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ecriture et reecriture

Bouclage

Publié le par Eric Bertrand

Suite du journal du 9.08 : Bref, posons quelques bases : je prévois la relecture et correction du récit d’ici à samedi prochain (12.08). J’aborde éventuellement la reprise de la pièce dans ce même temps. La limite est celle de la date du retour vers la Bretagne le 13 août.
              Je ne me hâterai pas. D’autres relectures « tamis » sont envisageables plus sereinement. Je vais aussi trouver une idée d’illustration pour la couverture. Peut être une préface. Un argumentaire pour le libraire… Les phases habituelles par lesquelles je suis passé l’an dernier et que j’ai déjà pu rapporter dans ce blog.

HPIM0427.JPG

En route !

Rubrique Goncourt :
Le Bois des amoureux de Gilles Lapouge.
 
Disons-le franchement dans ce blog (mais je ne le dis pas en cours, ce n’est pas le lieu !) je trouve le roman franchement raté ! Et je recueille là-dessus de nombreux points de vue convergents… Là n’est pas la question ! Il faut jouer le jeu et tâcher de lui donner un écho qui fournisse en même temps une passerelle vers le bouquin ! Après tout, sur le fond de montagnes du pays de Digne, avec un feu de cheminée et une poêlée de châtaignes, il ne serait pas si désagréable d’écouter cinq minutes Lapouge évoquer ses souvenirs un peu décousus. J’ai enregistré sur France Culture un entretien dans lequel il évoque la figure du conteur dont il dit qu’elle est aussi celle de l’écrivain. Il est bon de donner à entendre ce genre de témoignages à des élèves curieux de savoir ce qui, à la base, inspire l’écrivain. Cela nous ramène une fois de plus à l’objet d’étude « le biographique » : le seul passage que j’ai sélectionné à la lecture, c’est précisément celui qui évoque la « mémoire des vieux ». 
 
Exploitation en cours du Bois des amoureux
 
Lecture d’une critique positive du roman. (Critique de Mathilde Saudubray parue dans le magazine Evene) Quelles sont les qualités que cette critique met en avant ?
 
« Le roman dépeint la vie d'un petit village du sud de la France autour d'une rencontre entre un vieux professeur et un soldat. Cette fresque rurale encadrée par les deux guerres relate avec une poésie drôle et empreinte de nostalgie les histoires de familles, les us et coutumes provinciales. Dans un langage populaire plein d'images bucoliques et de sagesse prosaïque, chacun affirme sa personnalité, imperceptiblement. Les sensibilités, les amours et les désillusions se dessinent discrètement, dans le contexte fragile de l'entre-deux-guerres. L'auteur nous plonge dans ce microcosme régi par ses rumeurs. Il donne une coloration particulière aux habitudes et aux commérages qui évoluent avec le temps, les bouleversements sociaux. Le soldat incarne cette rupture. Ses paroles heurtées, ses pensées paradoxales figurent la vision métaphysique des consciences irradiées par la douleur et la mort. On perçoit ici l'expression surréaliste.
Le choc des cultures n'est pourtant pas si brutal qu'il n'y paraît. Le professeur, comme les enfants, le prêtre ou le paysan bourru retrouvent l'énergie vitale et l'instinct de survie qu'ils ont en eux. Au-delà des mots et des idées, l'essentiel est pressenti par ces âmes touchantes. Le passé sédentaire et traditionnel de la vieille
France est confronté au nomadisme moderne du soldat épris de liberté. Cependant, la tristesse languissante des uns rejoint le désespoir irréversible de l'autre. Leurs dialogues catalysent un amour d'ordre universel, frustré. Dans ce récit sentimental, où la langue associe l'argot aux métaphores abruptes, on suit l'évolution de personnages attachants en train de s'observer. A l'instar de ces acteurs assistant au spectacle de la nature, de la vie et de ses révolutions, on est spectateur d'un tableau vivant et lointain. »
 
Extrait d’interview : Gilles Lapouge sur France Culture : « Du jour au lendemain »
Réflexion sur le statut d’un personnage : la relation de ce personnage avec le statut du conteur ? Avec celui du romancier ?.
 
Réflexion sur un extrait du roman : « la mémoire des grands pères » : quel témoignage lèguent-ils ? Quelles valeurs transmettent-ils ?
 
