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ecriture et reecriture

Souvenirs d’Angleterre (période du 8 au 13 juin)

Publié le par Eric Bertrand

Réalisé à partir des impressions des élèves de la classe de 4°F

 

             Vivement l’Angleterre !

             J’y suis déjà ! London, Chelsea, Portsmouth, Hasting, Brighton, Saint Leonard, Greenwich...

             Foulé la pierre du pavillon royal, foulé le marbre du musée de la reine et du musée des sciences interactives, l’herbe de Trafalgar Square et l’herbe de Hyde Park. J’ai glissé sur la Tamise et sur le miroir de mes ambitions.

             J’ai vu tant de gens étonnants : j’ai vu une fille qui jouait du piano, j’ai vu une petite peste de cinq ans qui savait qu’on ne comprenait pas tout et qui en profitait bien, j’ai vu deux étudiantes australiennes, j’ai vu beaucoup de Chinois, et presque autant de Japonais. J’ai vu des écoliers en uniforme, et des Anglais blonds et pâles, j’ai vu beaucoup d’Anglais blonds et pâles. Les Anglais sont tous blonds et pâles et regardent tout le temps leur montre.

             J’ai vu le château de Hasting, j’ai vu les ruines du château de Guillaume le Conquérant.

             Le temps s’accélère, les minutes s’effondrent.

             J’ai vu des taxis rouges pressés comme des orange juice, des bus rouges comme les cabines téléphoniques. J’ai vu des maisons sans volets. J’ai vu l’ancienne horloge, la très belle et très haute Big Ben. J’ai vu l’heure mondiale et les lasers qui balaient la ville, balaient les minutes précieuses, rappellent inexorablement que le temps passe, que le temps passe, et j’aimerais déjà revenir...

            Le temps passe, le temps trotte à la petite foulée dans Hyde park... Et j’ai déjà compris que les Anglais mangent à 18h00, qu’il n’y a ni pain ni eau à table, que la nourriture n’est pas très recherchée et plutôt grasse. J’ai aussi compris qu’on avale céréales, confitures, pâte à tartiner et beurre de cacahuète dès le petit déjeuner. J’ai compris qu’on conduit à droite, j’ai compris comment fonctionnent les feux rouges. J’ai compris comment je peux changer mon argent et compris que je savais dire quelques mots de plus en anglais. Time is running down the river !

             Je me souviens du shopping en ville, shopping in the city, je me souviens des rouleaux du ferry et j’étais malade comme un chien, sick, sea sick like a dog ! Je me souviens de la relève des gardes, des parcs magnifiques, wonderful parks ! Je me souviens des rues et des maisons comme dans un film américain et j’étais l’héroïne. Je me souviens des oiseaux blancs, des beaux oiseaux blancs dans le ciel gris et d’un peu de fiente sur mon pull. Je me souviens de la couronne royale et des rubis. Je me souviens de l’or et des diamants, des Ferrari, des Lamborghini, des Dodge, des Nissan et des Mitshubishi, et j’étais le sultan. Je me souviens des écureuils dans les parcs, des longues heures de car avant l’arrivée, de la promenade en bateau sur la Tamise et des remouds des vagues jusque dans ma mémoire.

              Je me souviens des fous-rires, des pique-niques dans les parcs, meal of my memory ! Je me souviens de tout ! Remember everything !


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Etape du Ventoux. « Indurain croise le fer avec le Mont Chauve ».

Publié le par Eric Bertrand

(Récit imaginaire)

Exemple d’écriture épique : repérer les moyens de l’épique dans ce début d’article.

              Un soleil de plomb cognait à lourds coups sur les lacets du col ce matin-là et semblait guetter l’arrivée des coureurs. Le sommet chauve du Mont Ventoux brillait comme un casque. Un petit vent malin asticotait les herbes du bord de la route et aiguisait la soif des fans de vélo venus en masse acclamer leurs champions.

           Sur les bas-côtés, les silhouettes trapues des camping-cars hollandais, des camionnettes belges, et des side-cars italiens se mêlaient aux formes mouvantes des hordes de supporters. Le son des radios, dans toutes les langues, colportait les nouvelles de la progression du peloton et les voix échauffées par l’alcool et le soleil accentuaient encore cette impression de clameur folle de tout un stade magiquement déplacé, à la façon d’un puzzle géant, sur les pentes abruptes de la Haute Montagne.

