Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ecriture et reecriture

Travail du manuscrit

Publié le par Eric Bertrand

           Périodiquement, c’est aussi l’objet de ce blog, je donne des nouvelles de l’évolution de mon prochain ouvrage. Au fur et à mesure qu’il progresse, j’oscille entre le désir d’en approfondir « la genèse » et la volonté d’en garder secret le contenu. Je n’en dirai donc toujours pas davantage.

           Ces vacances m’ont permis d’avancer, de profiter de l’utilisation du net book ou de simples feuilles A4 sur lesquelles j’édite un « morceau » que je retravaille. Attente chez un médecin, dans un café, sur une terrasse, dans une grande surface avant de « prêter main forte » pour le « panier de la ménagère »... Les occasions ne manquent pas et le manuscrit s’allonge encore.

           L’ouvrage surprendra mes lecteurs, habitués à une certaine « douceur ». (Je me rappelle le point de vue de mon ami René Frégni, juge des « Nouvelles pour l’été » et m’affirmant que le lecteur préfère en général « le noir » au « rose »).

           C’est un univers impitoyable que je décris et le héros en est particulièrement cruel et caustique. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’un insecte et que le modèle de Kafka n’est pas très loin. Relisez « la Métamorphose » ou « Le Terrier » si vous souhaitez repérer un quelconque « héritage » ! Et patientez jusqu’à ... la prochaine rentrée littéraire si tout va bien !
           Chemin faisant, pour ceux que ces titres ne renseignent pas davantage, j’en dirai plus demain.

Voir les commentaires

L’étrange histoire de Benjamin Button : « comme il vous plaira »

Publié le par Eric Bertrand

              Je ne résiste pas à la tentation de prolonger cette série sur « Benjamin Button » par la référence à mon maître Shakespeare et à la fameuse tirade proférée par Jacques des Bois dans la pièce « Comme il vous plaira ».

             Comme souvent chez Shakespeare, passe un personnage épisodique qui offre au spectateur l’occasion d’une réflexion sur la condition humaine. Soucieux de mes lecteurs non anglophones, je vous en livre une traduction libre : (j’ai souligné les passages particulièrement signifiants pour le film !)

 

 

Le monde entier est une scène,
Et tous les hommes et les femmes n’y sont que des acteurs:
Ils ont leurs sorties et leurs entrées;
Et un homme en son temps, ne fait que jouer sa partie,

Le tout en sept actes...

Au premier acte, c’est l’enfant,
Vagissant et vomissant dans les bras de l'infirmière.
Et puis vient le léger écolier, avec son cartable
Et sa face de soleil levant, glissant comme l'escargot

Contre son gré, sur le chemin de l'école.

Et puis vient l'amant, au long soupir de forge,

Avec sa longue ballade triste fabriquée

Spécialement pour les beaux yeux de sa maîtresse.

Puis vient le soldat, plein de serment étrange,

Barbu comme le léopard, jaloux sur le point de l'honneur,

Prompt à la querelle,
Et sans cesse à la recherche de cette bulle qu’on appelle

« La gloire »  jusque dans la bouche du canon.

Et puis vient le juge avec son ventre rond

Rempli d’un bon chapon,
Avec ses yeux et sa barbe sévères,
Plein de sagesse et de maximes.

Le sixième âge porte un maigre pantalon
Avec les lunettes sur le nez et la pochette sur le côté,
Sa voix, naguère forte, glisse peu à peu

Vers le son enfantin du fausset.

Puis vient la scène finale de cette étrange histoire...
C’est le retour à l’enfance,
Sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien.

 

               PS : pas d’articles demain pour cause de voyage du côté d’Arcachon et de Bordeaux...

Voir les commentaires

L’étrange histoire de Benjamin Button (4/4) : poème en hommage à une danseuse...

Publié le par Eric Bertrand

           Pour finir ce tour d’horizon du thème du vieillissement que l’on retrouverait aussi représenté dans certains des récits des Nouvelles pour l’été, je reviendrai aujourd’hui sur un poème publié dans « Pierrot et Colombine », nouvelle du recueil Chaussée de la madeleine de Proust... Ce texte intitulé « la danseuse », met en scène une danseuse qui choisit de léguer à son héritier futur un chausson de danse qu’elle abandonne Chaussée de la Madeleine, à Nantes, au bâtiment du « Grenier du Siècle »...

            J’ai tout de suite repensé à ce poème quand j’ai vu ce beau personnage de la danseuse dans le film...

 

            « Je suis née dans un galbe de rose : sur les voiles du berceau tendu, mon cœur en bouton a senti vibrer la fermeture éclair et le juste-au-corps. Mes yeux en bouton de bottines ont offert à mon pied le rose des paupières ; plus légère qu’un lacet, je me suis tordue dans les draps en attendant l’aurore.