Lecture cursive conseillée : (Il faut songer à « l’après Goncourt » et au fameux « baby blues ») Dans le sillage de ce roman, il faut penser à des romanciers de la région, chantres de valeurs identiques à celles que célèbre Lapouge (mais avec une véritable intrigue romanesque !) :
-          Giono : Regain
-          Giono : Un de Baumugne
-          Giono : Colline
-          Bosco : le Mas Théotime
 
Rencontres à Marseille le 3 Octobre 2006
Suite : Camille Laurens
 
-Quelle est la part de l’autobiographie dans votre roman ? Cette façon de brouiller les pistes, n’est-ce pas une manière de cacher l’autobiographie ?
La vérité, je ne la connais pas. Tout tourne autour de l’identité. Qui suis-je ? La part autobiographique est une sorte de paysage mental. L’auteur est dans son livre. Il écrit pour parler de lui, comme le disait Hugo, parler de soi c’est parler des autres. Il n’y a pas une vérité mais plusieurs vertiges qui bougent tout le temps. Dans tous mes romans il y a un mélange de vérité et de fiction, avec une frontière mouvante, comme la vie. Je pense à un passage de Proust à propos d’un peintre qui se demande comment peindre une rivière dans le brouillard : c’est peindre ce que l’on ne voit pas. Peu importe la réalité événementielle. Bien entendu, ce sont des émotions d’abord, plutôt que des faits.
 
Camille Laurens est intervenue lors de la question posée à Michel Schneider sur le rapport conflictuel entre mot et image :
Elle cite Antonioni : « L’amour, c’est vivre dans l’imaginaire de quelqu’un ». Ella s’interroge sur comment l’amour s’articule à partir du regard de l’autre, comment les mots arrivent à saisir quelque chose de ce qui est insaisissable . Dans l’amour, il y a autre chose que ce qu’on croit et que ce qu’on voit.
 
-Pourquoi les scènes érotiques sont-elles aussi crues ? Est-ce provocateur ou réaliste ?
Camille Laurens semble assez étonnée par la question, mais elle explique :
Il y a peut-être une scène « porno » à Amsterdam. Dans cette partie du roman, j’ai effectué une construction en triptyque :
-une scène érotique, quand Arnaud veut un enfant. Genre film sentimental, mélo, couple amoureux.
-une scène intermédiaire : le concert de Bach, avec 2 façons différentes d’écouter (elle : sentimentale, lui : technique avec ses 11 versions de Bach). Le sujet, c’est la différence masculin/féminin.
-dernière scène : quand ils rentrent à l’hôtel. C’est une scène de fantasmes, où la femme entre dans le fantasme de l’homme. Sorte de scène vue d’une fenêtre, avec cette notion de voyeurisme masculin/féminin dans les rapports amoureux et sexuels. C’est à comprendre comme une construction romanesque (avec la référence à l’enfant perdu). Il n’y a pas de provocation, mais liberté du personnage et liberté de lecture. Pas de jugement moral, type lui salaud, elle idiote. Il y a peut-être une forme de masochisme féminin, mais pas au sens habituel d’avoir mal. C’est plutôt une acceptation de la passivité.
 
-La communication par mail peut-elle produire un nouveau ressort tant sut le plan psychologique que sur celui de l’écriture ?
Cela m’a permis l’utilisation de la corbeille : le personnage ne lit pas, mais le lecteur peut lire. C’est une manière aussi de réfléchir aux relations par Internet, comme si on cherchait de + en + à garder ses distances. Par exemple les sites de rencontres où en fait on ne se rencontre pas. S’écrire à distance. On se tient loin.
 
-Pourquoi plusieurs fins avant la vraie fin ? 
En fait il n’y a pas plusieurs fins. C’est une histoire qui n’en finit pas de finir. Dans la vie, il y a plusieurs fins à une histoire d’amour (quand dater la fin ? dernière rencontre ? décision de mettre un terme à la relation ? …) Dans ce roman, il n’y a que des fins.
Intervention d’Antoine Audouard qui cite Flaubert : « La bêtise en littérature consiste à vouloir conclure. »
 
-Pourquoi êtes-vous tant inspirée par l’amour perdu et l’absence ?
Il y a de l’absence en chacun de nous. Il y a toujours quelque chose qui manque ou quelqu’un. J’ai perdu un petit garçon en 1994 : c’est l’absent qui reste toujours là. Il y a l’amour perdu de la mère, ce qui sépare depuis la naissance et entraîne la mélancolie, au sens de sentiment de la perte. On a tous perdu un paradis.
 
