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theatre au lycee

La Locandiera de Goldoni, un cœur diabolique dans une prison dorée (3/5)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

C’est dans ce contexte sentimentalo-dramatique à l’italienne qu’interviennent les deux comédiennes Déjanire et Hortense. Elles ont de leur côté décidé de se donner la comédie et de la donner aux autres en feignant d’être des dames de qualité. Baronne Hortense del Poggio (de Palerme) et Comtesse Déjanire dal Sole (de Rome)... La feinte est plaisante, d’autant que l’une d’elles éprouve des difficultés à garder son sérieux sitôt qu’il faut jouer devant un public ! (Bel effet de mise en abyme sur la question du théâtre et du comédien) Elle l’avoue elle-même, « hors de scène, je ne sais point feindre ». Sous l’habit et la démarche empruntés des deux mijaurées, sous l’accent un peu faux et le geste maniéré, le jeu des deux actrices est tout en subtilité et le spectateur perçoit d’autant plus aisément la facticité de la feinte.

Dans l’économie de la pièce, cette intervention des deux comédiennes a pu paraître décalée et inutile (certaines mises en scène ont d’ailleurs délibérément choisi de les faire disparaître) : je trouve au contraire qu’elle renforce l’unité d’action. En effet, aux côtés de ces deux « pitres », Mirandoline apparaît encore davantage comme la meneuse de jeu, la professionnelle qui réussit là où les deux autres échouent lamentablement.

Pour parvenir à séduire le Chevalier, elle ne baisse pas la garde, n’éclate pas de rire, sait parfaitement son texte, joue des mimiques et des gestes, trouve la juste inclination de tête, l’intonation qui touche, la vérité du regard. Et méthodiquement déploie ses armes, use de tout son pouvoir de séduction (tant et si bien que certains lecteurs de la pièce, certains spectateurs en viennent qu’elle est en train de tomber amoureuse de lui...).

 

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Sortie au théâtre en perspective

Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (91) [1600x1200]

 

Dans le sillage de l’article d’hier qui évoquait entre autres figures celle de Cyrano, une sortie à la Coursive est prévue la semaine prochaine : il s’agira précisément de « Cyrano de Bergerac » mis en scène par Dominique Pitoiset et avec Philippe Torreton dans le rôle éponyme. J’ai toujours eu une fascination pour cette pièce depuis que je l’ai découverte un soir à Lyon, dans une mise en scène de Jérome Savary avec un éblouissant Jacques Weber.

Je commençais à peine mes études, je n’étais alors jamais allé au théâtre, cette pièce fut une révélation. Par la suite, je l’ai souvent fait étudier à mes élèves sans jamais me lasser. J’ai également adoré le film de Jean-Paul Rappeneau dont je guettais la sortie, c’était à Nantes.

         En attendant un prochain article au sujet de la nouvelle « mouture » de Cyrano, je propose une série sur « la Locandiera » de Goldoni que j’ai vu avec ma classe à la Coursive le mois dernier.

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« Jack Kérouac, sur la route et sur les planches » : une sélection à la Créateuf qui donne du bonheur

Publié le par Eric Bertrand

 


Jack sur la route et sur les planches (Maison... par Sheumas1

A peine retombé l’enthousiasme de la scène de Mimésis que la nouvelle est tombée : nous avons été retenus pour jouer notre pièce dans le cadre de la Créateuf à Poitiers. 188 projets ont été proposés, 66 ont été sélectionnés et nous en sommes.

Nous serons donc présents sur le site du Futuroscope le 4 mai prochain (qui tombe un samedi) : l’occasion d’une folle journée dédiée à la troupe et à tous ceux qui se sont associés à cette aventure ! Renseignements sur le site ci-dessous !

. https://jeunes.poitou-charentes.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=899:la-createuf-8-la-selection-officielle&catid=48:la-createuf&Itemid=100008

 

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Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » : road et référence filmique (5/5)

Publié le par Eric Bertrand

jackXL.png

 

La scène doit être le lieu de rencontre de personnages hauts en couleurs et de situations pittoresques. Elle est également un carrefour des arts : musique, claquettes, poésie, mais également cinéma : la référence en matière de « road movie » est à mes yeux « Thelma et Louise » de Ridley Scott.

