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ecriture et reecriture

Courir en retenant son souffle...

Publié le par Eric Bertrand

              Que le lecteur se rassure, je ne cherche ni à faire l'apologie de l'un des ces jeux dangereux auxquels se livrent les adolescents dans les cours de récréation, ni à me faire l'apôtre d'une nouvelle forme incongrue de l'entraînement à la course à pied ou à la course cycliste...
              Je témoigne simplement du plaisir qu'il y a parfois à « dérouler » comme on dit dans le jargon du milieu sportif. J'évoque ce moment de grâce où le corps n'est plus un obstacle et où il épouse parfaitement le mouvement que lui dicte la volonté. Courir sur un sentier escarpé, faire l'ascension d'un col à cette période de l'année où les premières chaleurs commencent à faire remonter les effluves...
               Alors, le monde se met à respirer, alors on perçoit de façon plus aiguë les sensations : odeurs de marée, contrebas de falaise, cris de mouettes, « oiseaux clabaudeurs aux yeux ronds", décharge de couleurs dans les champs...
               Le corps est une fibre qui engaine la palpitation du monde et, à ce moment, il faut retenir son souffle pour faire taire la forge intérieure et laisser filtrer le vertige de la Beauté.




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Article envoyé

Publié le par Eric Bertrand

         J'ai évoqué récemment cette « commande » d'un éditeur à propos de ma pratique du théâtre en milieu scolaire.
         Au terme d'une petite semaine de travail - assez acharné il faut dire -  (l'éditeur avait prononcé le mot « urgence » qui a le don de me mettre sur la brêche plus que de raison !) j'ai pu terminer lundi matin (entre 5 h 00 et 7 h 00) la relecture de mon article. Il  s'agit en effet, toutes proportions gardées, d'un article d'environ trois pages dans lequel j'ai essayé de relater avec précision les différentes étapes qui alimentent mon parcours en matière de théâtre en milieu scolaire.
          J'y ai pris un certain plaisir car cela m'a permis notamment d'établir des lignes de force et de souligner quelques idées qui me sont chères. Une fois encore, le site de l'atelier que je cite à la fin s'avère particulièrement précieux car il fournira au lecteur un support concret, sans doute plus réjouissant pour certains que les « 8000 caractères » (c'était, on se souvient peut-être, la commande) et autres « blas blas ».



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Tube de rouge à lèvres au collège

Publié le par Eric Bertrand

            On l’a compris, ma conception de la pédagogie du français passe aussi par l’exercice du jeu de l’écriture. Il faut montrer aux élèves qu’on peut s’amuser avec l’écriture… Eux n’y croient pas volontiers ! Alors, il faut « montrer l’exemple » !

           Quand j’étais élève, au cours de gym, j’aimais que le prof nous montre comment il excellait dans un exercice qu’il nous présentait comme facile, et d’ailleurs, ce n’était que rarement concluant… Bref, je considère que l’un des intérets de notre métier de pédagogue est de se lancer des défis.

            L’exercice demandé partait d’un texte de Balzac extrait de César Birotteau dans lequel il était question de publicité à propos d’une « pâte carminative » lancée sur le marché. Le cours avait notamment pour but d’identifier les procédés de persuasion utilisés par le publisciste. Je leur ai donc demandé suite à ce repérage d’appliquer ces mêmes procédés pour « lancer » un produit cosmétique de leur invention…

 

Le rouge à lèvres « Brûlure du Baiser »

Exercice d’écriture imité du texte de Balzac : écriture d’un prospectus

 

       C’est L’EVENEMENT DE LA DECENNIE. Le plus délicat, le plus esthétique, le plus exquis de tous les rouges à lèvres, l’inestimable « BRULURE DU BAISER » est enfin sur le marché !

       Dans le secret de son atelier, environné de ses Botticelli, Renoir, Rubens et autres Fragonard, l’infatigable Alfred Ricil, spécialiste du cosmétique a fondu tout son art, sa passion, son expérience des femmes et sa quête de l’éternelle Beauté dans l’alchimie de ce produit miraculeux.

       Les plus fameux mannequins qui l’ont essayé en ont encore le cœur tout chaviré. Jamais aucun rouge à lèvres ne les avait pâmées à ce point ! L’une d’elles avoue même en rougissant : « comparé à « Brûlure du baiser », les anciens rouges à lèvres ne sont que des ratures, des bavures sur croutes, des rayures sur miroir ! »

       Car mesdames, au cas où vous l’ignoriez encore, votre visage est une œuvre d’art qui attend son peintre ! « Brûlure du Baiser » transforme la croute abîmée en inestimable tableau, le miroir brisé en pur cristal de Bohème et votre chambre en palais des glaces.

       Finies les lèvres décolorées, les lèvres gercées, les lèvres muettes ! « Brûlure du Baiser » vous apporte en même temps que le charme la grâce de l’éloquence. Et c’est tout simplement un plaisir divin de vous regarder sourire et de vous entendre parler.

       Une mince pellicule délicatement posée et voilà que vos lèvres rougissent, s’ourlent et palpitent. Elles deviennent les roses rouges de votre jardin de beauté et les amants succombent sitôt qu’ils vous approchent.