-Pourquoi les mails du cinéaste n’apparaissent-ils pas dans le roman ?
Cette question présuppose l’existence d’une correspondance réelle. Mais tout est inventé…(remarque perso : grosse déception chez les élèves…) C’est un clin d’œil au roman du XVIII° pour authentifier ce qu’on va lire, c’est une sorte de mise en abyme .
 
-Pourquoi Hélène prend-elle le nom de Camille à la fin ?
Quand elle emploie ce nom de Camille, c’est en fait une pirouette que je fais au lecteur qui est embarqué dans l’histoire d’Hélène/Arnaud, je/le réalisateur. Il y a un jeu sur les pronoms et « Camille » dit « peut-être que cela est arrivé ». Mais dans la vie je ne m’appelle pas Camille. C’est un pseudo. Donc il y a une strate supplémentaire, qui donne une sorte de profondeur de champ. Je connais la vérité puisque je l’ai vécue mais je suis intéressée par la transformation romanesque. Camille est elle-même un personnage.
 
-Que recherchez-vous dans l’écriture d’un livre ? Qu’est-ce que ça vous apporte sur le plan perso. ?
Avant, j’aurais dit « j’écris pour être aimée ». Les hommes diraient : « Pour avoir toutes les femmes que je voudrais ». Maintenant, j’écris pour que les mots m’aiment. C’est une joie de toucher les mots et d’être touchée par eux.
 
-Question sur sa relation à l’écriture et sur une forme de dépendance :
Comme une addiction ?…Il y a des choses que je préfère à l’écriture, sûrement…mais je n’ai pas l’intention d’arrêter. Ma relation à l’écriture est aussi une relation à la lecture, à la littérature.
 
Réaction de collègue :
« Je viens de découvrir l'interview de C.Bataille sur le site gdlfnac. 
L'avez-vous écoutée ? C'est surprenant de voir la distance qu'il y a 
entre la clarté de son propos narratif oral, la simplicité du projet 
qu'il définit, et le roman lui-même ! Rien par exemple sur Kobald. 
Quelqu'un a-t-il une idée sur ce nom, syncope de Kobold et de cobalt ? 
(sans que ça m'éclaire plus que ça, au demeurant, cette hypothèse !)
 

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Point final ?

Publié le par Eric Bertrand

              Suite du journal du 9.08 : Il est 14h20 et je mets le point final à cet ouvrage. (Ainsi je puis donner par le biais de ce blog des indications précises à ceux qui me posent souvent la question de la durée de l’écriture : j’ai commencé à travailler sur le projet le 9 juin dernier et nous sommes aujourd’hui, est-ce une coïncidence, le 9 août)
              C’est une immense satisfaction d’avoir fini dans le temps que je m’étais imparti… D’autres préoccupations vont succéder à ce gros « chantier ». Même si je sais qu’il va me falloir effectuer un travail de relecture, rabotage, ajustement… cette fois, je tiens le corps et la matière brute. Je vais commencer par relire le récit et le corriger afin, dans un second temps, de le donner à lire à quelques proches et de me servir des modifications du récit pour retravailler le texte de la pièce.

 

 

HPIM1171.JPG"Porta Messina", da Santo Stefano di Camastra.

 

Rubrique Goncourt :
 
« L’Amant en culottes courtes » en cours.
 
              La difficulté qui se pose avec ce livre, c’est son caractère scabreux. Il faut néanmoins souligner la qualité littéraire et l’intérêt de la démarche autobiographique que conduit l’auteur autour de ce fameux séjour en Angleterre de juillet 1957.
              L’un des intérêts de ces romans de la rentrée littéraire, c’est aussi qu’ils mettent le lecteur au contact d’autres grands textes de la littérature classique, incontournables pour les candidats de première L qui passent le bac en fin d’année.
              Mais sans être polarisé par l’obsession de résultats, je trouve aussi que cela fait partie des plaisirs de la lecture d’être capable de mettre en relation des textes distants les uns des autres et qui finissent par s’éclairer mutuellement.
 