         Tout naturellement, on les retrouve dans la pièce, à la fois dans leur opposition à Jerry et dans leur rôle de « grandes délinquantes »...

 

Thelma : Salut Louise ! Ça fait un petit moment que je ne t’ai pas vue…  Tu m’as laissée tomber comme une vieille chaussette !

 

Louise : Toujours autant d’humour Thelma ! Dis donc, t’aurais pas pris du bide toi, à force de rouler au volant de ta Thunderbird ?

 

Thelma : Non, pourquoi, tu trouves ? (Piquée au vif dans sa coquetterie, elle s’inspecte face public, Jack pouffe de rire) Et dis donc toi le jeunot, pourquoi tu rigoles ? Et d’abord, tu l’as garée où, ta trottinette ?

 

Louise : Laisse-le tranquille, Thelma! C’est un autostoppeur et c’est un novice !

 

Thelma : (Riant à gorge déployée) Un novice ! J’adore les novices !... Rappelle-toi le petit jeune qu’on avait pris en stop juste après que t’aies flingué le gros dégueulasse !... C’est qu’on en a fait de belles toutes les deux, sur la route, pas vrai Louise !

 

Louise : Eh ouais, c’était le bon vieux temps... Le temps où on semait les flics avec la belle Ford Thunderbird toute neuve...

 

Jack : (L’air terrorisé) Vous avez flingué un type ? Vous étiez recherchées par les flics !

 

Thelma : Oh... On n’avait pourtant rien fait de mal, on avait juste braqué...

 

Louise : Non, pas braqué ! On avait juste retiré de l’argent dans une « petite surface commerciale »... Petite surface, petit prix, petit butin, petit délit !

 

Jack : Et… Qu’est-ce que vous aviez dévalisé au juste ?

 

Louise : Voyons, faisons le compte… Une station service, deux, trois épiceries, des magasins d’alcool…

 

Jack : Non !!! Et comment vous vous y preniez ? Racontez !

 

Thelma : Bon… (Avec sa partenaire, elle se met à mimer la scène) D’abord, on discutait dans la voiture, juste pour rigoler. Ensuite, on repérait les lieux et on attendait le bon moment pour opérer. Ça, faut le sentir, ça ne s’apprend pas… Et après… Louise, à toi de raconter la suite…

 

Louise : Après… (Face public, elle joue la menace, durcissant la voix) On s’amenait et on disait à la compagnie, un peu avec la dégaine de Brad Pitt : « Mesdames et Messieurs, à qui la palme du sang froid ?... Jack a dit : « Tous à terre !... Ne perdez pas la tête, comme ça vous la garderez sur vos épaules… Sinon, c’est la morgue ! À vous de voir !… »

 

Thelma : Et on ramassait l’argent ! Et après, on mettait les voiles !

 

Louise : Un jeu d’enfant…

 

 

 

 

 

 

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Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » : le rythme du « beat » et l’association claquettes (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (90) [1600x1200]

 

L’un des paris de cette pièce et de cette mise en scène consistait à mettre en relief le travail syncopé qu’effectue la musique sur le texte, bref l’effet du beat... Un passage fonctionnait très bien à ce niveau, c’est celui de la trépidation du voyage lorsque Jack « tape la route » et voit passer le train chargé de figures pittoresques : il se lance dans un monologue tandis que les passagers du train, équipé de sifflets et de claquettes, marquent le rythme.

 

Jack : Le train qui passe, boum, boum... L’énorme fracas de la machine noire… La route qui tape, tic, tac, tic, tac... Les hommes rouges et barbouillés sur la loco, ouah, ouah... Les conducteurs cyniques aux compteurs de vitesse, Cadillac, Pontiac, Ford Mustang, vroum, vroum... Tout défile à toute allure, gratch, gratch… Le monde entier défile… Rocs de l’étrange nuit tout illuminés… shit, shit, tic, tac, vroum, vroum, gratch, gratch…

 

 

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