             Elle est venue, comme une musique derrière l’écran du jour : je lui ai donné ma chair et je danse obstinément, peu m’importe le jour, peu m’importe la nuit, je suis une rosée en suspension, on me regarde vibrer dans la transparence de mes larmes. Je m’élance et me retiens, me donne et me retire, et mon juste-au-corps qui ruisselle est une coupe d’ivresse à moitié renversée.

             Un jour, elle s’en ira de moi : je la verrai partir comme on accompagne des yeux, avec de grandes trainées de lumière et du ricil sur les joues. Elle se fera discrète, une compagne en tutu, qui s’élance et qui voltige et ne se fait pas entendre.

              Elle exécute sur la scène limpide quelques rides d’eau courante et je feuillonne, sur mes doigts et sous mes paupières, les pétales de rose qu’on offre à la danseuse »

Voir les commentaires

Auteur ou pédagogue ?

Publié le par Eric Bertrand

 


           Via ce blog, j’ai alternativement l’occasion de me positionner en tant que pédagogue ou en tant qu’auteur. Il me semble pourtant plus évident de choisir l’un contre l’autre. Je ne tiens pas de discours sur l’art d’enseigner, je ne supporte pas les discours ambiants et les effets de mode qui tantôt privilégient une approche et tantôt la renient… Tout ce que je sais, c’est que j’aime enseigner et que les choses ne se passent pas trop mal en cours, quel que soit le lieu où j’enseigne. C’est du moins ce que je puis affirmer, fort de ces années passées dans des milieux bien différents les uns des autres…

             En revanche, là où je me sens parfaitement à l’aise, c’est quand je plonge au sein de mes ouvrages et dans l’exercice d’écriture. Surtout, je n’ai pas à me poser de questions ni à couper les cheveux en quatre, quand j’enfile cette casquette-là !

               L’Education Nationale encourage de plus en plus les derniers temps les expériences du type : « un écrivain dans la classe… Atelier d’écriture… » C’est finalement dans ce créneau là que je trouve le mieux ma place. Mais cela a lieu dans le fil des cours et non dans le cadre d’une rencontre ponctuelle et souvent lourde (et coûteuse !)

               Le lecteur de ce blog se rend bien compte qu’à chaque fois que je traite de pédagogie, je traite en même temps d’expérience d’écriture. Et cela me remet en harmonie avec moi-même puisqu’au fond, j’ai commencé cela très tôt… Colette If du Loup des Acqs (voir bibliographie dans le site) et même au-delà, lors de premiers ateliers théâtre l’année de CPR à Villefranche sur Saône ou encore durant ma carrière de surveillant à Villefontaine…

 


L'heure est à la mélancolie et à la philosophie sur le ponton...

Voir les commentaires

Chanter et interpréter

Publié le par Eric Bertrand

            J’ai entendu récemment une interview de Julien Clerc au cours de laquelle le chanteur expliquait le type de relation qu’il entretenait aux textes qu’il choisissait. A la différence d’un Gainsbourg, Souchon ou Brassens, Julien a toujours déclaré qu’il ne concevait pas son métier autrement que dans l’interprétation des textes qu’on lui écrivait.

            Il est musicien, il met des textes sur des musiques ou des musiques sur des textes avant d’y poser sa voix. Faire une chanson relève d’une sorte d’alchimie. C’est du moins dans ce sens que j’ai compris le sens de ses propos.

            Ainsi, il explique qu’après la période Roda Gil qui a tant marqué le début de sa carrière, il a éprouvé le besoin de se renouveler et d’aller à la découverte, aux côtés d’autres paroliers, de nouvelles ressources. Chanter du Jean-Loup Dabadie ce n’est pas chanter du Roda Gil. Cela exige une toute autre orientation de la voix et de la musique.

            Julien prenait l’exemple de la fameuse chanson « Femmes, je vous aime »… Il expliquait que c’était du Dabadie pur, dans l’exhibitionnisme du sentiment. Roda Gil adoptait une position inverse, dans la retenue et la pudeur… Et cela exigeait un tout autre travail qui l’obligeait à adopter une autre posture.

            Il en va du chanteur comme du comédien. Diderot le montre bien dans son « Paradoxe du Comédien ». Comme une scène ou un personnage qu’on incarne, une chanson est un filtre. L’artiste la charge d’émotion grâce à un art abouti de l’interprétation.

           Prenons l’exemple de ce texte écrit pour Johnny et voyons à quel point l’interprétation de Julien le modifie…

http://www.dailymotion.com/relevance/search/julien%2Bclerc%2Bjohnny/video/x7pyoh_johnny-hallyday-julien-clerc-lenvie_music



Cave in Caithness

Voir les commentaires