Approche proposée :
-          Présentation de Maxence et Claire
-          Proust : intertextualité. L’auteur qui se confond avec le personnage du narrateur (signe de l’autobiographie) entreprend un intéressant travail de Mémoire. Il s’agit de remonter par un travail d’élaboration de souvenir dans le Temps et dans cette période désormais lumineuse de son passé entre le 1er et le 31 juillet 1957. D’où la relative « pauvreté » de l’intrigue (les élèves ne sont pas habitués à ce type « d’aventure en boucle » dont l’objet essentiel consiste finalement, comme chez Proust, à « sinuer » autour du temps perdu, à retrouver les sensations, les émotions, la conscience.
-          Le projet de A la recherche du temps perdu
-          Présentation De l’extrait de Du côté de chez Swann du manuel de première : l’épisode de la madeleine
-          Un pastiche de cet épisode dans le roman de Fleisher ? Observation de l’extrait p81-82
-          Sujet de commentaire extrait du roman : p52-53 (pages importantes pour comprendre l’entreprise du romancier… J’y reviendrai forcément !)
 
Réaction de collègue :
Bonjour, les jours passent et  un problème persiste, j'ai compilé d'excellentes critiques de Litell, j'ai demandé l'aide ( précieuse) de  mes collègues d'histoire géo.... Rien n'y fait aucun de mes élèves de 1° L n'est parvenu à lire plus d'un tiers Des Bienveillantes, la meilleure lectrice a renoncé : " madame je ,NE peux plus, je NE peux plus lire cela. "   Merci de me  communiquer votre expérience sur ce livre…
 
D'abord j'en profite pour dire un grand merci pour les idées qui fusent
de toutes parts, les envois de fichiers d'interviews de Schneider,
Bataille, Audouard, Laurens qui permettent entre autre de sortir un peu
des questions qui  tentent à priori les élèves et qui tournent souvent
autour de l'autobiographie et de les amener à aborder" le métier"
d'écrivain, la nécessité d'écrire, l'écriture etc.
Pour répondre à la question d'Agnés, j'ai écouté Boulin samedi matin  (
pour l'avoir fait, je signale qu'il est possible d'enregistrer son
émission en allant sur le site de France culture )alors que je préparais
des rencontres que nous avons faite hier matin entre le lycée de Anita
Conti de Bruz et le lycée de Rennes : 8 tables rondes autour de 8
titres, chaque élève participant à 2 d'entre elles en fonction de leur
choix et de leurs lectures . En particulier un groupe s'était proposé de
débattre autour de Supplément ..Les premières réactions spontanées de
certains de mes élèves la semaine dernière, très séduits par l'actualité
du livre, la citation finale de Proudhon que chacun interprète selon son
idéologie et le discours assez "jeuniste" de Boulin aidant,  me
faisaient redouter le pire d'autant que cette histoire  est propice à
induire échanges passionnés et polémiques. Anticipant quelque peu sur ce
qui allait se dire :  "il décrit bien  la réalité"," il est beau, il est
jeune"(sic), je souhaitais qu'ils prennent un peu de distance critique
et l'émission de Répliques m'a plutôt aidée. J'ai laissé les premières
réactions s'exprimer, ils se sont interrogés sur le thème, genre (roman?
Pamphlet ?...) Des avis très partagés ont permis de souligner
l'ambiguïté de l'ouvrage. J'ai rebondi sur une objection que
Finkielkraut a faite très judicieusement à Boulin ( en citant mes
sources)que je résume  : parmi les Invisibles, les femmes et les jeunes
filles des banlieues occupent une place non négligeable: une association
comme "ni pute ni soumise"peut-elle être présente  dans un livre comme
Supplément au roman national ? Cette question a permis de cerner la
partialité des propos de Boulin  et a relancé les échanges  de façon
réfléchie.
Ensuite, pour relativiser cette sorte de constat d'une violence
incontournable que la France mériterait pour expier toutes ses erreurs
vis à vis des Invisibles et  que les élèves sentent  dans le livre,  je
suis retournée à la littérature : celle de Zola avec Germinal ( sourires
goguenards de la part de quelques-uns : c'était une autre époque !).
J'ai convoqué le personnage de Souvarine, qui incarne face à Rasseneur
et à Etienne Lantier une idéologie nihiliste puisque en gros il dit : il
faut tout raser, tout détruire et après, il repoussera un monde meilleur
: le rapprochement avec Supplément a été immédiat. Finalement la
rencontre a été très riche. Je signale aussi une  critique parue dans
les Inrrokuptibles en septembre.
Ces échanges autour de 7  titres avec une  faveur accordée au  journal
d'Hirondelle  ( nous recommençons dans quelque temps autour des autres
romans ), a fait aussi surgir une question : celle qui concerne la
récurrence de la question du sexe et du langage cru qui l'aborde : les
élèves qui ne sont pas particulièrement prudes se demandent s'il est
bien nécessaire d'en passer par là et ont une réflexion  souvent
pertinente vis à vis de ce qu'ils considèrent comme une sorte de
complaisance. Pour l'instant, je n'ai pas lu L'Amant en culottes courtes
livre autour duquel se concentrent la plupart des critiques. Je viens de
voir sur le blog d'Eric une lecture de collègue qui me paraît tout à
fait intéressante pour aborder ce texte de façon littéraire.
. Ils vont rencontrer Nothomb mercredi et Vallejo le 25 octobre. Je
transmettrai  le contenu de ces rencontres. La semaine prochaine, nous
parrainons un lâcher de livres de la sélection Goncourt organisé par la
FNAC et la ville de Rennes : la classe qui travaille avec une comédienne
autour de la lecture orale très rapidement présentera au passants chaque
titre : nous travaillons les slogans incitatifs à la lecture de manière
à ce qu'ils soient un peu originaux.
             

