un bousier ! Et aucun d’entre eux ne sait qu’il fait
mouche !
Les choses ne trainent pas chez Aléas... la machine est lancée. J’ai reçu hier mon manuscrit en format
PDF : ainsi, il apparaît sous sa mise en page définitive. Sous cette forme, l’ouvrage compte exactement 220 pages et c’est un bonheur de le voir ainsi...
Les vacances arrivent à point et vont me permettre de relire les épreuves et d’en corriger les éventuelles coquilles. (A ce propos, pause hivernale dans ce blog pendant le temps des vacances, départ vers Lyon
demain...) Je réfléchis également à une couverture... Peut-être la photographie en gros plan d’un insecte immonde ? Ou bien, plus aérien, et ceci
renverrait davantage à la mélancolie de l’enfance, une mouette en plein ciel...
« (7) Vous avez bien voulu nous soumettre votre manuscrit. Nos lecteurs en ont pris
connaissance avec attention. L’avis qu’ils ont rendu n’est malheureusement pas favorable et il ne nous sera donc pas possible de retenir cet ouvrage
pour nos prochains programmes.
« (8) Pour ce qui est de sa publication, notre réponse malheureusement est
négative : nous avons décidé de ne pas le retenir car il ne s’inscrit pas d’emblée dans l’esprit la recherche et le ton communs aux textes de
littérature française que publie notre maison.
« (9) Le manuscrit que vous nous avez adressé a été lu avec attention. Il
nous a semblé qu’il ne correspondait pas à nos choix éditoriaux. Nous ne sommes donc pas en mesure de le publier.
« (10) Malheureusement votre projet ne pourrait s’intégrer à notre programme
d’édition et nous en sommes désolés.
« (11) Nous avons lu avec intérêt votre manuscrit intitulé
« l’Organisme ». Malheureusement il n’a pas convaincu un nombre suffisant de nos conseillers littéraires, nous ne pouvons donc pas
l’accueillir dans l’une de nos collections. »
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/