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ecriture et reecriture

Le point de vue de Julien Gracq : Et maintenant ? (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

               Avant de donner des précisions sur la question laissée hier en suspens, parcourons les lignes suivantes citées par Pierre Assouline dans son blog le 29 mai 2007 dernier, à propos d’une interview parue dans « le Magazine littéraire » au sujet de Julien Gracq.
 
“Une des particularités de l’écrivain, et qui conditionne profondément son oeuvre, me semble être -s’il n’est pas un polygraphe plus ou moins assujetti à la commande des éditeurs- qu’il secrète de bonne heure autour de lui une bulle, liée à ses goûts, à sa culture, à son climat intérieur, à ses lectures et rêveries familières, et qu’il promène partout avec lui, autour de lui, une pièce à vivre, un “intérieur” façonné à sa mesure souvent dès la vingtième année, où il a ses repères, ses idoles familières, ses dieux du foyer, où son for intérieur se sent protégé contre les intempéries et à l’aise. Sans l’existence de cette bulle protectrice, deux choses demeurent mal explicables. D’abord que l’oeuvre d’un écrivain reste dans son ensemble cohérente et articulée au milieu d’un monde déchaîné -le XXème siècle pour ma génération- qui n’a  souvent été que catastrophes, renversements brutaux, guerres d’extermination et mutation accélérée de toutes ses structures sociales, comme de son environnement technique. Et sans cette “bulle”, il est difficile aussi de comprendre une certaine indifférence de l’écrivain aux vicissitudes de la vie littéraire à laquelle il se trouve mêlé. Il n’est en général ni un grand découvreur de talents nouveaux, ni un lecteur boulimique de ses contemporains. Il se nourrit de son temps, mais il se protège aussi de ses agressions. Il nous semble, à distance, avoir traversé son époque comme le capitaine Nemo dans Jules Verne traverse les océans, passionné par le spectacle, mais toujours derrière la vitre à l’abri de laquelle il a son orgue et sa bibliothèque, et qu’il ne quitte que pour de brèves incursions et descentes dans les abîmes extérieurs. La cohésion de l’oeuvre de l’écrivain est à ce prix; vers la fin de sa vie sa dominante, en fait de lecture, devient souvent la relecture, signature ultime d’une vie intérieure toujours sur la défensive, qui s’est arc-boutée contre les événements qui le menaçaient dans sa continuité organique, tout autant qu’elle en a nourri, une fois filtrée, sa substance littéraire”.
 
              Je reviens demain sur cet « effet Nautilus » auquel fait référence Julien Gracq.

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L’autobiographie : et maintenant ? (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

              J’ai laissé filtrer l’information dont sont friands les journalistes au moment où s’achève un projet : quel est le suivant ? On ne sera pas trop étonné de voir le théâtre recalé au profit d’un projet de nature… autobiographique.
              Je me suis toujours méfié de ce genre, depuis le début… Exception faite de « la Route, la Poussière et le Sable » (mais c’est un récit de voyage qui prend aussi des allures de roman d’initiation avec de nombreux « arrangements » fictifs), et de la nouvelle consacrée à mon grand-père dans « Nouvelles pour l’été » (« le dernier été ») je n’ai jamais été à l’aise dans l’étalage au grand jour de mon vécu. Je préfère le maquillage que permet la fiction ou la démultiplication qu’offrent les personnages de la fiction.
              Il me fallait donc aborder ce genre de l’autobiographie (très en vogue à notre époque) non de front mais de biais… J’y reviens demain. 

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Point de vue sur les deux versions : version narrative ou version théâtrale

Publié le par Eric Bertrand

               Pour en finir avec « le Ponton », je publie ce matin un point de vue rédigé d’une lectrice qui prend ouvertement parti en faveur de la version théâtrale. Ses arguments sont intéressants et je connais des lecteurs qui ont plutôt préféré la version narrative… Bataille d’arguments !
 