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Confrontations

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du7.08 : le bateau gonflable de Carolina et Francesca rejoint le ponton. C’est l’occasion d’une scène comique du fait de son caractère insolite. Il s’agit en même temps d’observer et de suggérer (sans pavoiser) la confrontation sur le ponton des deux générations : l’adolescence et la vieillesse. D’où le relatif étirement de l’épisode par rapport à la scène initiale.
              Autre observation : l’approfondissement de la scène dû à l’écriture narrative m’amène à ajuster les dialogues. Je l’ai fait remarquer, de nombreuses modifications seront à amener au texte de la pièce au moment de la relecture. J’aborde ensuite la scène traitée sous forme d’ellipse au théâtre : c’est la rencontre entre Gilda et Gigi. Elle ne peut être que fulgurante. Gilda ne tarde pas à le séduire. Elle excite son désir par son impudeur et le travail consiste à suggérer la relation très charnelle entre les deux amants. La liaison entre les scènes devient de plus en plus complexe : est-ce dû à une incompatibilité entre le théâtre et le récit ou à une faiblesse de la construction du scénario initial ?
              Je ne puis en tout cas, garder les choses à l’identique dans la version narrative. Les amants sont espionnés par les autres mais il est invraisemblable qu’ils ne les entendent pas. Cela crée peut-être un effet comique au théâtre mais une invraisemblance dans le roman. J’ai donc décidé de changer et de mettre en jeu la colère de Gigi contre son copain Salvatore. Ainsi une scène de dispute et de jalousie prépare la scène de duo amoureux. En l’écrivant, je me rappelle une scène à laquelle j’ai assisté : les Siciliens ne supportent pas qu’un autre homme pose les yeux sur leur « ragazza » : pour ce motif, ils s’embrasent facilement…

HPIM0079.JPG

Gelosia...

 

Rubrique Goncourt :
Voilà la feuille de route que je distribue aujourd’hui aux élèves afin qu’ils ne manquent pas certains de leurs rendez-vous littéraires.
Exposés de présentation des romans
Proposition d’exploitation pour l’année de première et le descriptif du bac
 
NB : pour encourager l’effort de lecture et en même temps réinvestir le travail dans la préparation du bac, voilà quelques unes des clés que j’envisage de donner prochainement, tout en donnant la parole aux élèves qui seront capables de s’exprimer sur le roman qu’ils auront lu.
 
