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pedagogie

Autre cadavre exquis

Publié le par Eric Bertrand

          Je poursuis parallèlement en sixième (dans le cadre de l’atelier théâtre) ma réflexion sur la poésie. L’occasion de revenir sur l’importance des images chez les poètes : comparaisons et métaphores fleurissent en poésie et l’esprit est ainsi invité à un réel dépaysement.

          Je reviendrai demain sur la façon dont je montre souvent aux élèves qu’imaginer une image, ce n’est pas « coquetterie » ou « volonté de faire joli » comme l’ont décrété hier encore certaines des filles. C’est aussi affaire de vision du monde…

          L’exercice du jour consistait donc à reprendre la base du cadavre exquis et de mettre bout à bout ces quatre éléments de façon à faire émerger un vers imagé : déterminant et nom commun + verbe + comme et nom commun + Complément de lieu.

          Une fois la comparaison réalisée par l’intervention du hasard, il restait à compléter l’image par une métaphore…

Exemple de résultat : Le chou-fleur nage comme un soleil à l’intérieur de la marmite qui chauffe.

Vers digne d'un André Breton adepte lui-même (et théoricien) du "cadavre exquis"!

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« Pot de terre et pot de fer », hiatus de l’organisation La Fontaine

Publié le par Eric Bertrand


            Février… Nous produisons le spectacle en mai prochain, il faut donc que ça évolue ! Le texte est fini, la distribution est prête. Reste la mise en scène et la préparation des élèves, et ce n’est pas une mince affaire... Ceux-là même qui bougent en cours sont, sur la scène soudain pétrifiés comme sous le regard de Méduse !

            Or, comment, dans le cadre scolaire, conjuguer la mise en scène de la pièce et l’organisation de l’emploi du temps et de nos cours ? Nous sommes nombreux à participer au projet et l’idéal aurait été, comme je l’avais signalé, de nous rendre en équipe au cours du collègue d’EPS pour comprendre la manière dont il fait travailler les élèves.

             La séance durait deux heures, suite à quoi nous pensions nous réunir pour « penser collectivement » la mise en scène. Ce genre d’activité reste du domaine de l’utopie et quelle que soit l’ambition du projet, il faut opérer avec mesure ou consentir au bénévolat.

             Les élèves sont trop jeunes, trop débutants. Les heures partagées le soir avec les lycéens et les membres de l’atelier ne peuvent être envisagées cette année. Bref, il faut faire avec et se coucher dans le lit de Procuste !


Et pour finir, un peu d'italien...

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Une réponse à l’article d’hier

Publié le par Eric Bertrand

 


J’ai reçu suite à mon article d’hier une réponse de collègue que je publie ce matin de façon à offrir à celui qui voudrait s’informer davantage l’occasion d’un approfondissement du problème.
 
                 « Je trouve votre texte très intéressant et pense que c'est un point de vue partagé par beaucoup de collègues. Le passage "Faut-il réduire l’enseignement de la Littérature et du français à des objectifs si délimités et forcément réducteurs ? En filtrant ainsi les contenus, le professeur ne risque-t-il pas, sous prétexte de mieux évaluer les élèves, de stériliser la matière et de la leur rendre encore plus rébarbative ? Ou alors, peut-être que rompus à l’exercice des claviers et des SMS, trouveront-ils finalement *un plaisir paresseux* à envisager le subtil travail d’écriture, de réflexion et d’élaboration de la pensée à travers la grille réduite d’un nombre défini d’items à valider…" me semble répondre à l'interrogation que cache cette réforme, qui est "peut-on rendre l'enseignement au collège utile pour la vie de tous les jours ?
              "
Vous y répondez bien en disant que ce n'est pas notre rôle, que l'expérimentation, le plaisir, le questionnement des textes forment un esprit libre, pas "cloisonné". Est-ce à 14 ans que l'on doit savoir ce que l'on veut faire de soi ? Est-ce que c'est important à 13 ans de savoir que l'on sait "manipuler les accords dans les groupes nominaux", "poser une question visant à introduire un débat dans un groupe de réflexion"...           
               En même temps, le cloisonnement par matières est tout de même un enfermement du savoir qui a provoqué ce genre de proposition... Je pense qu'il va falloir que nous fassions des propositions du type "proposer des lectures en maths, en histoire, en svt", "developper les iDD", "moduler par projets de classe", etc. pour montrer que nous sommes ouverts à une réforme si elle pose bien le collège comme un lieu de découverte et de formation d'une culture commune, pas la préparation au monde professionnel ou à je ne sais quel quizz.
           
                Quant à la perte de goût... Nous pourrions parler des facteurs déclencheurs pendant des semaines (je me souviens de la lecture perplexe de "pourquoi vos enfants s'ennuient à l'école") et c'est bien avec ce genre de question improductive que l'opinion publique se laisse séduire. 
             
                 Je poserai aussi cette question à nos supérieurs hiérarchiques : "si les enseignants sont des intellectuels ayant pour mission de transmettre les clés de nos cultures, pourquoi ne pas leur laisser entière liberté tant dans le contenu que dans la forme ?". Qui mieux que l'enseignant sait à qui il a affaire, comment faire tourner le moteur, et vers quoi mener ce groupe précis d'individus au plaisir d'apprendre ?
            