             « C'est amusant d'ailleurs de lire un texte dont on est déjà familière. 
À force de visiter les pages de ton blog au fil des jours, je 
reconnaissais l'atmosphère, les personnages, le style et même la 
musique. C'est donc une vue d'ensemble que m'a apportée ma lecture, du 
radeau d'Angelika au ponton de Gilda. Alors je dois te dire que la 
version "romanesque" m'a moins convaincue que la version pour la 
scène, et ce, pour une raison majeure : il me semble que dans la 
version narrée, la scène majeure du "retournement", de la conversion ? 
de Gigi à Gilda et à une vie plus aventureuse est beaucoup trop 
rapide, trop singulière pour que le lecteur ait le temps de 
l'accepter. Alors que dans la version scénique, la scène a qqch 
d'emblématique, de représenté, qui fait que l'on peut la prendre comme 
la cristallisation d'autres scènes et d'un processus psychologique. Et 
puis elle permet aussi de tisser de façon plus musicale la polyphonie 
- parfois cacophonique - des duos : celui de Gigi et Gilda, celui de 
Salvatore et Ornella, celui de Carolina et Francesca, celui des voix 
parlées et des voix chantées. Bref, il y a me semble-t-il dans ta 
création, quelque chose de très vocal (j'entends les voix, avec leurs 
accents et leurs nuances) qui s'adapte bien à la scène et donne aux 
personnages une chair et une voix que la version narrée donne de façon 
moins harmonieuse, trop "démonstrative, peut-être, et où le temps, me 
semble-t-il, n'a pas le temps, précisément, de prendre sa place?
Voilà. Le décor de l'intrigue est au demeurant associé pour moi à un 
très lointain souvenir de voyage en Sicile, au printemps, avec 
l'émerveillement d'une traversée au crépuscule de Milazzo à Lipari, où 
le fort abritait alors une auberge de jeunesse. Et Vulcano, celui de 
l'ascension du volcan (violente rencontre de crânes à l'intérieur 
d'une bouffée brusquement surgie d'une solfatare), mais surtout d'une 
nuit passée dans une grotte offerte par l'hospitalité du patron du 
café situé au débarcadère, où la pluie ruisselant contre la toile de 
notre tente placée devant l'entrée, avait transformé ladite grotte en 
piscine. Insomnies et catastrophes, éclats de rire aussi? J'ai dû 
passer en train à Santo Stefano sur la route de Palerme? »

              Demain et lundi, petite pause dans le blog du fait d’une petite « mission » sur La Rochelle… A mardi donc pour une période de déménagement et d’ouverture de perspectives pour le blog !...

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Tempo per legere...

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« Secret Story » : Big Brother revient !

Publié le par Eric Bertrand

NB : Une info importante d’abord pour tous ceux qui ont vu les spectacles de l’atelier entre 2000 et 2004, ceux qui y ont participé ou simplement ceux qui voudraient en avoir une idée… depuis hier j’ai mis sur dailymotion une série de cinq vidéos montages (sous le nom de « Sheumas1 ») Il s’agit d’extraits du DVD : « Coulisses de l’atelier » produit par Annyvonne Bléteau : il suffit de cliquer sur le lien suivant :
http://www.dailymotion.com/videos/relevance/search/eric+bertrand/1
              Autre info rappel : rendez-vous chez Majuscule ce matin pour la signature du livre de votre choix…
 