« Les Bienveillantes » (Objet d’étude : le biographique)
-          Anna Arendt. Le régime totalitaire.
-          Anna Arendt. Les camps d’extermination.
-          Anna Arendt. Le procès d’Adolf Eichmann ou la banalité du mal.
-          Extrait d’interview de J. Littell et de Raoul Hilberg sur France Inter.
-          Extrait de Si c’est un homme de Primo Lévi
« Ouest » (Objet d’étude : la poésie)
 
-          L’Ouest de Barbey d’Aurevilly
-          La figure de Victor Hugo
-          Extraits de Châtiments, Contemplations, la Légende des siècles
 
Marilyn (Objets d’étude : la poésie / Réécritures)
La légendaire Norma Jean Baker…
 
-          Extrait d’interview
-          Film : « Les désaxés »
-          La vie de Marilyn en chansons : extrait du roman et écoute du CD
-          La mort de Marilyn : chansons de Gainsbourg,
 
Fils unique (Objets d’étude : un mouvement littéraire et culturel / Réécritures / Délibération / Epistolaire)
 
-          L’époque : extraits du roman
-          L’épisode du ruban volé chez Jean Jacques
-          Etude de Don Juan de Molière.
-          Le statut des femmes : la Coloniede Marivaux
-          Le film : Les Liaisons dangereuses de S. Frears
 
Le Bois des amoureux. (Objet d’étude : le biographique)
 
-          La Provence de Giono
-          Interview : le statut du conteur
-          L’activité de mémoire. 
 
« Le journal d’hirondelle » (Objet d’étude : les réécritures)
 
-          Mélancolie romantique :« El Desdichado » de Nerval (voir manuel)
-          Autres romantiques : Nodier. Balzac
-          Le Père-Lachaise.
 
Toi et Moi (Objet d’étude : Réécriture)
-          B. Constant : Adolphe
-          Le mythe d’Orphée
 
 
Réaction de collègue :
Merci encore pour toutes ces infos et pistes pédagogiques!

J'apporte mon info du jour, concernant cette fois-ci le premier verdict des académiciens Goncourt: exit donc Audouard, PPDA & frère, Miano et Nothomb. Prochain rendez-vous pour l'ultime sélection fin octobre.

Autre info radio, Boulin sera sur France Q samedi matin à 9h.
 
Quant à Bataille, j'avais bien vu le message de Florence sur le forum. 
Moi, "la chine de [son] ventre", je suis désolée mais ça me fait 
m'interroger de façon absolument burlesque : a-t-elle le nombril bridé 
? Ou alors est-ce un univers inexploré et exotique, mais dans ce cas, 
il faudrait qu'il renouvelle ses métaphores, parce que la Chine n'est 
plus ce qu'elle était... Bref, ça m'exaspère, et heureusement que je n 
'ai pas encore lu Audouard parce que ça me laisse l'espoir de 
rencontrer un auteur à qui j'aie envie de poser des questions. 
Audeguy, j'ai beaucoup aimé même si je trouve qu'il s'essouffle en 
cours de route et que le personnage se désincarne pour ne plus servir 
que de lien à des scènes de bravoure. Au moins, il y a une histoire, 
de l'inventivité, un style que je trouve réussi, et l'idée même à 
l'origine de ce roman me séduit. Et puis c'est épatant comme 
contrepoint à Jean-Jacques!  Sa disponibilité aux lecteurs aussi le 
rend sympathique.
Ici, "Ouest" semble rencontrer un certain succès . Pour ma part, je ne 
l'ai pas encore lu.
 

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Schéma narratif

Publié le par Eric Bertrand

J’indiquais hier que, pour la version narrative, il fallait accentuer l’effort sur la construction, d’où la nécessité de poser un schéma sur le papier… Voilà ce que consignait le journal du 3.08 dernier :
 
Schéma
-         1 : p26 : présentation du village.
-         2 : p27 : scène de rue pour rendre compte de l’ambiance au village en ce début d’été.
-         3 : p29 : le nouveau spectacle de « la Beffana sotto le stelle » : Carolina et Francesca racontent la fable d’Angelika.
-         Jour 1 -
-         4 : p33 : Sept heures du matin : le rituel de Gilda sur le ponton de Torremuzza.
-         5 : p34 : sentiment amoureux pour Gilda, elle se remémore la scène de la veille au village.
-         J (-1) -
-         6 : p35 : Quatorze heures : Gigi et Salvatore se retrouvent au bar. Salvatore évoque le ponton. Apparition de Gilda et coup de foudre réciproque. Rendez-vous le surlendemain.
-         Jour 2 -
-         7 : p38 : Sept heures du matin : Tiziana, Lauredana et Ornella découvrent la présence de Gilda sur le ponton. La polémique est interrompue par le retour de la jeune fille.
-         8 : p41 : Neuf heures du matin : Carolina arrive sur la plage et s’installe au ponton.

