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civilisation ecossaise

Noss Head

Publié le par Eric Bertrand

Visite ce mardi matin à l’un des membres de la famille Sinclair, Ian Sinclair, qui a racheté il y a quelques années le fameux phare situé à environ 500 m du château. Cette « Lighthouse » était abandonnée et j’y venais régulièrement pendant mon séjour à Wick. Elle donnait sur un petit îlot fréquenté par les oiseaux de mer et, notamment, les macareux, dès le printemps.
              Ian Sinclair est en charge de la bibliothèque des Sinclair et c’est lui qui suit de très près, et avec passion, l’avancement des recherches liées aux travaux entrepris sur le chantier de Girnigoe. En effet, depuis deux ans, d’importants travaux ont commencé, afin à la fois de sauver le château et de mieux en évaluer les origines exactes.
              Quand nous le rencontrons, il accueille en même temps trois Australiens dont Peter Sinclair, venu spécialement sur les traces du groupe des Sinclair originaires des Orcades. Un petit temps d’observation de la bibliothèque riche en manuscrits, photos de rituel templier, épées de cérémonie, arbre généalogique, lithographies du vieux Girnigoe et de la chapelle Rosslyn à Edinburgh, lieu qu’il y a son importance dans le Da Vinci Code que nos Australiens ont lu avec dévotion : les Sinclair y occupent en effet une place privilégiée puisqu’ils sont présentés, sous la forme Saint Clair comme les descendants des Templiers et détenteurs du secret du Graal. Puis Ian nous invite à une visite du château. C’est là que des révélations nous attendent…

Down to the castle with Ian Sinclair and Sleep, the dog !

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On the stage

Publié le par Eric Bertrand

Rendez-vous ce mardi matin avec Donald Farmer, le metteur en scène de la troupe d’acteurs de Wick. Ils ont acquis une réputation nationale puisqu’ils viennent de remporter le trophée de la meilleure trompe d’amateurs du pays. C’est Rena qui m’a demandé de rendre visite à cette personnalité locale que je n’avais jusqu’alors jamais rencontrée (et c’est pourtant lui qui, naguère, m’avait donné le mythique vélo avec lequel j’ai sillonné les chemins écossais. Il s’agissait du vélo de sa mère).
              Donald a monté beaucoup de spectacles et notamment du Molière. Il m’avoue avoir envie de lire le Ceilidh même s’il ne comprend pas un mot de français. Cependant, il en connaît la trame, grâce à Rena qui lui a rapporté les principales clés de l’intrigue. Lui aussi en vient à l’idée qu’il serait bien intéressant de monter une telle pièce à Wick. Sait-on jamais !                Rena, chez qui nous terminons la soirée, a toujours cet air de mijoter quelque chose. Elle a toujours aimé réservé des surprises et ne pas trop en dire : elle me demande cinq livres mais ne me dit pas pour qui elle les réserve. Elle parle du colossal travail de traduction de la pièce, colossal pour une personne seule, mais elle ajoute : «There is somebody else… ». On n’en saura pas plus…
              Dans cette région où chacun des noms de lieu évoque une réalité précise : Orkney, Baie des Sinclair, Girnigoe castle, Ackergill Tower… chaque mot, chaque allusion renvoie à une représentation particulière. Prenons par exemple le voyage en du train tel que l’évoque la sorcière :
 
« Diana : (S’allongeant à même le sol comme sur la banquette d’un wagon. Long soupir) Dans le Londres-Edimbourg, j’ai trompé l’ennui, huit heures d’affilée !... Et dans le Edimbourg-Inverness, cinq heures d’affilée, la banquette chavirait et me donnait la nausée…Et dans le Inverness-Wick, cinq heures d’affilée, la tête comme un cargo dans une marée noire… Bouh !... Je me suis réveillée dans le coaltar ou dans les nues !... »
 
              Ce passage comporte un fonds de plaisanterie locale sur la lenteur du train que seuls un autochtone peut apprécier). Sans parler du pub du Black Cat qui n’existe pas à Wick et qui produit sur le spectateur originaire de cette ville un effet qu’il ne crée pas chez le spectateur français. Autant d’éléments que le linguiste appellerait « indices contextuels » et qui interviennent dans la réception d’un message aussi particulier que le message théâtral.

HPIM1079.JPG

The old Sinclair Girnigoe in Noss Head library...

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"Macbeth" and the Holy Bible

Publié le par Eric Bertrand

 
              La conversation roule sur divers sujets. Nous parlons du Ceilidh. Ishbel a visité le site et avoue qu’elle y a pris grand plaisir. Ce qu’elle trouve intéressant, c’est cette vision « romantique » du Caithness qu’elle juge « bliech » (« gris, désolé » en dialecte local !) Elle aime beaucoup les noms des personnages. « Ronald Macdonald ! That’s the chap who makes the hamburgers ! »
              Nous en venons à Macbeth, pièce qu’elle adore et qu’elle a fait étudier à ses élèves (elle est prof d’anglais) à partir de la citation de la Bible : « Where there is envy and selfish ambition there you find disorder and every evil practise ». Elle la cite de mémoire, aussi demande-t-elle à Fred d’aller chercher « the Holy Bible ».
              Il revient aussitôt avec le Livre « à la tranche vert chou ». Elle ne tarde pas à retrouver la référence. La phrase donne en effet à méditer sur le sens de Macbeth mais aussi sur celui du Ceilidh. L’ambition égoïste… N’est-ce pas la pulsion essentielle de Ronald Macdonald, celle qui génère les forces du crime ?  