       Dès le réveil, orner ses lèvres de « Brûlure du Baiser », c’est faire entrer le soleil levant dans sa bouche : tout le corps s’embrase, et aussitôt la terre et les amants craquent.

        Ecoutez votre cœur, il ne parle plus que de vos lèvres. Ecoutez vos lèvres, elles ne vous parlent déjà plus que de baisers.

 

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Malheureuse conjugaison ! (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

On n’y pense pas forcément quand on s’adresse à ces classes de petits élèves, mais ils ne connaissent pas les temps de l’indicatif, ou, du moins pour la plupart, ne les maîtrisent pas… Passe encore pour le présent et l’imparfait, mais le reste ?

           J’ai donc entrepris un programme de révision des temps simples et mon objectif est surtout de leur montrer qu’ils ne peuvent pas écrire sans maîtriser ces temps…

           L’occasion pour moi de leur donner ce petit exercice qui va consister en même temps à revisiter l’univers du conte qu’ils ont acquis et qui va me donner prétexte à une nouvelle création personnelle…

 


Préparation au devoir de conjugaison en 6° (Temps simples)

 

Recopiez le texte suivant en mettant les verbes aux temps et personnes demandés dans la parenthèse. Attention à ne pas faire d’erreur dans l’orthographe du verbe, ce qui aurait pour effet d’invalider la réponse ! La conjugaison est en effet indissociable d’une bonne orthographe !

 

Un petit garçon nommé Duncan (habiter, imparfait) avec ses parents dans un cottage au cœur de la lande écossaise. Tous les matins, dans le grand réservoir, (venir, imparfait) boire les biches et le grand cerf dont les cornes allongées (fasciner, imparfait) notre héros. Un soir, alors qu’il (cheminer, imparfait) avec son père, Duncan (apercevoir, passé simple) le grand cerf au-dessus d’une petite colline qui (donner imparfait) sur un loch. Il (s’avancer, passé simple) et aussitôt le cerf (disparaître, passé simple). Il (trouver, passé simple) à l’endroit des empreintes un morceau de corne façonnée comme une flute et, quand il (se pencher, passé simple) pour la ramasser, il (entendre, passé simple) comme un chant qui (provenir, imparfait) de l’épaisseur de la corne :

« Tu (grandir, présent), tu (marcher, présent) mieux. Tes oreilles (écouter, futur) désormais la voix de la Lande. Tu (savoir, futur) bientôt une partie du secret que je te (révéler, futur) et tu me (prier, futur) pour que je t’en dise davantage. Rejoins le milieu du lac. Tu (trouver, futur) une algue qui te (faire, futur) forte impression.

 

 

Correction de la préparation au devoir de conjugaison en 6° (Temps simples)

 

Un petit garçon nommé Duncan habitait avec ses parents dans un cottage au cœur de la lande écossaise. Tous les matins, dans le grand réservoir, venaient boire les biches et le grand cerf dont les cornes allongées fascinaient notre héros. Un soir, alors qu’il cheminait avec son père, Duncan aperçut le grand cerf au-dessus d’une petite colline qui donnait sur un loch. Il s’avança et aussitôt le cerf disparut. Il trouva à l’endroit des empreintes un morceau de corne façonnée comme une flute et, quand il se pencha pour la ramasser, il entendit  comme un chant qui provenait de l’épaisseur de la corne :

« Tu grandis, tu marches mieux. Tes oreilles écouteront désormais la voix de la Lande. Tu sauras bientôt une partie du secret que je te révélerai et tu me prieras pour que je t’en dise davantage. Rejoins le milieu du lac. Tu trouveras une algue qui te fera forte impression.

 

Demain, variation sur le même thème et cette fois, ça donne lieu au devoir !

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De la poésie à la dictée

Publié le par Eric Bertrand

              Les élèves sont faibles en orthographe et leurs rédactions sont encombrées d’erreurs diverses qui reflètent surtout une absence de réflexion portant sur la place des mots dans la phrase... Dans la foulée de la correction, je leur propose un paragraphe de mon propre cru en les invitant, en guise de préparation, à réfléchir sur les mots soulignés. C’est ce qu’on appelle « une dictée préparée » : ils auront ensuite à refaire, la fois suivante, cette dictée qui peut paraître difficile.

 

Je me réveille sur une plage où, sous le souffle du vent, le sable fait un bruit de froissement de papier. Le soleil brille d’une étrange façon et quand je me lève, en frottant mes yeux, je vois que partout sur mon corps, s’écrivent des mots rédigés en vers. Des alexandrins ont glissé sur mes deux jambes et des octosyllabes ont coulé sur mes bras.

Avec ce nouveau costume, j’ai l’air d’un poème ambulant ! Je pars vers les arbres plumes qui signent le bout de la plage. Un vol de mouettes approche. Leurs cris sont surprenants. En vérité, elles ne crient pas mais articulent des vers. « La cigale ayant chanté tout l’été... ». Leurs ailes sont dorées, on dirait des parchemins.

 

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