9 :p42 : Francesca rejoint Carolina sur le ponton. Cela n’était pas prévu et l’isolement et la méditation de l’artiste sont passablement perturbés avant la réconciliation.

 

hpim1104.jpg

Il tempo vola via, come la luce o l'ucello...

Rubrique Goncourt :
Dans cette rude entreprise, il faut s’efforcer de garder un côté ludique à l’opération et à la découverte du Goncourt. J’ai proposé à la classe de rédiger une chanson et, qui sait, s’ils parviennent à maîtriser leur appréhension, de la mettre en musique pour la chanter. Voilà donc la méthode appliquée puis le résultat demain :
 
Exercice d’écriture : écriture d’une chanson
 
-          Le but est d’écrire une chanson un peu « décalée » (terme à la mode !) sur l’expérience du Goncourt en faisant fonctionner le hasard selon le principe bien connu de l’exercice du « cadavre exquis ».
-          Les élèves découpent onze bouts de papier puis les remplissent en suivant les instructions (données en italiques dans les instructions d’écriture ci-dessous).
-          On ramasse à chaque fois et on constitue onze tas distincts.
-          Pour la mise en commun, les élèves disposent de la grille ci-dessous qu’ils vont compléter au moment du dépouillement.
-          On met en commun en choisissant (parmi les onze tas) à chaque fois deux ou trois propositions selon le cas.
-          À la fin, cela fait une chanson, reste à la mettre en musique !
 
Instructions d’écriture
 
-          Un superlatif : Fils unique 
-          Des objets qu’on a dans ses poches quand on est enfant ! L’Amant en culottes courtes
 
-          Un objet qui vole : Un pont d’oiseaux
-          Quelque chose qui fait du bruit. Quartier général du bruit
 
-          Un geste, un mot, un objet qui indique l’amour : le Bois des amoureux
-          Un objets de désir sous forme de groupe nominal : Supplément au roman national
 
-          Un reproche formulé sous la forme d’un groupe infinitif : Ni toi, ni moi.
-          Une image, groupe métaphore, qui évoque la douceur : les Bienveillantes
 
-          Groupe verbal, circonstanciel de temps……….. : Contours du jour qui vient
-          Une comparaison pour désigner les mots qui s’envolent …………. Journal d’hirondelle
 
-          Lieu de rêve : complément de lieu qui commence par là où……………Disparaître
-          Quelque chose qui fait rêver (groupe nominal) Ouest
-          Nom d’une star………………………Marilyn : Marilyn, dernières séances
 
Grille de chanson pour le Goncourt des lycéens 2006
« L’élève unique »
 
Déjà à dix, onze ans, j’étais…………………………………………………………
J’étaisfille unique, Fils unique !..............................................................................
Dans mes socks, dans mon short, je stockais……………………………………… !
Amante en socquettes blanches, Amant en culottes courtes !
 
Je croque et je craque au Goncourt, je suis l’élève unique, l’élève unique !
 
J’ai quitté culottes courtes et socquettes blanches, je vois………………………..........
Je vois Un pont d’oiseaux !
Autour de moi, j’entends………………………………………………………………………
C’est le Quartier général du bruit !
 
Je croque et je craque au Goncourt, je suis l’élève unique, l’élève unique !
 
Je veux des…………………………………………….....................................................................
Je veux le Bois des amoureux !
Je veux toujours plus, des………………………………………………………………………
Je veux le Supplément au roman national !
 
Je croque et je craque au Goncourt, je suis l’élève unique, l’élève unique !
 
Tu me dis que je suis coupable de……………………………………………………………..
Ce n’estNi toi, ni moi !
Tu es ………………………………………………………………………………………
Tu es mon ange gardien, tu es ma Bienveillante !
 
Je croque et je craque au Goncourt, je suis l’élève unique, l’élève unique !
 
Le matin, quand………………………………………………………………………………….
C’est le Contour du jour qui vient !
Je parle, mes mots s’envolent comme…………. …………………………………………
C’est mon Journal d’hirondelle !
 
Je croque et je craque au Goncourt, je suis l’élève unique, l’élève unique !
 
Je m’évade : je vais là où …………………. …………………………………………………
Je vais Disparaître !
Là où il y a……………………..
A l’ouest, toujours à l’Ouest !
Je vais retrouver…………………………………………………………………………………
Et retrouver Marilyn, Marilyn, dernières séances !
 