HPIM1024.JPGPainting in Ackergill Tower

Diana : Ouragans sur la lande ! La bruyère agite sa chevelure fauve et la terre se lève sur la mer comme un vaisseau démâté !
Suzy : L’océan hurle sa démence et la falaise et les récifs ont l’œil vers le large ! Ils harponnent les navires, déchiquettent les naufragés !
Lou : Les tourbillons sont affamés. Le gouffre noir exhibe son nombril !
Diana : Les tentacules remontent du fond des abysses et des monstres énormes bavent dans l’écume !
Suzy : Les vieux massifs d’Ecosse se soulèvent et crachent des jets de vapeur pestilentielle. Les créatures affolées errent de tous côtés.

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Le quaker

Publié le par Eric Bertrand

Nous avons passé la soirée du lundi chez Fred et Ishbel Mac Boyle qui sont des amis que je revois régulièrement depuis 20 ans. De solides liens se sont établis entre nous. A l’origine, j’enseignais le français à leur fille, Diana.
              C’est un couple profondément tendre et religieux. L’un et l’autre expriment à la fois la gaîté et la sérénité intérieures. A mes yeux, Fred a les airs du quaker tel que Voltaire le présente dans ses Lettres philosophiques. « Le quaker était un vieillard frais (Fred n’en est tout de même pas à ce stade !) qui n’avait jamais eu de maladie parce qu’il n’avait jamais connu les passions ni l’intempérance : je n’ai point vu en ma vie d’air plus noble ni plus engageant que le sien (…) Il me reçut avec son chapeau sur la tête et s’avança vers moi sans faire la moindre inclination de corps ; mais il y avait plus de politesse dans l’air ouvert et humain de son visage, qu’il n’y en a dans l’usage de tirer une jambe derrière l’autre, et de porter à la main ce qui est fait pour couvrir la tête »
                 Au moment du dîner, il prononce comme il l’a toujours fait une petite bénédiction très digne devant la table magistralement dressée et ornementée, commence alors la célébration de nos retrouvailles. Et il va être question de Macbeth, si cher au cœur d’Ishbel… C’est le sujet à venir.
 

HPIM1018.JPG

One of the paintings at Ackergill Tower

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Nouvelle version de la légende de la green lady

Publié le par Eric Bertrand

La version que rapporte la propriétaire d’Ackergill Tower diffère encore un peu de celle déjà évoquée dans ce blog. Dans le château de Keiss, situé à égale distance de Girnigoe, mais sur le côté opposé, il était une fois une princesse norvégienne d’une extrême beauté… Elle était promise à un homme de sa condition dont elle était également éprise. Le mariage était prévu et son futur mari, originaire du Caithness, avait dû quitter la région pour aller régler quelques affaires du côté d’Inverness.
              Pendant son absence, une troupe de soldats étrangers fit escale dans la tour voisine. Le bruit de la beauté de la châtelaine de Keiss ne tarda pas à parvenir aux oreilles de ces soudards affamés et oisifs. Immédiatement, le capitaine de la troupe céda à l’évidence de son instinct et tomba sous le charme de la princesse. Il la ravit (lequel des deux fut « ravi » !) et la fit enfermer dans le donjon d’Ackergill. On connaît la suite…
              Cette version met en avant un motif essentiel dans le Ceilidh : celui de l’amour contrarié.
              Mrs Ballister raconte cette histoire avec un certain automatisme. Ce n’est que folklorique et ses hôtes n’ont pas cette préoccupation. Elle privilégie plutôt le « confort » du bâtiment et celui des invités qu’elle reçoit régulièrement à l’occasion de séminaires. Elle a acquis le château voilà environ 20 ans. Il n’était plus qu’une vieille bâtisse, vouée à la désolation : elle est fière d’en avoir fait cette élégante demeure qui embauche 18 domestiques et deux jardiniers.
              Les temps barbares d’Ackergill Tower sont définitivement abolis et le secret de la « green lady » veille dans l’inconscient des anciennes pierres.
              Aux livres et aux légendes de le réveiller et de le faire remonter à la surface comme les rêves ou les lapsus !

HPIM1023.JPG Girnigoe Castle from Ackergill tower's window

Max : Voilà donc nos deux châteaux hantés et le lieu du drame !
Heather : Exactement ! John Sinclair, personnage que tu vas jouer, hante le cachot de Girnigoe Castle et la dame verte que je joue rôde au bas de la falaise d’Ackergill et cherche en vain à retrouver John Sinclair, son unique amour !

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