            Le goudron de la route ajoutait à ce chant de foule en délire, une note sournoise, un petit ruisseau grésillant d’où s’élevait une odeur forte de bitume en fusion : embusqué sous la terre, un dieu féroce, héritier de Vulcain, devait préparer en secret la piste aux forçats de la Petite Reine.

            Soudain, véritable lame déferlante, la clameur a monté encore. Irrésistible dans le ciel bleu. Les derniers oiseaux s’envolèrent des rares arbustes où ils avaient trouvé refuge. L’Epée surgit, elle étincelle tout au bas des lacets, elle croise le fer ! Semblable à un chevalier des temps modernes, courbé sur sa machine, imprimant à sa course un rythme irrésistible, Indurain apparaît. Son visage en sueur où luit un œil de braise est un masque de cuivre...

 

 

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« La légende du Tour de France »

Publié le par Eric Bertrand

                 Voici ce sur quoi je débouche avec les élèves : leur faire observer que l’écriture épique n’est pas réservée à ce ce qu’ils appeleraient sous d’autres vocables « de la vieille littérature ».

                 Bien au contraire, eux qui sont souvent friands de sport et d’exploits sportifs entendent ou lisent des comptes-rendus à caractère souvent épiques... A props d’un domaine que je connais un peu mieux, le cyclisme, je leur distribue la synthèse suivante afin de les aider à rédiger à leur tour quelque chose de nature épique.

                  « Ce type d’écriture n’est pas réservé à la littérature ! De nombreux journalistes sportifs, quand ils décrivent des événements sportifs y ont recours. Par exemple le Tour de France, parce qu’il constitue une épreuve physique redoutable, donne lieu à des reportages épiques. Ainsi, dans le cours de l’histoire du Tour, la réputation de nombreux champions a bénéficié de la valorisation épique. Ne parle-t-on pas de « la légende du Tour de France », légende quelque peu ternie par les affaires de dopage.

- Les étapes sont présentées comme les chapitres d’une épopée qui comporte sa progression dramatique.

- Les champions sont désignés par des surnoms : l’Ange de la montagne, surnom de Charlie Gaul, l’Aigle de Tolède, surnom de Bahamontes, « le Torrero » surnom de Luis Ocana, le cannibale, surnom d’Eddy Merckx, « Satan de la bicyclette » (Bobet).

- Les vélos sont transformés : l’Epée, vélo d’Indurain.

- Les éléments du décor jouent un grand rôle : la montagne, le soleil, la pluie, la foule, le vent, le parcours, ils sont humanisés ou animalisés.

- Les tenues des coureurs ont une signification : valeur symbolique de la couleur des maillots, jaune, vert, blanc, à pois rouges... »

                   Un exemple ? Demain, exercice pour le prof !


 

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Expression de l’épique dans le Tour de France

Publié le par Eric Bertrand

            Mon goût de la littérature « musclée », à la Hugo ou à la Zola m’amène à attirer l’attention des élèves sur l’écriture épique. Qu’est-ce que l’écriture épique ? Disons pour faire vite qu’elle consiste à amplifier une action ou ce qu’on appelle « la geste » d’un personnage. L’adjectif vient du mot « épopée » à l’origine.

            A l’issue de mon étude sur le roman de chevalerie, et notamment du chevalier, il était naturel que je revienne sur la glorification du héros. Voici le relevé des moyens observés avec les élèves.

Relevé des moyens qui contribuent à l’écriture épique :

- La référence aux éléments de la nature.

- La multiplication des adjectifs qualificatifs.

- Les métaphores.

- Les comparaisons.

- Les exagérations.

             Cette observation dans ce blog ne va pas sans conséquence et ramène le lecteur à l’exercice de l’écriture et à un champ de réflexion à propos de « l’épopée du Tour de France ». J'en donne les détails demain.

 

 

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Méthode Assimil et « Loft History »

Publié le par Eric Bertrand

           Parler pour ne rien dire ou pour ne pas se taire, par peur du silence. Telle est un peu la logique absurde qui dirige les échanges dans une pièce comme « la Cantatrice chauve » dont je me suis un peu servi pour laisser s’exprimer certains personnages du « Loft History 2084 ».

          Faire émerger des mots qui sont les répliques d’un guide d’apprentissage de la langue. Ionesco a eu cette géniale intuition du langage creux et il l’a cultivée avec ce regard particulier de l’étranger qui s’amuse avec le français et les différentes ressources qu’il lui offre.

          L’Irlandais Beckett et le Roumain Ionesco excellent dans ce domaine et excellent aussi dans l’art de faire apparaître sous le véhicule de la langue, le ridicule de certaines situations...

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