Je croque et je craque au Goncourt, je suis l’élève unique, l’élève unique !
 
Réaction de collègue :
 
Le blog des élèves du lycée Jean Lurçat à Perpignan se trouve sur le site du lycée www.lyc-lurcat-perpignan.ac-montpellier.fr/. Les élèves ont une certaine autonomie pour le construire et l'organiser. Je fais le point avec eux et on ajoute des rubriques à la fin de la semaine. Je me bats pour l'instant avec leurs fautes d'orthographe! Les premiers compte-rendus critiques devraient être introduits.On marche à tâtons mais l'aventure a du piquant!
 

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Montaigne au ponton : une branloire pérenne ».

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 3.08 : je finis la scène des filles en réadaptant notamment les dialogues proposés à la scène : j’éprouve, à la relecture, la différence d’énonciation qu’il y a entre le discours pour le spectateur et le discours pour le lecteur de roman... Dans une fiction narrative, le cercle est clos… Comme je l’ai déjà noté, chemin faisant, je continue d’arranger l’une et l’autre des deux versions et parfois, cela crée un effet de vase communicant.
              Je rédige toute la scène entre Francesca et Carolina au ponton : j’accentue le caractère de la fable. Il s’agit, pour ces deux vieilles dames, de trouver leur place dans cet espace. Un clin d’œil à Montaigne en passant : la vie passe et le monde est « une branloire pérenne ». Qu’est-ce en effet que ce ponton sur lequel elles esquissent (un peu pitoyablement) un numéro de claquettes, sinon « une branloire pérenne » ?
              Autre épreuve qui se vérifie dans l’écriture narrative, c’est celle de la déconstruction du schéma narratif. J’en suis à peu près arrivé à une dizaine de chapitres et je me rends compte que, par rapport à l’écriture dramatique qui précipite l’action, il me faut poser les choses afin de continuer l’intrigue de façon plus cohérente.
 
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Il tempo nel paesaggio..........
 
Rubrique Goncourt :
 
La campagne autour du Goncourt s’organise. Nous avons envoyé notre première contribution au Journal du Goncourt sous la forme d’une chanson que je présenterai prochainement dans ce blog. De plus, nous préparons notre premier « café littéraire » ouvert à l’ensemble des élèves et des personnels jeudi prochain. La presse locale est invitée. A cette occasion, notre spécialiste de com a mis l’accent sur son nouveau bulletin disponible dorénavant sur le net à l’adresse suivante : http://www.stationbienvenue.fr. Enfin, les documentalistes ont travaillé d’arrache-pied pour que le blog de la première L soit ouvert dés vendredi : en voici l’adresse : http://goncourtdeslyceens.blogs.letelegramme.com
 
Réaction de collègue :
Je vous livre quelques consignes d’écriture que j’ai données, ou que je vais donner pour incarner un peu les avis sur les livres :
-          -          un inventaire, adressé à l’auteur, de questions : je me demande…. ( une phrase, on va à la ligne, on poursuit, sans s’arrêter, on ne relit qu’à la fin. Donner un temps court au début si les élèves n’ont pas l’habitude d’écrire)
-          -          dans le même esprit, une liste de « j’aime…/j’aime pas, à la manière de Barthes dans le RB par RB, toujours à propos du livre lu.
-          -          des portraits chinois sur le livre lu : si ce livre était un dessert ça serait….parce que…. ; une musique, un paysage, un pays etc…
-          -          écrire une brève de lecture : en une phrase conseiller ce livre ; déconseiller de livre…
-          -          faire faire une enveloppe dans l’idée du mail-art, adressée à l’auteur. Que mettrait-on dessus et pourquoi ?
-          -          écrire une lettre, à un ami/un parent/un grand-parent pour décrire le livre lu. Quels aspects mettre en avant ou non suivant l’âge du lecteur.
-          -          Faire écrire un pastiche après avoir repérer les stylèmes d’un auteur ( sur le Boulin c’est particulièrement drôle…) ça permet de parler du style. Une ou deux phrases bien choisies suffisent pour faire ce travail de repérage.
-          -          Faire le questionnaire de Proust, en le réorientant sur la question : qu’est-ce qu’un bon roman ?
 
 

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