              J’interromps momentanément ce chapitre consacré « aux « répliques qui font mouche » pour « coller à l’actualité » et annoncer prochainement une nouvelle série liée à la première samedi soir sur TF1 d’un avatar du Loft story…
              On se souvient de l’activité de l’atelier mené autour de l’événement télévisuel diffusé sur M6 en 2001 : le fameux « Loft Story ». Les élèves de l’atelier étant attirés par cette émission, j’avais envisagé, en 2002, de produire une pièce qui allait s’appuyer sur des références à la télé réalité et à tous les éléments qui gravitent autour de ce concept. Ce fut « Loft History 2084 »…
              Il se trouve que ces jours-ci, on reparle beaucoup de cette ancienne émission à propos de la nouvelle production de TF1 baptisée désormais « Secret Story ». L’occasion en tout cas pour les lecteurs de revenir sur ce texte qui ne dispose pas de l’enrichissement dont disposent à la fois « le Ponton » et « le Ceilidh » du fait qu’à l’époque, je n’avais pas ouvert le blog. Notez cependant que j’ai écrit une série d’articles autour du « Loft History » dans les premières heures de ce blog (vous les trouverez aux alentours du 30 décembre 2005) et qu’il y a parmi les lecteurs de cet article de nombreux « ex-lofteurs » !
              Je propose, dans les jours qui vont suivre la série sur « les répliques qui font mouche », quelques extraits de l’article paru dans le magazine « Télérama » du 6 juin dernier : je les citerai et mettrai en regard quelques répliques extraites de la pièce. 
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Droit de réponse : bilan questionnaire

Publié le par Eric Bertrand

             La dernière vient de se terminer. Un article demain.Mais d’abord, je reviens sur la représentation de mardi et les réactions du public des lycéens. Au vu des questionnaires, la pièce a fait un triomphe… Les impressions éprouvées sur scène sont confirmées. J’ai en effet recueilli et dépouillé les questionnaires distribués en classe. Environ 250. Je crois que, en comparaison avec les autres spectacles de l’atelier, celui-ci a remporté le plus grand succès. Sur les 250, je compte une dizaine de « bof », ou de rejets. Je vais mettre en ligne dans les jours qui viennent les différents commentaires, mais je voudrais commencer par examiner les arguments de ceux qui affirment ne pas avoir aimé.
-         « Le thème est trop banal »
-         « Je n’aime pas le théâtre, ça ne bouge pas assez »
-         « Il ne se passe pas grand-chose »…
Voilà un résumé des attaques. Je m’accorde donc un droit de réponse à ces quelques voix discordantes.
-         Quand on n’aime pas le théâtre, quand on n’en a aucune expérience, on se garde de critiquer. On essaie d’abord de se constituer une culture minimale.
-         Quant à « la banalité » ou « la simplicité »… Depuis le début, on me reproche « la complexité ». Complexité du « Ceilidh », complexité du « Loft »…J’ai décidé cette année de faire simple. Simple mais profond. L’un des attraits de l’écriture consiste, je crois, à travailler à partir de motifs simples, à la limite même à partir de clichés auxquels on réinjecte du sens… Ainsi, ce qui m’a intéressé dans l’idée du « Ponton », c’était précisément de travailler sur un motif nu, vide, quelques planches et c’est tout !... Le vieux rêve de Flaubert n’était-il pas de « faire un livre sur rien ! ». La simplicité a fait recette ! On va voir prochainement pourquoi le grand public y a trouvé satisfaction. Je m’en réjouis pour toute la troupe et pour « le Ponton »… Mais je ne renie aucunement les pièces plus complexes ! N’y a-t-il pas, pour le spectateur, un plaisir à la complexité ? Christine C. me disait vendredi qu’elle jugeait « le Ceilidh » un sommet, une réussite totale dans la recréation de l’univers élisabéthen. Sylvie L, qu’elle se souviendrait surtout de « L’Homme à la tête chou et au cœur d’artichaut », Yann L que « le Loft » était un trésor de causticité et que je n’avais rien fait de mieux depuis, Stéphanie L qu’elle avait été marquée par « Jack, on the route again ! », Fabrice C. que "le Ponton" était de tous le texte le plus abouti… Je circule en cette fin de cycle au beau milieu d’œuvres qui sont très différentes les unes des autres et qui satisfont un public varié. Yann L. me qualifiait « d’écrivain caméléon », et c’est assez juste je crois. Que ceux qui critiquent « le Ponton » se demandent s’ils n’avaient pas en son temps critiqué « le Ceilidh »… Ou qu’ils fassent l’effort de retourner au texte…
             Place aux réactions du grand public à partir de mardi matin…

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L'amico Alan prima lo spettacolo...

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