                 Je trouve que nous sommes plus regardés comme un vaste troupeau à mener de l'avant que comme des bergers... Quand aurons-nous de l'autonomie, de la liberté, des choix à faire, le droit d'essayer des choses pour mener notre mission à bien...
             
                 Enfin, pendant 10 ans, nous allons cocher des cases... Comme c'est réjouissant !!!! Ce n'était déjà pas drôle comme ça, mais là, ça va devenir très sec...
En tout cas merci pour votre message, j'espère que vous ne me trouvez pas trop bavarde. Plusieurs personnes m'ont déjà demandé de faire suivre les réponses, m'autorisez-vous à faire suivre votre mail ? Très cordialement,
Du passé resurgit la brisure et le souvenir d'un amour évanoui pour les deux Befana...


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Evaluer par compétences ?

Publié le par Eric Bertrand


           L’une des grandes forces de l’enseignement, c’est celle qui consiste à essaimer.

           Un professeur qui aime son métier, quand il est à l’œuvre, est « au labour »…

           Il fouille, il creuse, il sillonne, puis il récolte et sépare le bon grain de l’ivraie afin de le transmettre aux jeunes esprits dont il a la charge. Ces jeunes esprits qui, pour citer Montaigne, sont comme les abeilles qui « pillottent de çà de là les fleurs pour en faire le miel… savourent le miel à condition qu’ils sachent cultiver en eux le goût de l’épreuve et de l’effort personnel.

           Cette vérité applicable à toutes les matières est encore plus évidente pour tout ce qui touche à la littérature (même si au collège on travaille davantage sur le « français », on le fait, comme le préconisent les programmes, à partir de textes ouvertement littéraires…)

           Dans les établissements scolaires, l’enseignement du français passe par deux niveaux : celui de la transmission et celui de l’acquisition. Et pour l’élève, (et ses parents…) ce qui importe alors concerne avant tout l’évaluation.

           A l’issue d’une séquence pédagogique, il sait qu’il doit être évalué à partir de ce qu’il a compris et retenu. Moment délicat qui fait intervenir un faisceau complexe de compétences : différents critères entrent en effet en ligne de compte en fonction de l’exercice, du type de support, de la densité de la matière communiquée, du niveau de la classe, de la relation que l’enseignant crée en cours dans la durée de l’année scolaire… Autant de données difficilement quantifiables !

 

            Et voilà qu’on nous demande de programmer, comme en commission de jury, un ensemble de compétences…

            Il est peut-être rassurant et plus « transparent », au seuil d’une année et d’une salle de classe, de jeter le filet finement maillé de ces « compétences ». Mais ce « cérémonial » et cette pratique n’éloignent-ils pas beaucoup l’enseignant de son véritable but ?

            Lui faut-il réduire l’enseignement de la Littérature et du français à des objectifs si délimités et forcément réducteurs ? En filtrant ainsi les contenus, le professeur ne risque-t-il pas, sous prétexte de mieux évaluer les élèves, de stériliser la matière et de la leur rendre encore plus rébarbative ? 

             Ou alors, peut-être que rompus à l’exercice des claviers et des SMS, ils trouveront finalement un plaisir paresseux à envisager le subtil travail d’écriture, de réflexion et d’élaboration de la pensée à travers la grille réduite d’un nombre défini d’items à valider…

            Certes, je ne nie pas le bien fondé de la maîtrise de tel ou tel outil, qu’on additionne commodément à tel autre… Certes, je ne nie pas la commodité du repérage mécanique de certaines lacunes… Mais, tout compte fait, jusqu’où la somme de ces petits chiffres pourra-t-elle élever l’esprit de l’élève ?

             Et dans ce scénario du calcul, le bon professeur n’est-il plus qu’un froid technicien, un rentable évaluateur d’items ? Et dans ce sens, devient-il plus « fréquentable » par des parents d’élèves qui, enfin, ne l’identifient plus comme « un original », un « intellectuel », « un poète »… mais comme un dévoué fonctionnaire, pélican à l’estomac presque vide, mais au poil lisse !


Fin de la romance entre jeunes ! Les commères sont de retour et elles chantent à tue-tête !

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Questions d’enseignement

Publié le par Eric Bertrand

           

Jour de grève… Je publie aujourd’hui et demain, une interrogation qui concerne l’évolution de l’enseignement…

           Un professeur dans sa classe n’est pas, bien entendu, comme un capitaine dans son navire, même si, au fil des jours, des semaines, des mois, au gré des bonaces, il s’y sent souvent isolé, et largement responsable des décisions et des événements qui se déroulent « à bord ».

           Le contenu de ce qu’il enseigne se structure en fonction des programmes et des consignes académiques qui lui sont imposés. Cela n’exclut pas non plus une certaine marge de liberté.

           Une tendance est en train de s’amorcer, une sorte de courant de gulf stream qui ramènerait les équipages vers des « fleuves impassibles » : dans une perspective un peu structuraliste (manie scientiste qui caractérise notre époque), on nous demande d’appliquer à l’enseignement du français une grille commode et préétablie de « compétences ».

           Les collègues sont donc amenés dans les établissements à se réunir et à plancher sur une sorte de pensée unique, déclinée selon les critères préétablis de ces « compétences » requises. Dans ce cadre, j’ai rédigé un « point de vue » que je vous propose en ligne demain.


 

 

L'Américana "fait école" sur le ponton : les deux couples dialoguent, chacun à sa façon dans une scène en contrepoint !

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